Persecution contre les activistes politiques de l’opposition en RDCongo: Gérard Mulumba “Gécoco”,cadre de l’Udps, est en danger de mort.

Persecution contre les activistes politiques de l’opposition en RDCongo: Gérard Mulumba “Gécoco”,cadre de l’Udps, est en danger de mort.

Alors que Sa santé se dégrade au quotidien et cela nécessite un transfert urgent à l’étranger pour des soins appropriés,comme en témoigne ce rapport médical.

Ns rendrons la Kabilie responsable de tt ce qui pourrait lui arriver.

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Goma_CONDUCTEUR D’ANTENNE de ce LUNDI 21 DECEMBRE 2015

RADIO OKAPI/GOMA

 

CONDUCTEUR D’ANTENNE de ce LUNDI 21 DECEMBRE 2015

 

A.KINSHASA

 

1-Menace sur le Parc National des Virunga. Une partie des terres de ce patrimoine mondial est spoliée avec la complicité de certains hauts dignitaires du pays. C’est l’Administrateur Délégué Général de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, ICCN, qui a fait cette dénonciation, la semaine dernière. C’était à l’issue de la cérémonie d’inauguration de la centrale de Matebe à Rutshuru.  L’ICCN plaide pour l’implication du chef de l’Etat dans ce dossier.

 

Au moins 20 mille hectares sont spoliés au nord du Parc en territoire de Beni dans la zone de Mayangos. Un chef coutumier local et certains députés nationaux et cadres de la mairie de Beni sont pointés du doigt par l’ICCN. En partie sud du Parc, en territoire de Masisi, dans la zone de Kirolirwe, au moins 25 mille hectares sont spoliés par des cadres des ex-CNDP et RCD et certains ministres qui y ont implanté des fermes. Dans le secteur centre du Parc, c’est la zone de KONGO en groupement Binza, territoire de Rutshuru qui est concerné. Une dizaine d’hectares de terre est spoliée. Un ministre natif du milieu y a introduit des tracteurs pour une agriculture intense dans le Parc. L’ADG de l’ICCN a plaidé pour l’implication du Raïs dans ce dossier. Cosma Wilungula….Transcrit Son : ‘’La spoliation par les populations pouvait encore trouver des solutions. Mais qu’il s’agisse de spoliation par des hautes personnalités de notre pays… Nous aurions aimé qu’une prise de conscience soit faite pour pouvoir stopper tous les projets de spoliation de ce parc à tous les niveaux. Les responsables locaux de l’ICCN qui disent vivre des menaces sécuritaires entretenues par ces spoliateurs, affirment qu’ils sont en train de réunir les titres mafieux octroyés à ces dignitaires avant de transmettre le dossier à qui de droit. Enrobé/Bernardin Nyangi

 

2-L’eau coule depuis vendredi dernier dans le groupement Rugari. C’est à une quarantaine de kms au nord de Goma en territoire de Rutshuru. Ce projet d’adduction d’eau de l’ICCN a été financé par la fondation américaine Haward Buffet. Bernardin Nyangi… c’est un ouf de soulagement pour ces populations qui n’ont pas eu accès à l’eau potable depuis au moins 41 ans ?

 

Bernardin : Oui, d’après le bureau du Mwami, le dernier projet d’adduction d’eau monté par une organisation appelée Fonds de Bien Etre Indigène qui alimentait Rugari et le sud du groupement Kisigari en eau potable s’était arrêté en 1974. Cela fait donc effectivement 41 ans que les populations de cette région  n’ont pas eu accès à l’eau potable. Et pour la plupart d’entre elles, c’est effectivement un grand soulagement. Ce projet d’adduction d’eau, d’après toujours les sources de la chefferie, est le deuxième par rapport à son importance après la centrale de Matebe. Le même réseau pourrait aussi desservir le groupement de Kibumba en territoire de Nyiragongo, tout à côté. 

KIN : Bernardin, pourrait-on avoir la fiche technique de ce projet ?

 

Bernardin : Tout ce que je peux dire c’est que les travaux  ont pris environ 2 ans, avec un cout total de 5 millions de dollars américains, don de la fondation Haward Buffet. Le projet, d’après le bureau de la chefferie des Bwisha, consistaient entre autres à la construction du point de captage d’eau au niveau du groupement Bweza,  la pose des tuyaux de transport, longs de 35 kms linéaires, la construction des bornes fontaines, etc.   En réalité ce sont trois groupements de la chefferie des Bwisha qui bénéficient de ce projet du Parc National des Virunga en faveur des communautés riveraines. Il s’agit des groupements Bweza, Kisigari et Rugari, a dit le Mwami Ndeze Dieudonné, chef de la chefferie des Bwisha. Converse

 

NEWS LOCALES

 

1-Territoire de Lubero : La société civile des groupements TAMA,  ITALA   dénonce les abus et violations des droits de l’homme perpétrés ces deux derniers mois  par des groupes armés  qui s’affrontent  dans la région. Ces violations des droits de l’homme sont caractérisées par des tueries, viols, kidnapping, vols de bétails, incendies des maisons par les FDRLS traqués par les mai mai de l’UPDI.  C’est ce que révèle le communiqué de presse de la société civile de ces deux groupements, hier dimanche.  

 

Selon la société civile de ces trois groupements,  malgré l’annonce officielle du déclenchement des opérations SOKOLA II par les FARDC pour traquer les  groupes armés au sud de Lubero, jusqu’à la rien n’est fait. Et pendant ce temps, plusieurs personnes ont perdu la vie, d’autres sont portées disparues.  Dans ce communiqué de presse, la société civile  fait état d’au moins 26 civils tués, 19 femmes violées, 11 personnes portées disparues, 1482 maisons brulées, plusieurs biens et bétails pillés et d’autres détruits par les FDLRs.  A présent 8600 ménages se sont déplacés à cause de cette situation.

 

Ces déplacés vivent dans les familles d’accueil à KANYABAYONGA, BLOTWA, KAYNA, KIRUMBA, MIGHOVWE, KASEGHE, LUOFU, MIRIKI, KIKUVO et KAMANDI. Souvent dans des conditions très précaires, souligne le communiqué. La situation reste donc très préoccupante dans ces trois groupements, notamment TAMA, ITALIA et IKOBO. Ainsi, cette structure citoyenne plaide pour l’effectivité des opérations de traque contre les groupes armés étrangers et locaux mais aussi  pour le déploiement  des éléments FARDC dans  cette zone insécurisée. Cela dit-elle, devrait permettre  aux familles déplacées de retourner dans leurs milieux respectifs.  Papier/Bernardine Diambu

 

2-Au moins une dizaine de policiers et quelques éléments des FARDC, comparaissent depuis ce lundi à la cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu. Ces éléments des forces de sécurité, sont poursuivis pour de faits graves pour lesquels ils risquent de lourdes peines, si ces faits sont avérés.

 

Il s’agit du  capitaine Minane Mbonekube  du bureau 2 de la police et ses compagnons. Tous  sont inculpés par le parquet militaire opérationnel pour les infractions d’association de malfaiteurs, vol à mains armées, détention illégale d’armes et munitions de guerre, évasion de détenus ainsi que la dissipation de munitions. Pour cette première  audience d’ouverture, la cour opérationnelle, a ordonné une remise contradictoire de la cause pour le mois de janvier de l’année prochaine. Et pour cause, les avocats de la défense, disent n’avoir pas encore pris connaissance du dossier pour mieux préparer la défense de leurs clients. Au niveau du tribunal militaire de garnison de Goma,  ce sont cinq autres soldats des FARDC, dont un élément de la police militaire, qui étaient devant la barre ce matin. Eux, comme ceux de la PNC, sont poursuivi pour les mêmes infractions. Le tribunal  militaire, vient aussi de renvoyer la date d’instruction pour  le mois de janvier de l’année prochaine. Papier/Gabriel Wamenya

 

3-Une dizaine de pêcheurs ont été attaqués sur le lac Edouard, la nuit de samedi à dimanche. C’était dans la zone de Birwa entre Vitshumbi et Nyakakoma en territoire de Rutshuru. Des hommes armés identifiés comme des Mai Mai sont mis en cause. Et selon le président du comité des pêcheurs de Vitshumbi, toute la production journalière de poissons ainsi que les matériels de pêche de cinq pirogues ont été pillés par ces mayi mayi. Ces derniers ont aussi ravi, d’après cette source, un moteur hors-bord  qu’ils utiliseraient à présent dans leurs opérations illicites sur le lac Edouard.  Josué Mukura appelle les autorités provinciales à la sécurisation des pêcheurs sur le Lac Edouard. Brève : Bernardin Nyangi

 

4-Ce lundi, on peut apercevoir des affiches  dans la ville de Goma, notamment à des endroits dits non-fumeurs. Il s’agit entre autre des bureaux de la mairie de Goma, de l’aéroport et de l’hôpital provincial du Nord-Kivu.  Pour le Directeur de la santé, chargé du programme national de lutte contre la toxicomanie et les substances toxiques, cela entre dans la campagne de lutte contre le tabagisme et la consommation du tabac dans les espaces publics à Goma. Un comité urbain de lutte anti-tabac a été institué samedi par le programme national de lutte anti-tabac. C’est pour accompagner cette mesure par la sensibilisation que ces affiches ont été produites, a dit Mr. Mbuyu Muteba Yambele.  Brève/Bernardin Nyangi

 

5-Le Groupe d’Etudes et d’Action pour la Protection de l’Environnement GEAPE en sigle rappelle au gouvernement provincial de concrétiser son projet d’exploitation du gaz méthane du Lac Kivu. Ceci constituerait un rempart pour la protection des arbres du parc national de Virunga et permettra le reboisement de l’étendue déboisée par les producteurs de charbon. Dans son rapport de cette année, GEAPE fait état d’au moins 55. 000 arbres abattus, soit 153 arbres par jour dont la majorité vient du parc national des Virunga. Dans une correspondance adressée ce lundi à  l’autorité provinciale, le GEAPE a fait des suggestions pour pallier à cette situation. Lancement+Son/Marc Maro Fimbo

 

6-Alors que sa famille le croyait mort, et que son deuil était déjà organisé, un des passagers du bateau qui a fait naufrage le 30 novembre dernier sur le lac-Kivu, a pu atteindre la terre ferme à la nage. Il a passé au moins 13 heures de temps à nager, avant d’être secouru par les pêcheurs de Kituku. Il a voulu partager cette expérience avec les auditeurs de radio Okapi. Son nom c’est Aristide Kamana, il témoigne ici….Transcrit Son : ‘’Nous étions arrivés dans le grand-lac. Il y a eu trop de vagues et c’était sérieux. Je me suis décidé de quitter le bateau car l’eau entrait déjà dans le bateau. J’ai vu que nous étions proches de Idjwi. J’ai voulu nager en direction d’Idjwi, mais, les vagues qui provenaient d’Idjwi m’emportaient et j’ai voulu me noyer. Et je me suis laissé emporter par celles-ci. Après 3 heures de temps, vers 12 heures, j’ai aperçu une boat qui venait d’Idjwi. J’ai enlevé ma chemise et j’ai arboré ma chemise, mais, personne ne m’a vu. J’ai continué à nager. Vers 14 heures, j’ai vu des bateaux qui provenaient de Bukavu. Mais, ils étaient loin de moi et personne dans le bateau ne m’a vu. J’ai dit à Dieu, Seigneur aide moi, comme tu as aidé Moïse qui a traversé la mer avec les enfants d’Israël. Vers 18 heures, j’étais déjà épuisé. J’ai vu une bouteille de Rwenzori. Je l’ai pris et je l’ai placé sur ma poitrine et ça un peu soulagé ma fatigue. 30 minutes après, je suis tombée sur une autre bouteille de Rwenzori. Je l’ai lié avec l’autre que j’avais et ça m’a vraiment aidé. Pendant la nuit, j’ai aperçu des maisons peintes en couleur blanche. J’ai compris que j’étais proche de Goma. Et ça m’a donné la force de continuer à nager. A 21 heures, je suis tombé sur un bidon de 5 litres. C’était à environ 1 KM de Goma. Si j’avais crié en ce moment, la personne qui pouvait être au large, allait entendre les cris. Il s’est avéré que ce bidon appartenait aux pêcheurs’’.  C’est dans ces conditions que ce naufragé a été secouru par les pêcheurs de Kituku qui étaient en activités sur le lac, cette nuit-là. Aujourd’hui, Aristide Kamana dit revivre encore les cauchemars de ce naufrage du canot rapide appartenant au gouvernement. Au moins 22 personnes ont disparu et 25 rescapés secourus.Lancement+Son/Gisèle KAJ

 

7-Clôture à Goma ce lundi de l’exposition photo « Balabala » qui signifie la rue en français. C’est l’œuvre de l’artiste cinéaste-photographe, Benoit Mugabo.  Cette exposition-vente qui a duré deux jours au resto Bar Kivu club a connu la participation active des habitants de Goma. Benoit Mugabo exprime ici sa satisfaction ; car c’est une première pour la ville de Goma de recevoir une exposition des photos d’un artiste local qui a pu aussi vendre ses œuvres.Lancement+Son/Sekombi Katondolo

 

C. GRANDS FORMATS

 

A.DOSSIER du jour: Depuis ce weekend, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, séjourne dans le grand nord de la province du Nord Kivu. Arrivée dernièrement à Oicha, Joseph Kabila a réaffirmé sa volonté de neutraliser les groupes armés qui sèment terreur et désolation au sein de la population civile. Qu’attendent les populations de Beni de cette visite du chef de l’Etat ? Les réactions des uns et des autres qui constituent ce dossier du jour préparé parChristian MAPENDANO …

 

B. INVITE du jour: Une vingtaine de leaders politiques de l’opposition, ceux de la société civile et des mouvements citoyens exigent un calendrier électoral en RDC avant fin janvier 2016. Ils ont annoncé ce week-end, la création d’une plateforme dénommée Front citoyen 2016 pour mener cette revendication. Que pouvons-nous retenir de ce mouvement ? C’est entre autres questions que nous avons posées à Maitre. Jean Paul Lumbulumbu, analyste politique et leader du Parti Liberal pour la Démocratie, PLD.  Interview réalisée par Bernardin Nyangi…

 

C. MAGAZINE: L’actualité sportive reste dominée par les matchs joués, ce week-end pour le compte de la coupe du Congo de football zone Est. On parlera également du championnat local de l’Entente urbaine de football de Goma, EUFGo, dans les territoires et des préparatifs des prochains tournois provinciaux et locaux de Boxe. Marc Maro Fimbo…

 

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Kilolo Sylvestre Bureau de l’information publique

Public Information Division | MONUSCO, Goma, DR Congo

Tel Ext : 195-6717 Tetra T.21258. Mobiles +243 810279051, 994150747,895501091, 853112827| kilolo@un.org
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REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI 21-12-15

Dans les journaux parus lundi 21 décembre à Kinshasa, l’actualité est dominée par différents sujets, parmi lesquels il y a notamment la tenue du Dialogue national, de plus en plus compromise maintenant que même l’UDPS semble lui tourner le dos, la tournée de Joseph Kabila au Nord-Kivu et la création de la plate-forme préélectorale «Front Citoyen 2016».

Dialogue

Le Potentiel titre en manchette « Dialogue : Kabila lâché par l’UDPS ».       
Il fait état de la lettre de Tshisekedi du 1er décembre 2015, par laquelle il faisait part de sa désapprobation du dialogue selon Kabila, donnant ainsi un coup d’arrêt au projet du chef de l’Etat. En adhérant depuis l’Ile de Gorée à Dakar (Sénégal) au «Front citoyen 2016», l’UDPS a, d’une certaine manière, coupé le pont avec Kabila. Une attitude qui, selon le quotidien, est la preuve que l’UDPS ne croit plus au dialogue que se propose de convoquer le chef de l’Etat.    
Comme c’est souvent le cas, la Une de ce journal s’orne d’un dessin satyrique.  Celui d’aujourd’hui montre la scène d’une salle de concert dont les musiciens ont fui en hâte, à en juger par des instruments et des partitions qui traînent. Seul, un contrebassiste esseulé est encore assis à sa place et s’obstine à vouloir jouer. Il ressemble curieusement à JKK.
« Qui a dit, demande Le Potentiel, que l’UDPS était prête à renier son engagement à se battre pour l’émergence d’une vraie démocratie en République démocratique du Congo ? Ce serait mal connaître son président Etienne Tshisekedi.        
En prenant langue avec les délégués du chef de l’Etat, Joseph Kabila, dans le cadre du dialogue proposé par ce dernier, d’aucuns avaient tout de suite cru qu’Etienne Tshisekedi s’était engagé sur la voie de la trahison. Pas du tout. Le sphinx de Limete sait entretenir le mythe autour non seulement de sa personne mais aussi de son combat politique. Il vient d’en donner la preuve en se détournant complètement de la voie choisie par le chef de l’Etat dans son projet de dialogue.  
En effet, la lettre de Tshisekedi du 1er décembre 2015  – lettre par laquelle il faisait part de sa désapprobation – a donné un coup d’arrêt au projet du chef de l’Etat. L’UDPS n’a pas cessé de surprendre. En adhérant depuis l’Ile de Gorée à Dakar (Sénégal) au « Front citoyen 2016 » – ce regroupement d’acteurs politiques et sociaux qui militent pour l’alternance au pouvoir en 2016 – l’UDPS a, d’une certaine manière, coupé le pont avec Kabila. L’attitude traduit un fait. Elle est la preuve que l’UDPS ne croit plus au dialogue que se propose de convoquer le chef de l’Etat.      
En s’associant avec des partis ou des personnalités qui se sont fermement opposées au dialogue, à l’instar de Vital Kamerhe de l’UNC, Martin Fayulu de l’Ecidé, Eve Bazaiba du MLC…, l’UDPS a fait un choix qui le détourne complètement de la démarche de Joseph Kabila.       
Considérée comme le principal allié de Kabila dans la convocation du dialogue, l’UDPS a assené un coup fatal aussi bien à la Majorité qu’à son autorité morale, Joseph Kabila. L’implication de l’UDPS dans le front de refus du dialogue dont les premiers jalons ont été jetés à l’Ile de Gorée (Sénégal) ne manquera pas d’influer sur les préparatifs du dialogue. Est-ce Kabila va aller jusqu’au bout de son initiative sans la caution de l’UDPS? Difficile à dire. 
Pour le moment, Kabila est un homme seul, isolé. Dans son projet, il vient de perdre son principal allié, c’est-à-dire l’UDPS. De quel autre allié de taille dispose-t-il pour compenser le départ d’Etienne Tshisekedi ?  Que lui reste-t-il encore comme marge de manœuvre pour rebondir ? Difficile à dire.    
Que dire alors du G7, dont le représentant, Olivier Kamitatu de l’ARC, n’a pas apposé sa signature à cet acte de création ? Evidemment, dans l’Opinion, l’on tente d’interpréter le geste d’Olivier. A l’officiel, le président de l’ARC a prétendu ne pas avoir obtenir l’autorisation de ses pairs de G7 pour engager toute la plate-forme. S’il en est ainsi, tant mieux. Sinon, le G7 doit clairement définir le sens de son  combat.    
Dans tous les cas, on sait que la création du « Front citoyen 2016 » a porté un coup dur à la Majorité. Ce qui complique davantage l’équation du dialogue. 
En s’engageant dans le front citoyen 2016 par le truchement de son secrétaire national chargé des relations extérieures, Félix Tshisekedi, l’UDPS s’est révélée au grand jour. Elle a lâché Kabila. Le mal ayant été fait, la grande inconnue reste cependant la réaction de Kabila.      
En réalité, le dialogue était un biréacteur, avec d’un côté l’UDPS, et de l’autre, la Majorité présidentielle. L’avion du dialogue ayant perdu l’un de ses deux réacteurs, à savoir l’UDPS, Kabila pourrait-il être tenté de faire décoller le dialogue avec un seul réacteur, à savoir la Majorité présidentielle et tous les partis satellites de l’Opposition qui lui ont fait allégeance ? Mais alors, pour quel résultat ? C’est tout le problème
 »

(Il est assez étonnant que l’on s’étonne, parce qu’en l’occurrence, les musiciens de l’UDPS jouent un morceau déjà bien connu qui figure souvent à leur répertoire. Il est habituel que Tshisekedi se montre largement ouvert à la discussion mais finisse tout de même par la quitter en claquant la porte. « Oui, mais… » est sa réponse habituelle à la suggestion de négocier. L’ennui c’est qu’ensuite, en général, le « mais » grossit jusqu’à ce que le « Oui » devienne un « Non ». Il n’en a pas été autrement en 2005, à propos de sa participation aux élections.   
Quand Le Potentiel affirme que «  le dialogue était un biréacteur, avec d’un côté l’UDPS, et de l’autre, la Majorité présidentielle », l’image est assez exacte. Les élections de novembre-décembre 2011 avaient donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir  une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.      
On a alors tenté d’en sortir par les « Concertations », mais celles-ci ressemblaient tant à un Congrès du PPRD plus quelques invités et étaient si lourdement encadrées, contrôlées et formatées par la Majorité, qu’elles n’étaient guère crédibles. L’avion volait trop visiblement avec un seul réacteur, à savoir la Majorité présidentielle et tous les autres partis satellites de l’Opposition qui lui ont fait allégeance. De là, l’idée que, pour donner au moins l’apparence d’une participation importante de l’Opposition, obtenir la participation d’ETwM, qui prétend être l’opposition à lui tout seul, était une bonne idée. D’autant meilleure que JKK et ETwM ont au moins une idée en commun : tous deux prétendent que les élections nulles de 2011 ont eu un résultat ! Ils seraient donc d’accord pour éviter la vérité la plus gênante : les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  Le fait que Malumalu, aujourd’hui démissionnaire, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, ait été remis un temps à la Présidence de la CENI, était une promesse de beaux jours pour les fraudeurs ! NdlR)

Le Phare annonce « Retombées de l’Ile de Gorée : voici le «Front Citoyen 2016» en RD Congo » 
« Pour concrétiser la principale résolution de la conférence sur démocratie et les processus électoraux en Afrique Subsaharienne, qui s’est tenue récemment au large de Dakar, plus précisément à l’Ile de Gorée, des acteurs politiques et de la société civile qui ont pris part à ce forum, viennent de lancer le « Front Citoyen 2016» pour l’alternance au sommet de l’Etat en République Démocratique du Congo.       
La déclaration de la création de cette plate-forme préélectorale a été lue par le président de l’Asadho, Jean-Claude Katende, dans la salle des conférences de la paroisse Notre Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe.      
Etaient présents à cette cérémonie Eve Bazaiba, Martin Fayulu, Jean-Lucien Bussa, Emery Okundji, Jonas Tshombela, Freddy Sukusuku …Sur la liste des signataires de cette déclaration par procuration, on a noté Moïse Katumbi, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi. La charte constitutive de ce « Front contre le glissement » sera signée dans un avenir très proche. On a appris qu’une cérémonie similaire était organisée au même moment et le même jour à Bruxelles. En se mettant ensemble, les acteurs de cette nouvelle plate-forme s’engagent à lutter pour obtenir l’alternance démocratique au pays de Lumumba, à travers des élections qui devraient se tenir dans les délais constitutionnels. Ils ont résolu de ne ménager aucun effort pour barrer la route au « glissement » et au troisième mandat  de l’actuel Chef de l’Etat, Joseph Kabila
 »

L’ACTE DE NAISSANCE DE LA PLATE-FORME est publié par plusieurs journaux, dont Le Phare et Le Potentiel. En voici le texte :

« Deux grandes incertitudes pèsent sur la vie de la Nation congolaise depuis plusieurs mois maintenant: la tenue d’élections libres et démocratiques dans les délais constitutionnels, et le respect du principe de l’interdiction pour le Chef de l’Etat d’aller au-delà de deux mandats.   
Il apparait de plus en plus clair que le changement de la Constitution est en cours, dans le but de modifier le système électoral et d’offrir ainsi à l’actuel Président de la République la possibilité de briguer un troisième mandat.    
Tel qu’indiqué par plusieurs forces sociales et politiques qui défendent le principe de l’alternance démocratique en 2016, le Président KABILA, en invitant les délégués au dialogue récemment convoqué à «réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses», ne fait plus mystère de son intention délibérée de renverser le régime constitutionnel en vigueur pour se maintenir au pouvoir, en violation de son serment.  
Le souvenir malheureux et douloureux des guerres et tribulations qui ont semé le désarroi dans la population congolaise et fait couler le sang de millions des filles et fils de notre pays à cause notamment d’une certaine façon d’accéder au pouvoir par la force, et de l’exercer au détriment du bien commun.    
En janvier 2015 déjà, le sang a coulé suite à une autre tentative du pouvoir en place de contourner les dispositions constitutionnelles. Les Citoyens congolais ont alors démontré qu’ils ont pris conscience du fait que la sauvegarde du Congo dépend de chacun de ses enfants. Ils mesurent plus que jamais leur responsabilité dans l’avènement d’une Nation réellement démocratique et soucieuse du bien-être de tous.         
Cette volonté manifeste de changer de régime  constitutionnel congolais persiste, malgré de nombreux appels répétés à la raison, lancés à travers des déclarations, des communiqués, des messages et des conseils avisés, tant par les forces sociales et politiques démocratiques, de l’intérieur et de la diaspora, que par les partenaires internationaux du Congo. Tous insistent sur l’importance du respect absolu de la Constitution de la République en ce qui concerne l’élection présidentielle, gage de paix et de stabilité.    
Nous assistons à une véritable tentative de coup d’Etat constitutionnel!        
La paix, l’unité et la stabilité de la RDC sont gravement menacées par de telles initiatives. La République est en péril.   
Dès lors, face à la gravité de la situation que traverse notre pays,     
Nous, Forces sociales et politiques, Réunis le 19 décembre 2015 à Kinshasa, dix ans après l’adoption à 85% par le peuple congolais du referendum constituant de la Constitution du 18 février 2006, réaffirmons notre attachement à la défense de la Constitution;        
Et, à 365 jours de l’échéance du second et dernier mandat du Président de la République actuel, avons décidé de mettre en commun nos forces, nos ressources humaines et matérielles, nos stratégies et nos actions, en créant un rassemblement Citoyen dénommé « Front Citoyen 2016 ».     
Le« Front Citoyen 2016» est un rassemblement inclusif de citoyens qui regroupe les Congolais de la République Démocratique du Congo et de sa diaspora, membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques ainsi que les personnalités congolaises qui s’engagent à militer pour le strict respect de la Constitution.   
Le « Front Citoyen 2016» fait siens l’appel lancé par la CENCO ainsi que l’ensemble des actions prévues sur toute l’étendue de la République jusqu’à la marche pacifique de tous les chrétiens, pour consolider la démocratie, le 16 février 2016 à l’occasion de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992.  
Le «Front Citoyen 2016 » réitère cet appel et demande donc, au Peuple congolais, aux hommes et femmes de bonne volonté de se mobiliser, de s’engager et d’agir dans l’esprit de l’article 64 qui dispose: «Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».      
Le Congo nous appartient à tous. Sa sauvegarde dépasse les intérêts individuels, d’ethnies, ou d’appartenance à une organisation politique ou de la société civile. Majorité, opposition, diaspora, Société civile, y compris les Mouvements citoyens, personnalités éminentes, femmes congolaises meurtries par la pauvreté et les conflits, jeunes et vieux … tous, mettons-nous d’accord sur le fait que le Congo nous appartient à nous tous et disons haut et fort :    
Non à un 3ème mandat ! Non au glissement! Non à la violation de la Constitution! Non à la révision ou au changement de la constitution! Non au référendum!      
Par conséquent, nous exigeons le déblocage du processus électoral, d’une part, par la publication au plus tard le 31 janvier 2016 d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président et intégrant la mise à jour du fichier électoral. Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, NOTRE LIGNE ROUGE.   
De ce Jour à la date ultime du 1er février 2016, un calendrier d’actions non violentes, tenant compte et renforçant les actions déjà planifiées par les membres du « Front Citoyen 2016 », sera rendu public.      
L’alternance doit avoir lieu en 2016 !
 »

Selon L’Observateur, « ECT tient à la tenue du dialogue national inclusif ». 
Le samedi 14 décembre dernier lors de son adresse à la nation congolaise devant les deux chambres du parlement réunies en congrès, JKK a annoncé la tenue du dialogue national inclusif pour réfléchir sur les questions politiques de l’heure, notamment l’organisation des élections. L’éveil de la conscience pour le travail et le développement (ECT), parti allié à la majorité présidentielle soutient la proposition du chef de l’Etat faite à la classe politique congolaise. C’est ce qui ressort d’une déclaration politique du caucus des députés nationaux de l’ECT rendu public le 19 décembre dernier.

JKK dans l’Est

L’Avenir consacre sa manchette au périple entamé par JKK dans l’Est. « J. Kabila promet d’anéantir les ADF », titre à la Une ce journal.     
Lors de ses différentes allocutions aux populations de Beni et Butembo, Joseph Kabila a promis notamment «d’anéantir les ADF», selon l’Avenir. La préoccupation majeure du chef de l’état congolais s’est résumée par le rétablissement de la paix dans cette partie du pays. Et cela passe par l’anéantissement total des rebelles des ADF. Joseph Kabila l’a souligné ce week-end lors de son passage à Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, au Nord-Kivu, écrit le quotidien.  
Après Beni, le Président de la République séjourne depuis dimanche à Butembo. Lors de son passage à Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, au Nord-Kivu, où il est arrivé en début d’après-midi, Joseph Kabila a réaffirmé samedi, au cours d’une adresse à la population, sa préoccupation majeure qui se résume par le rétablissement de la paix dans cette partie du pays, soulignant que cela passe par l’anéantissement total des rebelles de l’ADF-Nalu. 
Par ailleurs, le Président de la République, en sa qualité de Commandant suprême des FARDC, a plaidé pour un enrôlement massif de jeunes dans les FARDC, pendant le recrutement en cours pour traquer l’ennemi non seulement ici à Beni, mais aussi partout au pays.

La Prospérité rapporte que JKK poursuit sa tournée au Nord-Kivu. Le dimanche 20 décembre, il était à Butembo, la cité voisine de Beni, théâtre des tueries massives attribuées aux rebelles ougandais de l’ADF.         
Peu auparavant, il avait présidé à Goma une réunion du conseil provincial de sécurité au cours de laquelle il a rappelé à ses officiers généraux et supérieurs des FARDC que leur mission était d’abord et avant tout, de faire la guerre contre les forces négatives.    
La Prospérité voit dans cette tournée de JKK à l’Est de la RDC une manière pour lui de « rassurer les populations » meurtries par les tueries massives attribuées aux rebelles ougandais des ADF.         
Ce journal  indique que peu avant de se rendre à Butembo, la cité voisine de Beni où il était en visite vendredi 18 décembre, le chef de l’Etat avait présidé à Goma une réunion du Conseil provincial de sécurité au cours de laquelle il a rappelé à ses officiers généraux et supérieurs des FARDC  que leur mission était d’abord et avant tout,  de faire la guerre contre les forces négatives.

Même son de cloche du côté de Forum des As, qui rapporte en manchette qu’en séjour au Nord-Kivu, «Joseph Kabila rassure ses compatriotes         
A son arrivée à Butembo, troisième étape de sa tournée après Goma et Beni, Joseph Kabila était accueilli le dimanche 20 décembre par une marée humaine au niveau du pont à Kyasa. FdA estime que la présence du chef de l’Etat dans cette partie meurtrie par les groupes armés a ramené le sourire à ces compatriotes. Il évoque à titre illustratif les cris de joie et la marée humaine qui ont accompagné le passage du président Kabila dans ces cités. «L’ennemi qui combat les enfants de Beni aujourd’hui doit retenir qu’il ne nous vaincra pas », a affirmé Joseph Kabila, soulignant que  « nous continuerons à le combattre jusqu’à la défection totale», rapporte le journal dans ses colonnes.

Par Anselme DL

journée de Reflexion de l’AETA SUD KIVU du 20 décembre 2015 à Bukavu sur le Processus Electoral en RDC

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

AGIR POUR DES ELECTIONS TRANSPARENTES ET APAISEES

A.E.T.A /SUD KIVU

 

Plate-forme des ONG de la Société Civile dotée de la personnalité juridique

Arrêté Ministériel N°125/CAB/MIN/J&DH/2011 du 11 Avril 2011

 

Position de l’AETA/SUD KIVU sur le Processus Electoral en RDC, Journée de Réflexion du 20 décembre 2015 à l’Intention de Cinquante Leaders Communautaires de KARHALE/Commune de KADUTU.-

Le calendrier électoral est une priorité pour la CENI. Mais alors, il ne sert à rien d’en publier un quatrième pour l’instant, alors que les trois premiers n’ont jamais été appliqués. Présentement la CENI rejette toute la responsabilité sur les acteurs politiques qui doivent l’aider à dégager un consensus.

Depuis le chaos observé avec les élections de 2011 et la mise en place d’un nouveau bureau à la Céni l’année suivante, trois calendriers électoraux ont déjà été rendus publics sans qu’aucun scrutin ne se soit organisé. Un premier calendrier avait été publié en 2012 et aussitôt rejeté ; un deuxième calendrier publié en mai 2014 par l’abbé Malumalu, alors président de la Céni, avait lui aussi été rejeté parce qu’il était « trop partiel » et ne reprenait que les élections municipales et locales. Après des pressions exercées sur la Céni au début de cette année, un troisième calendrier électoral global avait été publié, le 12 février 2015, regroupant tous les scrutins. Aussitôt publié, les acteurs politiques l’ont également boudé puisque « trop global », contraignant et budgétivore. Depuis, un nouveau président a succédé à l’abbé Malumalu et la Céni n’a toujours pas proposé de nouveau calendrier électoral, en dépit de sa volonté exprimée de poursuivre le processus électoral.

« Avec trois calendriers non exécutés, la CENI ne se sent-elle pas mal à l’aise d’en publier un quatrième ?», Faut-il publier un calendrier partiel, faut-il reprendre un calendrier global? La CENI se trouve dans l’impasse. La CENI ne sait plus quel chemin suivre, ni à quel saint se vouer.

La CENI s’en remet aux bonnes grâces des acteurs politiques qui devraient l’aider à dégager un consensus. Mais l’on sait que les politiques peinent à se mettre d’accord sur la tenue ou non du dialogue politique qui devrait, selon une récente ordonnance du président de la République, baliser le chemin de l’avenir du processus électoral en cours. « Si le dialogue ne s’organise pas, la CENI doit dans ce cas poursuivre avec les consultations que central Electoral avait déjà amorcées ».

Derrière le simple fait de publier un calendrier électoral se cachent d’autres questions qui attendent réponses. Dans le lot, ce sont des questions liées à l’enregistrement de nouveaux majeurs, l’extirpation des morts du fichier électoral et l’enrôlement des Congolais de l’étranger.

Mais en fait de révision du fichier électoral, la CENI va-t-elle faire une révision partielle ou totale ? L’autre question c’est celle du découpage territorial qui pose une grave difficulté sur la livraison des cartes d’électeurs et la cartographie.

Quant au budget des élections, il faut qu’une option soit levée avec le gouvernement avant que la CENI publie le calendrier électoral. L’autre contrainte, c’est une nouvelle loi électorale qui devrait intégrer les Congolais de l’étranger admis désormais à voter. Combien de temps prendront toutes ces opérations dont le coût, en termes de logistique et de finances ne serait pas proportionnel à la planification budgétaire du gouvernement ?

L’AETA/SUD KIVU estime quant à elle que la CENI, étant une organisation indépendante et regorgeant en son sein des techniciens et experts, ne pourrait pas s’aventurier de publier un calendrier fantôme juste pour amuser la galerie. Nous pensons donc que la CENI est sérieuse et conséquente en publiant ce calendrier. Nous avons des doutes, mais cela ne peut pas nous empêcher de commencer à préparer les prochaines élections. Nous appelons la CENI à travailler dur, à informatiser son système de traitement des données si possible, afin que le retard que beaucoup redoutent ne soit pas observé. Quant à ce qui du cout financier de ce processus, tout en reconnaissant que toute élection entraine obligatoirement un cout, L’AETA/SUD KIVU le trouve très excessif. D’où sa recommandation à la CENI de publier aussi de manière détaillée le budget des élections. Le peuple congolais ne voudrait plus accepter des dilapidations gratuites des fonds de l’Etat. Il est donc possible de réduire de moitié ce budget et cela nous épargnerait de tout prétexte du non tenu des élections suite au manque de financement.

L’AETA/SUD KIVU recommande au gouvernement congolais, de la même manière qu’il est jaloux de sa souveraineté et ne voudrait rien recevoir comme leçon de l’étranger, de s’assumer pleinement en s’acquittant honorablement de ses obligations tant légales que financières. Le Congo, notre pays, est capable d’organiser à lui seul des élections même de 10 milliards de dollars. Il est donc question d’engagement et de volonté politique. A la CENI, au gouvernement congolais et aux partis politiques, L’AETA/SUD KIVU leur dit : le peuple n’admettra aucun prétexte comme justification du non tenu des élections ou du non respect des délais. Le peuple congolais qui n’est plus du tout dupe sera obligé de se prendre en charge le moment venu en appliquant l’article 64 de notre constitution. Chacun est donc appelé à jouer son rôle avec toute la prudence possible, afin d’éviter d’être la pierre d’achoppement dans ce processus qui est au départ sensible.

L’année 2016, l’AETA/SUD KIVU se prépare à observer les élections présidentielles et législatives nationales (prévues constitutionnellement en 2016) et d’autres scrutins parmi ceux qui ont raté jusque-là, à savoir élections urbaines, municipales, locales et provinciales.

Au regard de l’importance et des enjeux des scrutins attendus pendant cette année ; sur appui de ses partenaires, l’AETA/SUD KIVU prévoit de déployer sa mission d’observation, pendant toute l’année 2016, soit de mai 2016 à mai 2017, des observateurs à long terme ; et des observateurs à court terme à chaque scrutin sui sera organisé.

« Cette stratégie sera raffinée après la publication du calendrier réaménagé que la Cour constitutionnelle a enjoint à la CENI de publier dans son arrêt rendu le 8 septembre 2015.

Pour y arriver l’AETA/SUD KIVU demande à ces partenaires de financer les activités de l’observation d’un processus électoral qui vise exactement à renforcer la confiance du public vis-à-vis du processus électoral ; encourager l’élaboration et la mise en place des règlements et pratiques électorales équitables ; réduire les cas de frustration et de violence électorale, décourager la fraude électorale et faciliter l’acceptation des résultats.

L’AETA/SUD KIVU demande afin à la CENI de publier le calendrier électoral, de faire le nettoyage du fichier électoral avant le 30 janvier 2016.

L’AETA/SUD KIVU soutient et affirme que les   élections apaisées, libres, justes, et surtout conformes à la Constitution congolaise, seront un élément important de la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit en RDC.

L’AETA/SUD KIVU confirme que « Une bonne élection part d’un bon fichier électoral »

 

 

 

 

Fait à Bukavu, le 21 décembre 2015.

Pour l’AETA/SUD KIVU

Bureau du Point Focal

REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI 19-15-15

Le sujet dominant de l’actualité de ce samedi est le dialogue national, avec en toile de fond, l’ordre du jour de ces assises et la dernière rencontre d’un groupe d’opposants à l’Ile de Gorée au Sénégal. Mais il est aussi beaucoup question des violences à l’Est.
Dialogue
« La paix menacée », titre Le Potentiel. Selon ce journal, en levant l’option d’inscrire à l’ordre du jour de contrecarrer une insurrection, le PPRD tend à se substituer à la puissance publique dont la mission est de contrer tout ce qui peut nuire aux institutions et à leurs animateurs.  « Ce durcissement de ton assorti de menaces à peine voilées ressemble à une réplique à l’endroit de l’Opposition qui se dit prête à en découdre avec la MP au cas où celle-ci chercherait à lui marcher sur les pieds. Cette attitude délétère de part et d’autre menace sérieusement  la paix et  annihile les chances de la tenue, dans un climat apaisé, du dialogue projeté. Il poursuit : « Lorsque le PPRD s’investit dans la formation de la détection des insurrections, puis dans des techniques pour les conter, en réaction à la rencontre de l’Ile de Gorée, tout patriote épris de paix et de stabilité y voit la volonté d’en découdre coute que coute ».
Selon La Référence+ « La MP et l’UDPS divisées sur les objectifs ». 
 La sœur ainée de l’Opposition congolaise, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ainsi que la Majorité présidentielle (MP) n’accorde pas leurs vues sur les sur les objectifs du dialogue annoncés par le chef de l’Etat Joseph Kabila. «Elles l’ont exprimé au cours d’un « échange citoyen ouvert vendredi à Kinshasa par la plate forme  Groupe du manifeste pour le salut de la Nation».
Elections
Pour Le Palmarès « L’Eglise catholique bouscule Matata ! »    
« L’adresse du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa Yabeluo, au siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), n’a pas laissé indifférents les prélats catholiques. Le successeur de l’abbé Malu Malu a affirmé, à cet effet, que l’actualisation du fichier électoral et les financements des élections sont les deux préalables majeurs de la centrale électorale en République Démocratique du Congo avant de publier un nouveau calendrier électoral.       
Pour Corneille Nangaa, la Ceni fait face à des contraintes budgétaires pour organiser des élections avant d’estimer que cette institution d’appui à la démocratie a besoin de voir clair dans le financement des opérations électorales avant de publier un nouveau calendrier.
Ce, avant d’avouer qu’on ne peut publier un calendrier que lorsqu’on est sûr d’avoir des ressources nécessaires pour le mettre en œuvre.      
Ces affirmations n’ont pas été du goût de l’Eglise catholique qui a pointé du doigt le gouvernement qu’elle a exhorté à dégager en toute urgence les ressources nécessaires pour les scrutins. 
(Là, on risque de se trouver dans un cercle vicieux : le financement dont on a besoin pour pouvoir pub lier le calen drier doit pour une bonne part veni de l’extérieur. Et à l’extérieur on se soucie beaucoup de respect de la Constitution, au moins sur deux principaux points ; pas de 3° candidature de JKK et un calendrier permettant l’installation du nouveau président encore en 2016. Si les uns attendent l’argent pour pondre un calendrier, et les autres, un calendrier pour lâcher le pognon, on n’a pas fini de tourner sur ce carrousel. NdlR)
Le Palmarès  poursuit « Selon le secrétaire- général adjoint de la Cenco l’abbé André Masingana, qui a présenté le rapport d’observation pré-électorale de cette institution, « la RDC a tenu des élections générales en 2011, le pays est en train de faire son chemin démocratique, et cet élan ne doit pas être brisé ».
Les Congolais sceptiques    
Pour enfoncer le clou, la Commission justice et paix de l’Eglise catholique a publié les résultats de l’enquête qu’elle a menée sur l’ensemble du territoire du 29 août au 5 décembre de .cette année. Elle fait état d’une population sceptique qui ne croit pas au processus électoral en cours. Ce, pour dire que 75 % de Congolais doutent du processus électoral.      
Pour l’abbé André Masinganda, il faut vite rétablir cette confiance pour garantir des élections apaisées. Ledit rapport fait état d’une forte tension qui précède la période électorale. L’Eglise catholique demande au gouvernement de mettre à la disposition de la centrale électorale des moyens nécessaires pour lui permettre d’organiser la présidentielle et d’autres scrutins.     
Ainsi pour réitérer la sensibilisation de la population pour le respect de la Constitution, l’Eglise catholique a réaffirmé pour le 16 février prochain, une marche pacifique avant de recommander aux autorités d’assurer la sécurité des journalistes et aux partis politiques d’aligner beaucoup plus de femmes qu’en 2006 et 2011.
Du fichier électoral   
Dans son rapport publié en novembre dernier, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) avait préconisé l’enrôlement de nouveaux majeurs après avoir indiqué que plus ou moins deux millions d’électeurs sont déjà décédés.      
Le président de la Ceni a indiqué que son institution n’est pas capable d’extirper ces morts du fichier électoral. Il a fait savoir en ces termes : 
“Avoir des morts dans la liste électorale, ça biaise. Dans un pays où il n’y a pas de registres d’état-civil, la Ceni n’a pas la capacité légale, ni technique d’extraire ces morts du fichier électoral ».         
Et Corneille Nangaa de poursuivre : « Tout le monde est d’accord, partis politiques de la Majorité comme de l’Opposition qu’on ne doit pas organiser les élections sans avoir intégré les nouveaux majeurs »          
(Si l’on veut bien ne pas ergoter sur des broutilles, l’on reconnaîtra sans peine que biffer quelques millions de morts, ajouter quelques millions de « nouveaux majeurs », sans parler de la suppression des doublons, des bébés, des militaires, des personnes à nationalité douteuse et de quelques autres milliers d’indûment inscrits, on admettra que cette « mise à jour » ressemble furieusement à un recensement de la population. ! Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  Le fait que Malumalu, aujourd’hui démissionnaire, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, ait été remis un temps à la Présidence de la CENI, était une promesse de beaux jours pour les fraudeurs !  
Recenser augmenterait les chances d’éviter la répétition des élections de novembre-décembre 2011, qui ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir  une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.      
Pour Corneille Nangaa, la Ceni fait également face à la contrainte budgétaire pour organiser des élections. Il a estimé nécessaire que la Ceni ait un éclairage net sur la question de financement des opérations électorales avant de publier un nouveau calendrier.  «Avec trois calendriers publiés et non exécutés, cela pose problème. Mais cela ne veut pas dire  que la Ceni ne va pas publie un calendrier. Même ce soir, elle est capable de publier un nouveau calendrier réaménagé», a souligné Corneille Nangaa.
Justice
Dans un communiqué de presse le CIDDHOPE  s’adresse au Ministre National de Justice : «Arrêtez des compter,  impuissants,  des morts dues à la faim à la Prison centrale de Rutshuru» 
Le CIDDHOPE appelle le Ministre National de Justice  à se saisir  avec tout le sérieux des cas de la prison de Rutshuru qui loge ses pensionnaires sans nourriture et dont des décès s’y enregistrent et d’autres pourront suivre dans les heures qui viennent si rien n’est fait dans le plus bref délai.        
Le CIDDHOPE condamne le fait de laisser volontairement 157   prisonniers dont la frange la plus considérable serait venue des localités lointaines et   parmi lesquels 47 présenteraient un état d’affaiblissement sévère en détention sans nourriture et rappel que la prison est un lieu de rééducation et non un mouroir.   
Le CIDDHOPE condamne le fait de laisser le personnel de la prison ci-haut citée sans numéro matricule et sans salaire.        
Le CIDDHOPE présente succinctement la version de la situation de la manière suivante.  En date du 11/10/2015 à 14h00’, 32   prisonniers   se sont évadés de la Prison de Rutshuru profitant de la présence des personnes de bonne volonté qui leur amenaient des vivres chaque dimanche. Aux heures qui ont suivi cette évasion spectaculaire, tout le personnel travaillant à la prison   a été mis aux arrêts mais libéré à l’exception de Madame MAGY AGNES épouse à Monsieur SAAMBILI lui aussi en prison au motif qu’il aurait participé à l’assassinat du Chef de Groupement de Jomba ;  le regretté Boniface NDUHIRAHE. Madame MAGY AGNES traine en prison    pour raison qu’elle avait amené aux prisonniers la boisson communément appelée KARGASOK qui aurait plongé les détenus dans une ivresse et qui serait à la base de la révolte suivie de l’évasion. Il sied signaler qu’environs 97% des évadés sont des condamnés de la Justice Militaire pour des infractions d’assassinat, meurtre, enlèvement, vol à mains armées, association des malfaiteurs … et 3% de la justice civile pour vol simple.
    Le 29/11/2015, décès dû à la faim du prisonnier Jean Bosco KANZEGUHERA condamné de la Justice Militaire pour motif d’assassinat ;
       Le 10/12/2015 en la journée internationale des Droits de l’Homme, décès dû à la faim du prisonnier HABYARIMANA NDABAHARIYE Etienne condamné de la Justice Civile pour destruction méchante.  
En date du 12/10/2015, l’Inspecteur Provincial de la Police Nationale Congolaise au Nord-Kivu a dit que la Police et tous les services de sécurité sont en alerte pour mettre la main sur ceux qui sont en fuite et le reste la justice fera son travail.    
Du 26 au 28/10/2015, lors d’une mission de service exécutée à Rutshuru par le CIDDHOPE, il a été constaté que la prison était fermée et le droit aux visites était suspendu par le gestionnaire de la dite maison carcérale dépourvue des vivres en faveur des détenus en violation de l’arsenal juridique interne et international.  Cette mesure a été levée sur intervention des autorités Provinciales.      
En date du 01/12/2015, les délégués du CIDDHOPE ont été reçus au Ministère provincial de l’Administration de la Justice du Nord-Kivu par le Conseiller en charge de la détention pour partager avec celui-ci des réflexions à ce sujet. A l’issue de cet échange, il ressort que les ressources financières destinées à l’alimentation ne seraient pas disponibles. Il y aurait néanmoins des projets envisagés en collaboration avec les partenaires pour remédier à cette situation dans les jours à venir, a laissé entendre cet agent du ministère en toute consternation.        
Le CIDDHOPE est interloqué de constater que les autorités  congolaises procèdent à une lecture biaisée et intéressée du droit positif congolais. En effet, lorsqu’il s’agit d’établir les motifs d’arrestation, elles se blottissent sur la loi pénale. Fort malheureusement, lorsqu’il s’agit des droits des détenus, les autorités se trouvent des excuses conduisant à des morts d’hommes.    
Les articles   61 et 62 de l’ordonnance n° 344 du 17 septembre 1965 relatif au régime pénitentiaire disposent que les détenus reçoivent, 3 fois par jour, une nourriture correspondant le plus possible à leur nourriture habituelle. Cette nourriture doit avoir une valeur suffisante pour maintenir le détenu en parfaite condition physique.  
Le CIDDHOPE peine à s’expliquer comment se gère les redevances issues de la ferme pénitentiaire de Niongera en Groupement Bukoma, Chefferie de Bwisha, s’étendant sur une portion de terre mesurant environs  1000  Hectares  et  exploitée   par des populations  de  la  cité de Kiwanja  et des  localités environnantes en contre partie des redevances versées en nature à la fin de chaque saison culturale
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Presse et documents étrangers
 
Dialogue en RDC : « l’UDPS nous rejoindra », selon Ewanga
Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 12 déc 2015
Pour le secrétaire général de l’UNC, qui refuse le dialogue politique convoqué par Joseph Kabila, « les intentions du président pour ne pas quitter le pouvoir sont claires ». Concernant la possible participation de l’UDPS  au dialogue, Jean-Bertrand Ewanga « croit en Tshisekedi » et affirme que l’opposant historique finira par rejoindre le camp des anti-dialogue.
Afrikarabia : Pour quelles raisons l’UNC refuse toujours le dialogue initié par Joseph Kabila ? Jean-Bertrand Ewanga : Tout simplement parce que Joseph Kabila est dans son dernier mandat. Il doit quitter le pouvoir et comprendre qu’il y a une vie après la présidence. Le dialogue est un moyen pour torpiller les institutions. Violer la Constitution constituerait un retour en arrière pour le Congo. Cela nous ramènerait vers l’insécurité généralisée. Le 20 décembre 2016, il doit y avoir un nouveau président en République démocratique du Congo.
Afrikarabia : Pourtant, Joseph Kabila n’a jamais déclaré qu’il ne respecterait pas la Constitution. Qu’est-ce-qui vous fait dire qu’il cherche à s’accrocher au pouvoir ?
Jean-Bertrand Ewanga : Dans son dernier discours du 28 novembre 2015, Joseph Kabila a déclaré vouloir réfléchir sur un changement mode électoral… alors qu’il est à la fin de son mandat. Le ministre Evariste Boshab a écrit un livre dans lequel il dit que sans prolongation du mandat de Joseph Kabila c’est « l’inanition de la Nation ». Un autre ministre Typhon Kin Kiey Mulumba déclare également que le dialogue est fait pour donner un nouveau mandat au président Kabila. Ces ministres n’ont jamais été démentis. Joseph Kabila a également multiplié les obstacles : un recensement pour gagner du temps, une modification de la loi électorale en janvier dernier… Pour nous, ses intentions de ne pas quitter le pouvoir sont claires.
Afrikarabia : Joseph Kabila affirme que le pays n’est pas prêt pour organiser des élections dans les délais. L’argent manque et le fichier électoral n’est pas fiable…
Jean-Bertrand Ewanga : Ce sont de faux problèmes. Depuis 2012, nous avons décidé de mettre 250 millions de dollars de côté chaque année. Quatre ans après, nous devrions avoir le milliard nécessaire à l’organisation des scrutins. Où est passé l’argent ? Concernant le fichier électoral, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a audité le fichier : nous avons trouver 1,6 million de morts à rayer du fichier, 450.000 doublons à écarter et 7 millions de nouveaux majeurs à intégrer. D’après les experts de l’OIF, ce nettoyage peut être terminé dans 4 mois. Les préparatifs des élections de 2011 ont débuté au mois de janvier… il est encore possible d’aller aux élections dans les délais.
Afrikarabia : La Dynamique de l’opposition (UNC, MLC, Ecidé, Fonus… ) a été rejointe il y a quelques mois par le G7, les anciens frondeurs de la majorité dont Moïse Katumbi. N’est-ce pas le « trop plein » dans l’opposition ? N’avez-vous pas peur de la concurrence de l’ex-gouverneur du Katanga ?
Jean-Bertrand Ewanga : Non, il n’y a pas trop d’opposants parce que le G7 nous a rejoint. Nous tenons tous le même discours. La création du G7 veut tout simplement dire qu’il y a eu un déficit de dialogue au sein de la majorité présidentielle et qu’ils ont rejoint nos idées et nous nous en félicitons. Moïse Katumbi a parlé des « trois penalties » c’est à dire du strict respect de la Constitution. Depuis la création du G7, nous avons tenu des réunions  communes et publié des communiqués ensemble. Il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience des Congolais… et même de certains membres de la majorité présidentielle. La Constitution doit être respectée.
Afrikarabia : A l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, les voix sont discordantes sur leur  possible participation au dialogue. Qu’avez-vous envie de dire à l’UDPS pour les convaincre de ne pas aller au dialogue ?
Jean-Bertrand Ewanga : J’ai fait de la prison pour avoir exigé l’impérium d’Etienne Tshisekedi : car celui qui a gagné les élections de 2011, c’est bien Etienne Tshisekedi. Concernant le dialogue, je crois en Tshisekedi. Les exigences de Tshisekedi pour la tenue du dialogue sont inacceptables par Joseph Kabila. Je pense que l’UDPDS nous rejoindra pour renforcer le camp de la patrie et du respect de la Constitution.
 Afrikarabia : Le dialogue n’est pas encore prêt et le président Joseph Kabila sembler prendre son temps. Que peut encore faire l’opposition pour éviter le « glissement » du calendrier électoral ?
Jean-Bertrand Ewanga : Nos moyens seront pacifiques. En janvier 2015, le peuple s’est mobilisé et le pouvoir a reculé sur la modification de la loi électorale. Il ne faut pas obliger les Congolais à redescendre une nouvelle fois dans la rue. Mais tout dépendra de l’attitude du chef de l’Etat.
RDC : la conférence épiscopale annonce son retrait de la réunion de Dakar 
Mathieu Olivier – Jeune Afrique – 14 décembre 2015
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a rendu public dimanche une mise au point au sujet de sa participation à la conférence organisée à Dakar du 11 au 14 décembre, que le gouvernement de RDC a accusée de vouloir « déstabiliser » le pays. Elle affirme ne pas avoir été au courant de l’absence de représentants du pouvoir parmi les participants.
 « La conférence épiscopale du Congo (Cenco) a été invitée par la fondation allemande Konrad Adenauer », explique un communiqué de la Cenco publié dimanche 13 décembre. « Au regard du programme et des objectifs nobles de cette conférence, la Cenco a désigné monsieur l’Abbé Léonard Santedi, secrétaire général, pour la représenter », ajoute-t-il, précisant que l’invitation ne comportait pas les noms des autres invités.
« C’est quand le délégué de la Cenco est arrivé à Dakar qu’on s’est rendu compte que, en plus des représentants de la société civile, il n’y avait, comme acteurs politiques, que des opposants », explique encore l’abbé Donation Nshole, secrétaire général adjoint. « L’Église ne prend pas parti contre un camp (…) [et] a demandé à  son délégué de cesser toute participation à cette réunion et de regagner Kinshasa », conclut le communiqué.
Le gouvernement de la RDC avait accusé dimanche les autorités sénégalaises d’accueillir une réunion d’une quarantaine d’opposants et d’acteurs de la société civile, destinée selon lui à « déstabiliser les institutions » du pays.
Discours offensif du président Kabila devant le Congrès
RFI – 14-12-2015
En République démocratique du Congo, le président Kabila a fait son discours à la nation ce lundi matin au palais du peuple devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès. Le président s’est inquiété des conséquences de la baisse du cours des matières premières sur l’économie du pays, a évoqué des avancées en termes d’infrastructures et il a conclu sur le contexte politique, en évoquant le dialogue qu’il a lui-même convoqué le 28 novembre dernier et il a sans détour mis en garde ceux qui choisiraient d’autres options.
« Ce n’est pas par la violence que nous règlerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais. Je ne permettrai pas que le sacrifice consenti ensemble au cours des dernières années soit compromis par ceux qui, de mauvaise foi et de manière délibérée choisiront de rester enfermés dans leur posture négativiste, refusant le dialogue au profit de complots contre la République et en promettant sang et sueur à notre peuple. Il n’y aura ni l’un ni l’autre », le président Joseph Kabila a été particulièrement offensif dans son discours ce lundi.
Et c’est lors de cette partie de son allocution que le chef de l’Etat congolais a été le plus applaudi, il a dû s’y reprendre plusieurs fois pour marteler ces mots devant un Congrès qui lui était acquis, l’essentiel de l’opposition parlementaire ayant boycotté ce discours et suspendu sa participation aux activités de l’Assemblée la semaine dernière.
Message pour l’opposition réunie à Dakar
Pourquoi un discours aussi offensif ? Peut-être à cause d’une certaine réunion à Dakar qui fait beaucoup grincer des dents les autorités. Une trentaine de personnalités de l’opposition, de la société civile et des mouvements citoyens, tous hostiles à un glissement du calendrier, sont réunies jusqu’à ce soir dans la capitale sénégalaise pour parler avec d’autres participants africains des élections et de l’alternance en Afrique. Ils se préparent à jeter les gens dans la rue, à lancer une insurrection, disent les autorités congolaises.
Pour des plateformes comme la Dynamique de l’opposition ou le G7, ce dialogue est synonyme d’un coup d’Etat institutionnel : elles appellent la population à user de l’article 64 de la Constitution, c’est-à-dire à la désobéissance civile en cas de prise de pouvoir inconstitutionnel. Même l’Eglise catholique, la conférence épiscopale a envoyé un représentant à la réunion de Dakar, a évoqué cet article et a dit craindre que le sang ne coule encore en RDC.
Le président Kabila prévient donc : il n’y aura ni sang, ni larmes. Il a promis de préserver l’aspiration du peuple congolais à la quiétude. Mais pas un mot sur le respect de la Constitution dans le cadre du dialogue, dénonce Jean-Lucien Bussa Tongba de la Dynamique de l’opposition. Cet opposant dit s’inquiéter également de l’expression utilisée par le chef de l’Etat sur un processus électoral « authentiquement congolais ».
Munene retrouve  -la liberté à Brazzaville
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 14 déc 2015
Condamné à la prison à vie par Kinshasa, le général Faustin Munene n’est plus en résidence surveillée à Brazzaville, alors que son mouvement menace toujours « de faire partir Joseph Kabila par la force  » s’il ne quitte pas le pouvoir en 2016.
 « Le général Munene est libre de ses mouvements à Brazzaville » confie un proche à Afrikarabia. Selon cette source, le leader de l’Armée de Résistance Populaire (ARP) « a retrouvé sa liberté depuis fin novembre 2015 » au Congo-Brazzaville. Une information qui était restée confidentielle, alors que le président Joseph Kabila convoquait la tenue d’un dialogue politique afin de résoudre la crise électorale qui se profile en République démocratique du Congo (RDC).
En fuite à Brazzaville
En délicatesse avec Kinshasa, le général Faustin Munene est entré clandestinité en 2010 après avoir été accusé par les autorités congolaises de « complot contre la sécurité de l’Etat » et condamné par contumace à la prison à vie. Il se réfugie alors au Congo-Brazzaville voisin, où il est placé en « résidence surveillée ». Si Kinshasa demande son extradition à Brazzaville, celle-ci restera lettre morte. Le président Denis Sassou Nguesso a en effet toujours refusé les extraditions vers Kinshasa depuis 1968 et l’assassinat de Pierre Mulele, l’oncle de Faustin Munene, après son expulsion de Brazzaville.
Groupe insurrectionnel
Le mouvement politico-militaire du général Munene a refait parlé de lui en février 2011, après l’attaque de la résidence de Joseph Kabila et du camp Kokolo par un groupe armé. Kinshasa avait alors accusé l’ARP de Munene d’être derrière ce « coup de force ». Certains hommes arrêtés à la suite de l’attaque ont ensuite profité de mesures d’amnisties dont bénéficiaient les groupes armés après la défaite de la rébellion du M23. Depuis 2014, plusieurs membres de l’ARP, ou présentés comme tel, ont été amnistiés. Mais pour Kinshasa, l’ARP est également en lien avec d’autres groupes insurrectionnels, comme les Enyele, suspectés par les autorités congolaises d’être à l’origine de l’attaque du camp militaire Tshitshi en juillet 2014.
Le choix des armes ?
La relative liberté dont jouit désormais Faustin Munene intervient dans un contexte de forte tension politique, de l’autre côté du fleuve Congo, à Kinshasa. L’opposition accuse le président Kabila de vouloir s’accrocher au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de 2016, en retardant le calendrier électoral. L’ARP était déjà sortie de son silence cet été en menaçant de vouloir reprendre les armes si « l’alternance pacifique et démocratique avec Joseph Kabila » continuait d’être « incertaine ». Aujourd’hui, à l’heure du dialogue nationale convoqué par Joseph Kabila pour trouver une issue au calendrier électoral, l’ARP considère qu’il n’a plus de sens « aussi près de la fin du mandat du président congolais ». Mais si l’ARP souhaite désormais revenir dans le jeu politique par la voie démocratique, « toute violation de la Constitution par Joseph Kabila pour rester au pouvoir » constituerait un casus belli pour le mouvement de Munene, qui le ferait alors « partir par la force ».
Le coup de pouce de Brazzaville
La remise en liberté de Faustin Munene n’est pourtant pas le fruit du hasard. Brazzaville connaît parfaitement l’agenda politique de son voisin congolais et en redonnant une liberté de mouvement à Munene, Denis Sassou Nguesso remet un coup de pression sur Kinshasa, alors qu’il vient lui-même de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat dans un climat délétère. Depuis que Kinshasa a appris la nouvelle de la mise en liberté de Munene, des membres de l’ARP ont de nouveau été arrêtés en République démocratique du Congo (RDC). Certains de ces membres interpellés ont, pour certains, bénéficié de l’amnistie de 2014. Depuis que Faustin Munene est de nouveau libre, l’ARP affirme « ne pas chercher l’escalade avec Kinshasa » et vouloir que le général Munene « prenne part au combat démocratique ». A l’heure où le président Kabila a promis dans un récent discours des « grâces présidentielles », on peut voir dans la libération de Munene un appel du pied de l’ARP pour faire rentrer son patron sur l ‘échiquier politique congolais… avec un petit coup de pouce de Brazzaville.
Recrudescence des enlèvements à l’Est 
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 16 déc 2015
En 2015, « au moins 175 personnes ont été enlevées contre rançon  » au Nord-Kivu, dénonce  Human Rights Watch (HRW). En cause : la persistance des groupes armés encore très présents à l’Est de  la République  démocratique du Congo (RDC).
Deux ans après la fin de la rébellion du M23, l’insécurité règne toujours à l’Est du Congo. Plus de 70 groupes armés sont encore recensés au Nord et au Sud-Kivu – voir notre article. Human Rights Watch (HRW), qui enquête dans la région depuis de nombreuses années, s’inquiète de « la hausse alarmante du nombre de kidnappings ». Une augmentation qui constitue « une grave menace pour la population de l’Est de la RD Congo », selon Ida Sawyer, chercheuse à Human Rights Watch.
« Ils frappent, fouettent ou menacent leurs otages de mort »
L’ONG a rencontré 45 ex-otages entre mai et décembre 2015 pour mieux cerner les modes opératoires et les motivations de ces kidnappings. « Les ravisseurs opèrent en général en groupes d’une dizaine d’individus ou plus, et sont souvent lourdement armés de kalachnikovs et autres armes d’assaut militaires. Nombre d’entre eux portent des tenues militaires et semblent appartenir, ou avoir appartenu, à l’un des nombreux groupes armés actifs dans l’est de la RD Congo », explique HRW. Le mode opératoire est identique pour tous les groupes armés : «  ils frappent, fouettent ou menacent leurs otages de mort, leur demandant d’appeler leurs proches ou leurs employeurs afin de les persuader de payer pour leur libération ».
Les familles ne préviennent pas la police
Selon les cas, les ravisseurs exigent entre 200 et 30.000 $ par otage. «  Un homme a été obligé de vendre sa ferme afin de pouvoir rembourser l’argent emprunté par sa famille pour payer la rançon de sa libération, laissant sa famille sans aucune source de revenu ». Human Rights Watch note que la plupart des familles ne préviennent pas la police « soit parce qu’ils pensaient qu’ils n’obtiendraient aucune aide, soit parce qu’ils craignaient que cela n’empire la situation et ne les expose à d’autres actes d’extorsion de la part des autorités ». Des déclarations inquiétantes selon l’ONG, qui recommande aux autorités congolaises de créer « de toute urgence une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs».
En 2015, Human Rights Watch a confirmé les enlèvements contre rançon de 172 Congolais et de trois ressortissants étrangers. La grande majorité des cas documentés par HRW ont eu lieu dans le Rutshuru, au Nord-Kivu. « Au moins trois otages ont été tués et un autre est décédé de ses blessures lors d’une tentative d’enlèvement. Un autre otage est toujours porté disparu ».
RD Congo : Hausse alarmante du nombre d’enlèvements dans l’est du pays
Interview d’Anneke Van Woudenberg(HRW) – Voice of America – 17.12.15 :
Les autorités devraient créer une unité de police spéciale chargée de lutter contre cette menace
(Goma) – Au moins 175 personnes ont été enlevées contre rançon en 2015 en République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Des membres actuels et anciens de groupes armés semblent être responsables de plusieurs cas de ces kidnappings.
La grande majorité des cas documentés par Human Rights Watch ont eu lieu dans le Rutshuru, territoire de la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays. Au moins trois otages ont été tués et un autre est décédé de ses blessures lors d’une tentative d’enlèvement. Un autre otage est toujours porté disparu. Presque tous les otages ont été relâchés après que des membres de leurs familles ou des employeurs aient payé une rançon. Vingt des victimes étaient des travailleurs humanitaires congolais et étrangers.
« La hausse alarmante du nombre de kidnappings constitue une grave menace pour la population de l’est de la RD Congo », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les autorités congolaises devraient de toute urgence créer une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, et de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs.»
La hausse alarmante du nombre de kidnappings constitue une grave menace pour la population de l’est de la RD Congo. Les autorités congolaises devraient de toute urgence créer une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, et de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs.
Ida Sawyer, chercheuse senior de la division Afrique
Human Rights Watch a mené des entretiens auprès de 45 anciens otages et témoins dans le Nord-Kivu entre mai et décembre. Ceux-ci ont indiqué que les ravisseurs opèrent en général en groupes d’une dizaine d’individus ou plus, et sont souvent lourdement armés de kalachnikovs et autres armes d’assaut militaires. Nombre d’entre eux portent des tenues militaires et semblent appartenir, ou avoir appartenu, à l’un des nombreux groupes armés actifs dans l’est de la RD Congo.
Les ravisseurs suivent souvent une procédure similaire ; ils frappent, fouettent ou menacent leurs otages de mort, leur demandant d’appeler leurs proches ou leurs employeurs afin de les persuader de payer pour leur libération. Les ravisseurs ont souvent utilisé les téléphones portables des victimes ou bien leurs propres téléphones afin de négocier le paiement des rançons. Dans certains cas, les ravisseurs ont enlevé un seul otage, et dans d’autres cas un groupe d’otages.
Dans un incident survenu le 2 septembre, des hommes armés ont enlevé une étudiante de 27 ans près de l’hôpital général de Goma et l’ont emmenée au fin fond de la forêt, où elle a été détenue avec d’autres otages. Les ravisseurs frappaient et maltraitaient les otages, même en les brûlant avec des baïonnettes chauffées. « Lorsque nous avons demandé de la nourriture, ils ont choisi un homme parmi nous et l’ont tué en lui tranchant la gorge », a-t-elle confié à Human Rights Watch. « ‘Si vous voulez manger, voilà la viande’, nous ont-ils dit. » Elle a été détenue pendant neuf jours, et relâchée après que sa famille ait versé une rançon.
Dans les cas documentés par Human Rights Watch, les ravisseurs ont réclamé de 200 à 30 000 $US par otage, même si les montants payés étaient souvent bien inférieurs à la somme réclamée, selon des proches et d’anciens otages.
Les paiements de rançon ont souvent entraîné de graves difficultés financières pour les familles. Un homme a été obligé de vendre sa ferme afin de pouvoir rembourser l’argent emprunté par sa famille pour payer la rançon de sa libération, laissant sa famille sans aucune source de revenu.
Les ravisseurs ont également pris pour cible des travailleurs de l’aide nationale et internationale, du personnel sous contrat travaillant pour les Nations Unies, et des chauffeurs d’une importante société de transport. Dans tous les cas, les otages ont ensuite été relâchés. Aucune information n’a été rendue publique quant à savoir si des rançons ont été versées.
Dans la plupart des cas documentés par Human Rights Watch, les membres des familles des otages n’ont pas informé la police ni d’autres autorités à propos du kidnapping, soit parce qu’ils pensaient qu’ils n’obtiendraient aucune aide, soit parce qu’ils craignaient que cela n’empire la situation et ne les expose à d’autres actes d’extorsion de la part des autorités pour toute aide fournie. Une ancienne otage a indiqué que lorsque sa mère a informé un fonctionnaire judiciaire à Goma du fait que sa fille avait été kidnappée, celui-ci s’est contenté de répondre que la mère devrait « aller payer ».
Au moins 14 personnes ont été kidnappées à proximité de zones où des militaires congolais étaient basés, amenant certaines des victimes et de leurs familles à se demander si les militaires pouvaient s’être rendus complices. Human Rights Watch n’a trouvé aucune preuve indiquant que des militaires congolais aient participé aux kidnappings, mais certains des individus impliqués semblent être ou avoir été des membres de groupes armés que des officiers de l’armée congolaise avaient armés ou soutenus par le passé.
L’un des groupes impliqués est les Forces de défense des intérêts du peuple congolais (FDIPC) qui a collaboré avec l’armée congolaise pendant les opérations militaires contre le groupe rebelle M23 en 2012 et 2013, selon les recherches de Human Rights Watch et de l’ONU. D’anciens otages et des autorités locales ont affirmé à Human Rights Watch que des combattants et anciens combattants des FDIPC étaient responsables de certains des enlèvements.
Le 14 avril, les autorités congolaises ont arrêté le chef militaire des FDIPC, Jean Emmanuel Biriko (connu sous le nom de Manoti), son épouse, ainsi qu’une dizaine de ses combattants et les ont mis en accusation pour enlèvement, entre autres crimes. Leur procès s’est ouvert dès le lendemain devant un tribunal militaire dans la ville de Rutshuru. Le 18 mai, à la suite de procédures profondément entachées d’irrégularités au cours desquelles les droits des accusés ont été violés, le tribunal a condamné à mort Manoti et dix de ses co-accusés pour appartenance à un gang criminel. Bien que la peine de mort soit encore autorisée en RD Congo, un moratoire sur les exécutions est en vigueur depuis 2003. Human Rights Watch est opposé en toutes circonstances à la peine de mort, en tant que sanction inhumaine et irrévocable.
Au cours du procès, Manoti a prétendu avoir collaboré avec plusieurs officiers de l’armée congolaise, dont un qui, selon lui, était impliqué dans les enlèvements. Human Rights Watch n’a pu identifier aucune enquête judiciaire menée sur le rôle présumé de ces officiers de l’armée ni sur d’autres, même si des responsables gouvernementaux et de l’armée sont au courant de ces allégations. Un officier haut-gradé du renseignement militaire a reconnu auprès de Human Rights Watch que Manoti « pourrait avoir travaillé avec certains des militaires » durant les incidents de kidnapping.
L’arrestation de Manoti et de ses hommes n’a pas mis fin aux enlèvements. La majorité des cas documentés par Human Rights Watch en 2015 s’est produite après leur arrestation. Si les autorités congolaises affirment qu’elles ont arrêté d’autres ravisseurs présumés, aucun d’entre eux n’a été traduit en justice.
Invoquant « l’ampleur incommensurable » des kidnappings dans l’est de la RD Congo, la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée Nationale a tenu une audition le 3 décembre avec le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Évariste Boshab au sujet de la réponse du gouvernement. Boshab a répondu que la situation est « vraiment très préoccupante » et « compte parmi les grands défis sécuritaires auxquels le gouvernement est confronté en ce moment ».
Trois membres de la commission ont indiqué qu’il avait été décidé d’établir une commission d’enquête parlementaire afin d’enquêter sur les enlèvements et sur l’éventuelle complicité de membres du gouvernement et des services de sécurité, d’évaluer ce qui a déjà été fait et de formuler des recommandations.
Human Rights Watch a préconisé vivement à la commission de soutenir la création d’une unité de police spéciale chargée de documenter les affaires de kidnapping et d’y répondre, d’identifier et d’arrêter les ravisseurs présumés, de signaler les allégations de complicité entre les ravisseurs et des officiels, et de travailler avec les membres du système judiciaire pour traduire les coupables en justice dans des procès équitables et crédibles.
« Mettre fin à la menace de kidnapping devrait constituer une haute priorité pour le gouvernement congolais », a conclu Ida Sawyer. « Les autorités devraient non seulement traduire les individus responsables en justice dans le cadre de procès équitables, mais également identifier et agir contre tout fonctionnaire impliqué. »
Informations complémentaires et témoignages d’anciens otages
Les enlèvements
Human Rights Watch a confirmé les enlèvements contre rançon de 172 Congolais et de trois ressortissants étrangers lors de 35 incidents distincts dans le Rutshuru, deux dans le territoire du Nyirangongo, un dans le Walikale, et quatre à Goma en 2015. Le nombre actuel des cas est probablement beaucoup plus élevé. Human Rights Watch a également recueilli des informations au sujet de cas de kidnappings dans la ville de Butembo et dans le territoire de Beni, mais ces incidents sont au-delà de la portée de des recherches décrites ici.
La plupart des enlèvements documentés par Human Rights Watch ont eu lieu dans des zones contrôlées antérieurement par le M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda qui s’est rendu coupable de crimes de guerre généralisés entre début 2012 et fin 2013, lorsque l’armée congolaise et les forces de l’ONU ont vaincu le groupe. Un nouveau programme national de Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) chargé de désarmer les anciens combattants du M23 et d’autres groupes armés, et de leur proposer d’autres opportunités économiques n’est pas encore pleinement opérationnel. Les combattants de divers groupes armés qui se sont rendus au cours des deux dernières années ont été envoyés dans des camps de regroupement où ils ont attendu pendant des mois, souvent dans des conditions épouvantables, que le programme commence. Certains ont abandonné les camps, lassés d’attendre, et sont revenus à leurs groupes armés ou bien se sont tournés vers une autre activité criminelle, notamment le kidnapping.
Plusieurs cas des enlèvements se sont produits sur les routes principales des territoires du Rutshuru et de Nyiragongo, au Nord-Kivu, y compris celles de Rutshuru à Rwindi, de Nyiragongo à Rutshuru, de Rutshuru à Nyamilima, de Rwindi à Nyanzale, et de Rutshuru à Bunagana.
Human Rights Watch a constaté que les victimes n’ont pas été choisies en fonction de leur appartenance ethnique. La grande majorité d’entre elles étaient des hommes. Si des femmes étaient capturées, elles étaient souvent volées et immédiatement relâchées. Human Rights Watch a documenté cinq cas de femmes prises en otages. L’âge des victimes variait de 4 à 70 ans. Les ravisseurs ont pris des personnes pour cible sur des routes, dans des fermes, dans des maisons et dans des écoles. Les personnes ont été détenues sur des durées allant de huit heures à neuf jours.
Les conclusions de Human Rights Watch s’appuient sur quatre missions de recherche à Kibirizi, Kiwanja, et Kibumba dans les territoires du Rutshuru et Nyiragongo, et sur des entretiens menés en personne et par téléphone à Goma. Au total Human Rights Watch s’est entretenu avec plus de 70 anciens otages, témoins, défenseurs des droits humains, hommes d’affaires, autorités locales et coutumières, agents du gouvernement, membres de la police et du renseignement militaire, et du personnel civil de la mission de maintien de la paix de l’ONU.
Témoignages d’anciens otages
Une jeune femme de 19 ans kidnappée à Goma le 18 septembre après avoir accepté une offre de trajet en voiture de la part de trois hommes :
    Une autre fille se trouvait aussi dans la voiture quand je suis montée. Quand nous avons réalisé qu’ils nous emmenaient dans la mauvaise direction, nous nous sommes mises à crier. Le conducteur s’est alors penché vers l’arrière et il m’a mis du ruban adhésif sur la bouche et les yeux. Il a fait la même chose pour l’autre fille. Ils m’ont lié les pieds et les mains avec une ceinture. Je ne savais pas où j’étais ni où nous allions. Un peu plus tard, la voiture a klaxonné et deux hommes m’ont portée dans une maison. Plus tard ce jour-là, ils m’ont injecté quelque chose et j’ai perdu connaissance.
Elle a été relâchée neuf jours plus tard, après que sa famille a versé 300 $US aux kidnappeurs. Après avoir consulté un docteur, elle a appris qu’elle avait été violée pendant qu’elle était inconsciente.
Une étudiante de 27 ans a été kidnappée à 11:00 du matin le 2 septembre près de l’hôpital général de Goma :
    Je me rendais à l’université quand une voiture a klaxonné derrière moi. L’un des passagers m’a appelée par le nom de famille de mon père. Ils m’ont dit qu’ils avaient essayé de joindre mon frère par téléphone pour lui remettre un paquet mais qu’il ne l’avait pas pris. Ils m’ont demandé de venir le chercher avec eux. J’ai eu le courage de monter dans la voiture parce qu’ils connaissaient mon père. Je ne connaissais aucun d’entre eux. Quand nous sommes passés devant l’hôtel Karibu, j’ai perdu connaissance. Je ne sais pas comment. Le lendemain, je me suis retrouvée dans une forêt. Il y avait d’autres personnes qui avaient été kidnappées : des enfants, des hommes et des femmes. Nous avons tous été battus. Ils plaçaient une baïonnette dans le feu puis nous la posaient sur le ventre. C’était horriblement douloureux. Un jour, quand nous avons demandé à manger, ils ont choisi un homme parmi nous et l’ont tué en lui tranchant la gorge. « Si vous voulez manger, voilà la viande », nous ont-ils dit. Ma famille a envoyé 7 000 $US via Airtel Money. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite mais quand je me suis réveillée je me suis retrouvée devant [la ville de] Sake.
Un groupe de femmes à proximité l’ont aidée à trouver un téléphone pour appeler sa famille et rentrer à Goma neuf jours après son enlèvement. Elle est suivie par un psychologue pour les effets secondaires de l’expérience.
Un homme de 48 ans, appartenant à l’ethnie Shi, a été kidnappé avec six autres sur la route Rwindi-Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru, en juillet :
    Trois hommes armés nous attendaient dans le parc…Ils ont tendu une corde en travers de la route pour nous obliger à nous arrêter. C’était effrayant. Certains d’entre nous se sont urinés dessus. Nous ne savions à quel saint nous vouer. Ils ont pillé systématiquement le véhicule et chacun de nous a dû donner son téléphone portable et tout l’argent que nous possédions. Peu après, ils nous ont donné l’ordre de nous mettre en marche. Dans la forêt, nous avons rencontré onze autres hommes qui se cachaient. Ils avaient tous des armes à feu, nous avons marché très longtemps jusqu’à installer un campement en pleine forêt [du Parc national de la Virunga].
    Le lendemain, leur chef nous a dit : « Nous pouvons faire de vous ce que nous voulons. Nous sommes seuls avec vous. Nous pouvons même vous couper la tête et vous donner aux animaux du parc. Nous pouvons vous garder ici pendant six mois et personne ne pourra rien faire pour vous. Nous savons que vous n’avez pas d’argent sur vous ici, mais vos familles en ont. Alors, nous allons vous donner vos téléphones [portables]. » Alors chacun de nous s’est vu rendre son téléphone pour trouver un ou deux numéros de nos familles. « Vous allez leur dire que vous êtes dans le parc avec les lions et qu’ils doivent apporter chacun 1 000 $US pour votre libération. C’est urgent. Ce n’est pas négociable », [a dit le kidnappeur].
La victime a été relâchée trois jours plus tard après le versement de 1 000 $US par des membres de sa famille.
Un homme d’affaires de 53 ans, enlevé avec seize autres hommes le 17 mai à Mabenga, territoire de Rutshuru :
    Nous nous trouvions dans un bus public allant à Mabenga quand nous avons rencontré des bandits qui se sont mis à tirer en l’air puis dans nos pneus. L’un des passagers a été tué immédiatement … une autre personne a été blessée. Je voulais fuir mais un des bandits a déclaré : « À ceux qui osent fuir, nous vous tuerons de la même façon. » … les femmes qui se trouvaient avec nous dans le bus n’ont pas été prises. Nous n’étions que des hommes, 17 en tout.
    Quand les FARDC [l’armée congolaise] ont appris notre enlèvement, ils sont venus nous aider. Ils ont tiré un grand nombre de coups de feu sur les ravisseurs. L’un des bandits a dit : « Votre armée veut vous libérer, nous allons vous montrer qui nous sommes. » Immédiatement ils ont tiré sur un [des otages], qui est mort ensuite dans les champs.
Les passagers ont été relâchés par la suite, l’un après l’autre, contre des rançons allant de 500 à 4 000 $US. L’homme d’affaires a été relâché en même temps que son neveu au bout de neuf jours et contre un paiement de 1 000 $US.
Un homme de 31 ans dont la famille a versé 1 500 $US après son enlèvement à Mabenga, territoire de Rutshuru, et qui a été détenu pendant deux jours à la mi-mai :
    En ce moment, ma famille est dans la misère totale. Nous n’avons plus d’argent …J’ai perdu mon travail après l’enlèvement. Je ne sais pas pourquoi. Alors je suis désormais un homme sans emploi à la maison.
Un chauffeur de bus âgé de 40 ans et appartenant à l’ethnie Hunde, a été enlevé par quatre assaillants le 12 mai à Rugari, territoire de Rutshuru :
    J’étais dans le véhicule juste après Rugari quand quatre hommes armés ont surgi devant nous. Ils ont commencé à nous tirer dessus. Un des passagers a été touché au bras. J’ai immédiatement stoppé le bus. Ils n’ont pris que moi. Ils m’ont emmené dans la forêt.… Ils m’ont bandé les yeux et ils m’ont dit : « Nous aurions pu t’enlever hier quand tu revenais de Rutshuru mais tu étais avec une délégation de politiciens. Ce matin quand tu es sorti du parking à Goma, nos éclaireurs nous ont informés que tu étais en route. Maintenant, nous t’avons et tu es entre nos mains. Notre objectif est de te tuer. Si tu ne veux pas que nous mettions fin à ta vie, tu dois nous donner 10 000 $US. »
Sa famille a laissé 2 000 $US dans une veste pendue à un arbre deux jours plus tard comme rançon, obtenant sa libération. Il a ensuite perdu son travail parce que son employeur ne lui faisait plus confiance après l’incident.
Un enseignant de 62 ans a été enlevé chez lui à Bukoma, territoire de Rutshuru, le 9 mai :
    C’était 20h00 et je mangeais avec ma famille quand trois hommes armés sont entrés chez moi, m’appelant par mon nom. Sous la menace des armes et devant mes enfants tremblant de peur, je leur ai donné tout l’argent que j’avais dans la maison. Mais ça ne leur suffisait pas alors ils m’ont pris en otage et ont demandé une rançon pour me libérer.
Il a été relâché le lendemain, après que ses collègues aient collecté de toute urgence 1 500 $US de plus pour payer les kidnappeurs.
Un homme de 24 ans, vendeur de crédit de téléphones portables, kidnappé le 5 mai près de Rwindi, territoire de Rutshuru :
    Nous venions de dépasser Rwindi lorsqu’un homme en uniforme militaire est apparu au bord de la route et s’est mis à tirer en l’air. Le chauffeur du bus s’est arrêté immédiatement et nous avons réalisé que nous étions encerclés par neuf autres bandits. Ils portaient également des uniformes militaires et ont commencé à tirer en l’air. On se serait cru en guerre.
    Les bandits nous ont forcés à les suivre dans la forêt. Personne n’a essayé de résister. Nous étions quatorze hommes. Ils n’ont pris aucune des femmes. Ils les ont seulement volées et leur ont dit de rester dans le bus. Dans la forêt ils ont commencé à nous battre. Ils nous ont sévèrement fouettés. Nous ne pouvions rien faire à part crier. Personne n’aurait pu venir à notre aide dans la forêt.…
    Je ne peux même pas compter le nombre de coups de fouet que j’ai reçus. Après nous avoir fouettés, ils nous ont dit en swahili : « Nous voulons vous tuer maintenant. » ils ont demandé au second chauffeur [de bus] : « Il te reste de l’argent ? » Il leur a dit qu’il n’avait plus rien. Immédiatement, ils lui ont mis un couteau sous la gorge en disant : « Nous allons te tuer maintenant. » Il s’est mis à pleurer bruyamment en les suppliant de l’épargner. Grâce à Dieu, il n’a pas été tué. Ensuite ils s’en sont pris à moi en me demandant de l’argent. J’étais allongé sur le sol avec une machette sur le cou. J’ai prié. « Seigneur, recevez mon âme ! » Ils m’ont lâché, mais j’ai été fouetté de nouveau jusqu’à ce que je n’en puisse plus.
Il a été relâché avec les treize autres hommes après trois jours de captivité, lorsque leurs familles ont payé des rançons.
Un chauffeur de bus a été attaqué avec 18 de ses passagers et son assistant le 4 mai, dans le territoire de Rutshuru :
    Nous étions à deux kilomètres de Burai quand nous avons dépassé une position de l’armée. Environ 150 mètres devant nous, il y avait une autre de leurs positions. Soudain, j’ai vu un homme non armé portant une cape de pluie. Il m’a fait signe de m’arrêter et s’est placé au milieu de la route. J’ai commencé à ralentir. Puis, sur ma gauche, un homme armé en vêtements civils a tiré dans un des pneus du bus. Mon assistant et les passagers ont commencé immédiatement à descendre du bus. Pendant ce temps, deux autres assaillants sont arrivés et m’ont tiré hors du véhicule. Ils ont pillé le bus et tous les passagers. Ils m’ont emmené tout seul dans la forêt.
Le chauffeur a été libéré trois jours plus tard après le paiement d’une rançon de 1 200 $US.
Un chauffeur de bus de 45 ans kidnappé avec l’un de ses passagers en mai à Busendu, territoire de Rutshuru :
    Les bandits nous ont arrêtés et ont confisqué nos téléphones portables. Nous nous trouvions à 500 mètres d’une position des FARDC et de l’endroit où étaient postés les gardes forestiers [de Virunga]. Ils se sont contentés de tirer en l’air, mais ils ne sont pas venus à notre aide. L’un des [deux] assaillants a également tiré en l’air tandis que l’autre bandit nous conduisait dans la forêt.
Les deux otages ont été relâchés deux jours plus tard contre une rançon de 3 000 $US.
Le père d’un vacher de 17 ans à Bwito, territoire de Rutshuru, qui a été kidnappé et ensuite tué par des combattants présumés des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé essentiellement de Hutus rwandais actif dans l’est de la RD Congo :
    Tôt le matin du 2 avril, j’ai demandé à mon fils d’aller aux pâturages porter du sel et des médicaments pour les vaches aux bergers. [Plus tard ce jour-là] un combattant des FDLR m’a appelé et il a passé le téléphone à mon fils. « Papa, je suis avec les FDLR », a-t-il dit. « Ils demandent 3 000 $US. » Avant que mon fils puisse continuer, ils lui ont repris le téléphone. « Nous n’avons pas assez de temps pour discuter ça avec toi. Si l’argent n’arrive pas ici avant 15h00, nous n’allons te laisser que le cadavre de ton fils. » Un peu plus tard, après trois heures il me semble, ils ont rappelé. « Il te reste moins de deux heures pour réagir. » Plus tard ils m’ont néanmoins rappelé disant qu’ils étaient pourchassés par les FARDC. « Il nous faut bouger. » Ensuite, ils ont expliqué où apporter l’argent. Quand j’y suis arrivé, j’ai vu le corps de mon fils, abandonné, décapité. Je ne savais plus que faire. J’ai pleuré … j’ai enterré mon fils le lendemain matin.
Un fermier de 51 ans a été kidnappé ainsi que trois personnes travaillant pour l’ONU, le 23 avril dans le Parc national de la Virunga, territoire de Rutshuru :
    Je coupais du bois pour le feu lorsque deux hommes sont arrivés derrière moi. « Si tu t’enfuis on va te tuer. »Ils étaient tous les deux armés et portaient des vêtements civils. Ils m’ont obligé à marcher. Au bout de quelques mètres, j’ai découvert trois autres hommes enlevés. Ils étaient gardés par quatre hommes. Ceux-ci m’ont dit de m’asseoir. Dans la soirée, ils nous ont demandé de nous lever et de nous remettre en marche. À Gishanga, nous avons rencontré un autre groupe d’hommes armés. Ils étaient des dizaines. Les kidnappeurs portaient six cartons de munitions. Ces hommes n’étaient pas des FDLR parce qu’ils étaient en majorité des Tutsis [membres d’un groupe ethnique peu susceptibles de faire partie des FDLR essentiellement Hutus]. Ils savaient où les FDLR avaient leurs positions et donc nous avons pu les éviter et aller à Kalengera, Tongo et finalement à Burungu.
    Le samedi 25 avril, ils nous ont laissé partir après que nos familles aient versé de l’argent pour notre libération. L’un des membres de leur famille s’était vu demander d’envoyer de l’argent sur un compte en banque à Gisenyi au Rwanda. C’est moi qui ai ramené les [trois] hommes jusqu’à Kibumba. Les kidnappeurs m’ont donné une machette pour tailler un chemin dans la forêt.
Un homme de 52 ans, père de dix enfants, kidnappé pendant trois jours à Busendo, territoire de Rutshuru, en avril :
    J’ai dû travailler immédiatement pour trouver de l’argent afin de rembourser ma dette. Je ne sais pas comment faire. J’ai beaucoup de problèmes. J’ai été obligé de vendre mon champ pour obtenir 200 $US. La situation à Binza [territoire de Rutshuru] est vraiment mauvaise. Nous ne restons plus chez nous, mais dans nos champs. Il n’y a aucune sécurité. Nous sommes coincés.
Le chemin de l’incertitude 
Mupenzi Mumbere[2] – Jeune Afrique – 17 décembre 2015
En 2006, les Congolais écoutaient avec émotion le discours d’investiture de Joseph Kabila, premier président issu d’élections jugées crédibles en RDC.
L’ex-Zaïre revenait enfin à la vie après une guerre civile qui avait fauché la vie de millions de Congolais, jeté la plupart d’entre eux sur le chemin de l’errance et plongé le pays dans une misère indescriptible.
Dans le même élan, un processus démocratique consensuel né des accords de Sun-City prenait forme. Les Congolais commençaient à se remettre au travail pour rebâtir un vaste pays saccagé par les guerres civiles post-indépendance, la barbarie du régime Mobutu et les atrocités des rébellions dites de libération qui ravagèrent le pays, de 1996 à 2002.
L’espoir fut hélas de courte durée. Le président Joseph Kabila qui bénéficiait d’une large adhésion populaire à son programme dit des « Cinq chantiers » n’est pas parvenu à traduire dans la réalité les immenses attentes liées à la bonne gouvernance, à la construction d’infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes.
En panne de légitimité
Confrontée à la désillusion populaire, la majorité au pouvoir a vite pris conscience qu’elle ne pourrait plus se maintenir à travers un jeu démocratique franc et ouvert. Elle a levé l’option d’entamer lentement mais sûrement le périlleux périple de la mise en tombeau de la jeune démocratie.
Acte premier : modifier les règles électorales en allant d’un scrutin présidentiel à deux tours à celui à tour unique, à la veille de la présidentielle de 2011. La coalition au pouvoir espérait ainsi voir son champion rempiler face à une opposition qui ne réussissait pas à former un bloc uni.
Grâce à une machine électorale bien huilée par les fraudes massives décriées par tous les observateurs nationaux comme étrangers, Kabila s’offre alors non sans peine un second mandat à la tête du pays. Mandat qui peine à convaincre tant la corruption se généralise, le délabrement des infrastructures se poursuit et pire, l’insécurité endémique dans l’est du pays s’aggrave. En panne de légitimité, toute l’action gouvernementale est plongée dans une inanition fatidique.
Acte deux : asphyxier le cycle électoral, restreindre l’espace démocratique public et jouer la politique du pourrissement sécuritaire. À commencer par la non-organisation des élections locales et provinciales longtemps prévues et sensées faire évoluer la démocratie à la base, en passant par la recrudescence des intimidations des opposants et l’accaparement de l’espace médiatique national, Kabila et les siens semblent avoir tracé leur voie.
    On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre
L’est du Congo est encore écumé par des hordes de combattants locaux et étrangers qui opèrent en toute impunité, pillent les ressources naturelles, violent les femmes, incendient des villages, massacrent quotidiennement les populations sans qu’aucune réaction conséquente du pouvoir ne soit palpable. Rien sauf des discours du genre : « On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre ».
Vers un nouvel ordre constitutionnel ?
Acte trois : embrigader la classe politique dans une logique de consensus pour le partage du pouvoir et, sans l’avouer, d’un nouvel ordre constitutionnel. Histoire aussi de remettre les compteurs à zéro. À travers les « concertations nationales » dont la suite est connue de tous et le futur « dialogue national».
Sept partis de la majorité ont ouvertement demandé à Kabila de respecter la Constitution et de ne pas engager la nation sur une voie suicidaire. Et – c’est une première dans le pays -, l’ensemble de l’opposition politique vient de signer une déclaration commune rejetant toute manœuvre qui s’écartarait des dispositions de la Constitution en vigueur. Enfin plus significatif, la très influente Église catholique et de nombreuses organisations de la société civile projettent des « actions d’envergure » pour contraindre le pouvoir à ouvrir l’arène politique et à organiser la présidentielle dans les délais constitutionnels.
La majorité des Congolais ont pleinement conscience que le régime au pouvoir tient à s’y maintenir par tous les moyens, la Constitution ne donnant aucune chance à Kabila pour se représenter en 2016. Une détermination jusqu’au-boutiste  qui fait pointer le spectre du retour à la dictature « ventrocentrique » et iconoclaste comme le pays l’a connue pendant les 32 ans du règne de Mobutu. Le peuple congolais se laissera-t-il mener à l’abattoir par un groupe d’individus aveuglés par leurs intérêts égoïstes ? L’histoire nous le dira.
La communauté internationale s’inquiète de la situation
RFI – 18-12-2015
Les Etats-Unis demandent aux autorités congolaises de tenir compte du rapport publié la semaine dernière par l’ONU, un rapport qui dénonce la réduction de l’espace politique, particulièrement inquiétant à l’approche des élections. Huit scrutins en tout sont prévus avant la fin de l’année 2016, dont la présidentielle. Mais le processus a pris du retard, le risque de report grandit et cela inquiète l’opposition et la société civile tout comme la communauté internationale, Washington et Londres en tête.
« Nous exhortons le gouvernement de la RDC à examiner attentivement les allégations qui sont contenues dans ce rapport », dit le porte-parole du bureau aux Affaires africaines du département d’Etat américain. Jeff Loree souligne qu’en cette période pré-électorale, il est particulièrement important que le gouvernement protège les droits constitutionnellement reconnus que sont la liberté de réunion et la liberté d’expression.
Le Foreign office britannique ne dit pas autre chose, mais l’une de ses porte-paroles ajoute que des élections apaisées, libres, justes, et surtout conformes à la Constitution congolaise, seront un élément important de la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit dans le pays. Londres qui dit attendre du gouvernement la publication, comme promis, d’un rapport d’enquête sur un certain nombre de violations dénoncées par le bureau conjoint : l’opération de police à Kinshasa « Likofi », les manifestations de janvier et encore la fosse commune de Maluku.
L’Union européenne déclare, après la publication de ce rapport, endosser les propos du Haut Commissaire aux droits de l’homme : «Les militants de la société civile, les professionnels des médias et les opposants politiques doivent être en mesure de mener leurs activités sans crainte ». La Belgique, de son côté, dit apprécier le travail du bureau conjoint et s’inquiéter de toute évolution négative, mais affirme être prête à soutenir la RDC dans tout processus renforçant la démocratie et les droits de l’homme.
Dr Denis Mukwege: “Le viol est une arme qui ne coûte rien mais qui est très destructive” 
La Libre – 19-12-15
Son visage soucieux est connu du public européen depuis plusieurs années, tout comme sa voix grave et douce. Mais le Dr Denis Mukwege se bat depuis bien plus longtemps que cela pour soigner et rendre leur dignité aux centaines de femmes victimes de viols particulièrement atroces au Sud-Kivu (est du Congo). Il était lundi soir l’invité des Grandes Conférences catholiques, à Bruxelles.
Votre travail vous a acquis la célébrité. Qu’en avez-vous retiré ?        
Ma vie a complètement changé. J’ai été la cible d’attaques, d’attentats. J’ai quitté ma maison pour vivre à l’hôpital, avec des gardes de l’Onu. Mais le problème du viol des femmes est mieux connu qu’il y a dix ans. Cela dit, il y a une différence entre connaître un problème et le résoudre.
Constatez-vous un progrès dans le nombre de femmes violées ?        
Il y a deux ans, l’hôpital traitait 3 600 malades par an, aujourd’hui 2 000. C’est une amélioration, mais ça reste énorme.
Qui sont les principaux agresseurs ?         
Il y a quinze ans, c’étaient les armées étrangères qui avaient envahi le Congo. Aujourd’hui, ce sont beaucoup plus les FDLR(1), les forces gouvernementales et les milices congolaises. Le viol est une arme utilisée par tous.
En quoi est-ce une arme ?   
Il est utilisé comme stratégie de guerre contre la population pour la déshumaniser, détruire son identité, détruire le tissu social. Parce que les viols ont généralement lieu en public, devant le mari et les enfants de la victime. Après, les mères ne se sentent plus mères, les maris ne se sentent plus hommes. Cela crée un traumatisme profond. Cela entraîne un déplacement massif de la population, comme dans les guerres classiques, mais aussi une réduction de la démographie : la destruction de l’appareil génital des femmes réduit sa capacité reproductive; la transmission de maladies, dont le VIH, fait d’elles des réservoirs à virus, qui se répandent dans la société.
Ce sont des conséquences des viols massifs, mais est-ce un but militaire ?    
Quand un commandant en donne l’ordre et que, en une soirée, on viole 200, 300 femmes – on l’a vu à Fizi, Walikale, Minova, Shabunda… – on ne peut pas dire que ce n’est pas planifié. Cela sert à déstructurer la société. Le viol est une arme qui ne coûte rien mais qui est très destructive.
Les auteurs de ces viols sont-ils poursuivis ?       
Oui, il y a quelques poursuites.
Plus qu’avant ?        
Je n’ai pas cette impression. Quand les criminels sont gradés et protégés par le système… Il y a eu quelques procès, mais ce n’est pas suffisant.
Vous parlez des policiers et militaires congolais ? 
Mais oui. Au Congo, on a pensé pouvoir faire la paix par le “brassage” de militaires avec des membres de groupes armés. On a simplement oublié qu’un enfant devenu soldat à 10 ou 12 ans – il a appris à tuer, détruire, violer, voler – est détruit. Quand il entre dans l’armée, il continue. Cela a été une erreur monumentale de croire qu’on changeait quelqu’un en lui donnant un uniforme. C’est une bombe à retardement. On ne peut pas leur demander, aujourd’hui, de protéger la population. C’est pourquoi l’Accord-cadre d’Addis-Abeba demande la réforme du secteur de sécurité. C’est indispensable parce que notre armée ne protège pas la population; elle n’a pas appris à le faire.
Votre célébrité a-t-elle modifié l’attitude des autorités congolaises à votre égard ?    
A partir du moment où les autorités sont dans le déni, elles n’ont pas toujours montré une attitude positive à notre égard. Ainsi, l’an dernier, j’ai reçu le Prix Sakharov du Parlement européen : on n’en a rien dit dans la presse officielle. Par contre, le compte en banque de l’hôpital a été bloqué; ils ont fini par le débloquer – heureusement parce que c’est un hôpital public, ce sont les autorités qui devraient prendre les malades en charge alors que nous vivons de dons de personnes privées. C’est une attitude négative. Le film (sur son action, NdlR) (2) a été banni, puis ils l’ont autorisé. Tout ça est lié à mon travail. Et celui-ci est dû au fait que les femmes subissent l’inacceptable et ont droit à une protection, à une prise en charge et à une restauration de leur dignité. Elles sont des citoyennes à part entière.
On vous prête des ambitions politiques. Est-ce vrai ?     
Je suis citoyen. En tant que tel, j’ai de droit de défendre la cité. C’est ce que je fais. Si c’est faire de la politique, tout le monde devrait en faire (rire).
Avez-vous l’intention de vous présenter à des élections ?         
Non.
Vous êtes fils de pasteur et pasteur vous-même; ce sont vos convictions religieuses qui vous ont amené à défendre les femmes ou le contraire ?     
Mon père était pasteur pentecôtiste; aujourd’hui, je prie avec un groupe de la même obédience. Ce qui m’a amené à mon travail d’aujourd’hui est le fruit d’observations et de mes convictions. A 8 ans, j’ai accompagné mon père voir un enfant malade; j’ai été choqué de voir qu’il se contentait de prier pour lui. “Moi, quand je suis malade, je reçois des médicaments”, ai-je dit à mon père. Il m’a répondu : “Je ne suis pas médecin”. J’ai décidé que moi je le serai. J’ai étudié la pédiatrie. Mais, à l’hôpital de Lemera, je constate que beaucoup de femmes meurent en donnant le jour. C’était un deuxième choc. A 27 ans, je pars donc en France étudier la gynécologie et l’obstétrique; je voulais protéger les mères, pour qu’elles protègent leurs enfants. L a guerre a commencé 14 ans plus tard. La première femme que j’ai traitée en 1999, à Panzi, ce n’était pas pour l’accoucher mais parce que son appareil génital avait été détruit par un viol. Nouveau choc : je me rends compte que nous sommes une société machiste, sans considération pour les femmes – qui portent l’Afrique sur leurs épaules. Et ce problème s’étend. Cette année, j’ai vu des photos de femmes yézidies avec un prix, 100 dollars ! Quelle déshumanisation !
Qu’est-ce qui manque au Kivu pour mettre fin à ces horreurs ? 
La paix. Et la volonté politique. Nationale et internationale – et ici je salue le Parlement européen qui veut que tous les minerais soient traçables et ne viennent pas de la guerre et du sang.
(1) Forces démocratiques de libération du Rwanda, rebelles hutus issus du génocide rwandais; sévissent au Congo depuis leur défaite devant le FPR en 1994.         
(2) “L’homme qui répare les femmes”, documentaire sur le Dr Mukwege,
Par Anselme D.L

Accord de Paris, Jungle de Calais, Burundi, CETA, …

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

AGIR POUR DES ELECTIONS TRANSPARENTES ET APAISEES

A.E.T.A /SUD KIVU

Plate-forme des ONG de la Société Civile dotée de la personnalité juridique

Arrêté Ministériel N°125/CAB/MIN/J&DH/2011 du 11 Avril 2011

 

 

Monitoring de la situation sociopolitique de la RDC, du Burundi et du Rwanda, le 18 décembre 2015 :

N’ethnicise pas un conflit dont les causes sont avant tout politiques

 

En RDC, le président Kabila a tenu un discours à la nation devant les chambres réunies et portant sur le dialogue national dont ni la date ni le lieu n’ont été définis et dont certains ne voient pas l’utilité dans la mesure où la problématique des élections renvoie à des questions techniques. Le président a mis en garde l’opposition qui s’oppose au dialogue et les pays étrangers « qui n’ont pas de solutions aux problèmes congolais ».

À l’Assemblée nationale, la motion de défiance de l’opposition contre le ministre de l’Intérieur, accusé dans l’affaire de la désignation de commissaires spéciaux dans les provinces, a été rejetée : en réponse, l’opposition a lancé une pétition contre le président de l’Assemblée nationale accusé de vouloir caporaliser les députés.

De son côté, le gouvernement s’est vivement attaqué aux autorités sénégalaises pour avoir accueilli dans le cadre d’une conférence africaine sur l’alternance démocratique une quarantaine d’opposants et de membres de la société civile accusés de vouloir déstabiliser la RDC : la CENCO, invitée à cette conférence, y a finalement renoncé.

 

En ce qui regarde le processus électoral, la CENI a mis plusieurs préalables à la publication du nouveau calendrier électoral, notamment l’enrôlement des nouveaux électeurs, le problème du fichier électoral et le financement des élections.

De son côté, le groupe des envoyés spéciaux pour les Grands Lacs ont mis en évidence l’enrôlement des nouveaux électeurs qui représenterait 20 % du corps électoral.

 

Dans le domaine de la sécurité, l’envoyé spécial de l’Union européenne pour les Grands Lacs a demandé la reprise sans délai de la coopération militaire entre les FARDC et la MONUSCO.

Sur le terrain, le rapatriement des mutins du M23 réfugiés en Ouganda et au Rwanda est un échec : seuls douze d’entre eux ont été rapatriés d’Ouganda, tandis que des autorités congolaises dénoncent des infiltrations de ces ex-mutins au Kivu.

Par ailleurs, l’organisation Human Rights Watch s’alarme de la forte hausse des enlèvements, surtout dans le territoire de Rutshuru dont une partie était contrôlée précisément par le M23. Toujours au Nord Kivu, une nouvelle attaque attribuée aux rebelles musulmans ougandais de l’ADF a eu lieu dans le territoire de Beni, tandis que le Bureau conjoint aux droits de l’homme des N.U. fait état de l’extrême cruauté de ce groupe armé lors des attaques de la semaine passée dans ce même territoire.

Enfin, dans l’ex-province Orientale, des affrontements armés ont eu lieu entre les combattants du FRPI et les FARDC dans la province de l’Ituri .

 

Dans le domaine de la justice, les tribunaux militaires poursuivent cahin-caha leur travail en province : en Ituri, huit personnes ont été condamnées à des peines de prison ou à des peines de mort pour vols et viols.

 

Dans le domaine social, on signalera que la RDC a gagné onze places au classement mondial de l’indice du développement humain

 

Au Burundi la situation devient de plus en plus dramatique et inquiétante provoquant une agitation diplomatique importante. Après l’attaque de trois camps militaires par des groupes armés non identifiés la semaine dernière, près d’une centaine de personnes auraient été exécutées dans les rues de Bujumbura, le gouvernement persistant à dire que « tout va bien dans le pays »

Par ailleurs, le procès de 28 militaires impliqués dans la tentative de coup d’état de mai dernier s’est ouvert à Gitega : l’avocat belge de quatre d’entre eux a été récusé et menacé d’arrestation par le régime s’il se rend au Burundi

 

Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité, qui a condamné les attaques contre les camps militaires, n’envisage toujours que de mettre en place une petite équipe d’observateurs auprès de l’envoyé spécial de l’ONU au Burundi

Par contre, le Haut Commissaire aux droits de l’homme appelle au déploiement en urgence d’une force de protection et réclame une enquête indépendante sur les exactions par l’envoi d’experts indépendants, tandis que Washington met la pression sur le Secrétaire général lequel évoque la possibilité d’aller au-delà d’une mission politique pour faciliter le dialogue inter burundais

De son côté, la Belgique qui est accusée par le régime d’entrave à la réconciliation burundaise, demande une enquête immédiate sur les derniers évènements et demande elle aussi le déploiement d’une force de protection .

Côté européen, le parlement invite l’UE à geler toute aide non humanitaire au Burundi, tandis que la Commission a débloqué 5 millions d’euros pour venir en aide aux populations victimes de la crise.

Par ailleurs, l’Union africaine a décidé l’envoi de troupes africaines au Burundi avec un mandat de protection des civils, une décision qui reste néanmoins soumise à l’accord de Bujumbura ou, à défaut, des chefs d’Etat de l’UA. Il est toutefois peu probable que les autorités burundaises, qui ne cessent de dénoncer l’immixtion de la communauté internationale dans leur gestion de la crise politique, acceptent un déploiement militaire sur leur sol.

 

Pendant ce temps, le fameux dialogue inter burundais est en panne : le « conciliateur » ougandais, le Président Museveni, demande beaucoup d’argent pour une médiation et est surtout impliqué dans sa campagne de réélection

De son côté, le Rwanda, dont les relations avec le Burundi sont des plus froides, est mis en cause par une ONG internationale à propos de recrutements de réfugiés burundais dans des groupes armés.

 

 

Au Rwanda, l’époux de l’ex-cheffe du protocole du président Kagame en disgrâce, a finalement été acquitté des accusations d’incitation au soulèvement.

Par ailleurs, le TPIR a rendu son ultime verdict en réduisant en appel les peines de six accusés au motif que les procès ne se sont pas tenu dans un délai raisonnable

 

 

République Démocratique du Congo

 

12/12

 

Du 12 décembre 2013 au 12 décembre 2015, deux ans se sont déjà écoulés depuis la signature de «Déclarations de Nairobi», marquant la fin de la rébellion du M23 qui avait occupé pendant plus d’une année plusieurs localités du Nord-Kivu. Mais, à ce jour, Kinshasa et les ex-rebelles s’accusent mutuellement de ne pas respecter les engagements pris dans la capitale kenyane. Parmi les points de blocage: le rapatriement des ex-combattants du M23 qui ont trouvé refuge au Rwanda et en Ouganda. Entre-temps, les défis de reconstruction des « zones libérées » au Nord-Kivu se posent avec acuité. Retour sur les faits.

 

14/12

 

Un civil au moins a été tué dimanche soir lors d’une attaque attribuée aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est de la RDC, a-t-on appris lundi de sources concordantes.”Les ADF ont attaqué la ville d’Oicha, dans le territoire de Beni (nord de la province du Nord-Kivu) vers 17h00″ dimanche, a déclaré à l’AFP un responsable administratif local sous couvert d’anonymat. L’attaque a duré trois heures jusqu’à ce que les assaillants soient repoussés par l’armée congolaise, a-t-il ajouté, joint par téléphone de Goma, capitale du Nord-Kivu.      

 

On dénombre “un civil tué, trois militaires tués, trois civils grièvement blessés et six maisons incendiées”, a ajouté le notable. Le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l’armée dans la région, a confirmé l’attaque et affirmé qu’il n’était pas en mesure d’en donner le bilan en termes de victimes.

 

16/12

 

L’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) s’est alarmée mercredi de la hausse du nombre d’enlèvements contre rançon dans l’est de la RDC. “La hausse alarmante du nombre de kidnappings constitue une grave menace pour la population de l’est de la RDC”, écrit HRW dans un communiqué, appelant Kinshasa à créer “de toute urgence (…) une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, et de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs”.

 

HRW dit avoir confirmé l’enlèvement contre rançon de 172 Congolais et trois étrangers depuis le début de l’année dans le sud-est de la province du Nord-Kivu, en “grande majorité” dans le territoire de Rutshuru. Selon le communiqué, “la plupart des enlèvements documentés par Human Rights Watch ont eu lieu dans des zones contrôlées antérieurement par le M23” (Mouvement du 23 Mars), rébellion majoritairement tutsi soutenue par le Rwanda et l’Ouganda voisins de la RDC et vaincue militairement en novembre 2013.

 

Depuis la chute du M23, nombre d’ONG et d’habitants dénoncent une montée de l’insécurité liée au crime organisé dans le Rutshuru, où sont signalés aussi régulièrement des rebelles hutu rwandais FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda).

 

HRW voit un lien entre l’absence de progrès du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des combattants des groupes armés congolais lancé après la chute du M23 et la hausse des enlèvements. “Les combattants (…) qui se sont rendus au cours des deux dernières années ont été envoyés dans des camps de regroupement où ils ont attendu pendant des mois”, écrit l’ONG, “lassés d’attendre, (certains) sont revenus à leurs groupes armés ou bien se sont tournés vers une autre activité criminelle, notamment le kidnapping.”

 

16/12

 

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les casques Bleus de la Monusco attaquent depuis environ une semaine les positions des miliciens FRPI dans les localités de Mukato, Mabili, Tchanda et Avelulu dans la vallée de Semliki en Ituri. Ces miliciens se seraient retranchés dans cette vallée, ont indiqué mardi 15 décembre les représentants de la société civile locale.

 

Ces opérations sont destinées à traquer ces miliciens et à les éradiquer dans la région, a précisé le Général Jean-Pierre Bongwangela, commandant de la 32ème région militaire. Sur le terrain, ces opérations sont menées par l’armée congolaise au sol avec l’appui aérien des hélicoptères de combat de la Monusco.

 

Un camp des miliciens FRPI a été détruit grâce à ces opérations, a confié un officier de l’armée congolaise. Aucun bilan n’a été fourni par l’armée jusqu’à présent. Selon des sources locales, cette offensive a occasionné un important mouvement des habitants de la vallée de Semuliki.

 

Par ailleurs, les miliciens FRPI continuent de s’en prendre aux civils dans la région. La société civile d’Aveba leur attribue le meurtre d’une femme et le pillage des chèvres mercredi 16 décembre aux villages Nyasona et Kanyoro.

 

 

11/12

 

La Majorité parlementaire de l’Assemblée nationale a rejeté, vendredi 11 décembre, la motion de défiance contre le vice-Premier et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab Mabudj, au sujet de la nomination des commissaires spéciaux. Appelés à diriger les 21 provinces démembrées, ces commissaires et leurs adjoints ont été nommés en octobre dernier par le chef de l’Etat.

 

Après la lecture de la motion de défiance, le président du groupe parlementaire PPRD, Shadary Ramazany a, dans une motion incidentielle, remis en cause l’opportunité de la démarche de l’opposition. La plénière a été agitée et les députés de l’opposition mécontents ont boycotté la plénière.

 

Soutenant la motion incidentielle de Shadary Ramazany, les députés de la Majorité présidentielle estiment qu’Evariste Boshab ne porte aucune responsabilité dans la nomination des commissaires spéciaux. «Où est le problème de Boshab ? Où qu’il a induit le chef de l’Etat en erreur ? Cette réforme, elle est d’abord voulue par la constitution. Nous disons que c’est un acharnement et nous disons non», a indiqué le député Evariste Vetshi.

 

Pour sa part, le député de l’opposition Fabrice Puela parle d’un scénario habituel qui atteste que le camp présidentiel n’est pas sûr de sa Majorité : «Nous suspendons nos activités parce que c’est un abus de la majorité. Nous pensons qu’ils sont complices de la mort de la nation. C’est inadmissible. On est en train de tuer la République avec ça».

 

Face à la problématique de la gestion d’une motion incidentielle face à une motion de défiance, le bureau de l’Assemblée nationale a jugé utile de saisir la Cour constitutionnelle pour avoir un éclairage là-dessus.

 

12/12

 

Les députés de l’opposition ont initié, vendredi 11 décembre, une pétition pour obtenir la déchéance du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku. Ils l’accusent président « d’avoir confisqué la liberté à l’Assemblée nationale » et d’avoir « caporalisé » l’institution parlementaire, après le rejet de la motion de défiance initiée contre le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab.

 

Les députés de l’opposition dénoncent le manque de débat au cours de l’examen de cette motion de défiance. Évoquant le règlement intérieur de la chambre basse du Parlement, ils indiquent que seul le vote devait décider de la suite de cette motion de défiance.

 

C’est à la suite d’une motion incidentielle que la motion de défiance contre Evariste Boshab a été rejetée. « Le refus du débat à l’Assemblée nationale est une violation des règles démocratiques que nous ne pouvons pas cautionner. Par conséquent, nous assignons en pétition en déchéance contre le président de l’Assemblée nationale pour violation flagrante de la constitution, en confisquant la liberté d’opinion à l’Assemblée nationale », a fait savoir le député Albert Fabrice Puela.

 

Dans le communiqué annonçant leur pétition, les députés de l’opposition indiquent également avoir saisi la Cour constitutionnelle en interprétation de l’article 146 de la constitution relative à la procédure de débat sur la motion de défiance contre les ministres. En outre, ils saisissent la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ainsi que le bureau de l’Assemblée parlementaire francophone pour réclamer la déchéance d’Aubin Minaku comme président de cette institution.

 

Les députés de la Majorité ne partagent pas les accusations de leurs collègues de l’opposition. Ils les accusent de s’acharner sur le président de la chambre basse du Parlement. Pour le président du groupe parlementaire PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku est un modèle de tolérance et de démocratie. Selon lui, l’opposition a plutôt perdu ses repères. « Je suis à mon second mandat [comme député]. On n’a jamais eu un démocrate comme Aubin Minaku. On n’a jamais eu un homme tolérant aussi qu’Aubin Minaku. Ce qu’un député de l’opposition a dit aujourd’hui, si c’était un autre président, il allait l’interrompre. Minaku laisse parler tout le monde, il est démocratique à tout point. Il écoute tout le monde », affirme Ramazani Shadary. Le président du groupe parlementaire PPRD assure qu’Aubin Minaku bénéficiera du soutien de sa famille politique. «S’ils ont initié une pétition contre le président Minaku, ils vont trouver une autre contre-pétition contre l’opposition parce que Minaku a la majorité et gère très bien l’Assemblée nationale », indique-t-il.

 

14/12

 

« J’en appelle au sens élevé des responsabilités de tous afin qu’au sortir du dialogue national nous soyons plus unis dans la mise en œuvre d’un processus électoral authentiquement congolais, fruit d’un consensus librement dégagé », a déclaré lundi 14 décembre dans son discours sur l’état de la nation prononcé devant le Parlement réuni en congrès.

 

Pour Joseph Kabila, ce dialogue est l’occasion pour les Congolais de se réunir pour régler eux-mêmes leurs divergences. « Ce n’est pas par la violence que nous règlerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre les Congolais et les Congolaises mus par la fibre patriotique », a martelé le chef de l’Etat.

 

Au sujet du début de ce dialogue, Joseph Kabila n’a pas donné de date précise, évoquant un démarrage « à brève échéance ». « La mise en place en cours du comité préparatoire et celle prochaine de la facilitation internationale permettront à brève échéance le démarrage effectif dudit dialogue avec pour objectif de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant la voie à des élections crédibles et apaisées », a estimé le président de la République.

 

Joseph Kabila a également mis en garde ceux qui s’opposent au dialogue, préférant la violence. « Je ne permettrai pas que les sacrifices consentis ensemble au cours des dernières années pour bâtir la paix soient compromis, sous quelque prétexte que ce soit, par ceux qui, de mauvaise foi et de manière délibérée, choisiront de rester enfermés dans leur posture négativiste, refusant le dialogue au profit des complots contre la République et en promettant sang et sueur à notre peuple. Il n’y aura ni l’un ni l’autre », a-t-il lancé. Pour lui, le peuple congolais aura à choisir entre deux projets de société pour les prochaines élections.

 

« Là où il lui est promis la mort, nous l’assurons que tout sera mis en œuvre pour la vie. Là où on veut tout détruire, notre engagement c’est de construire et de développer sans relâche. À notre peuple de choisir lors des élections lequel des deux projets de société lui convient le mieux », a indiqué Joseph Kabila.

 

Joseph Kabila est revenu sur l’idée de revoir les modalités de vote lors des prochaines élections pour réduire le coût des élections. « Je demeure persuadé que l’option à lever sur les modalités de vote prévues à l’article 47 de la loi électorale à savoir, soit le vote par bulletin à papier soit le vote électronique, pourrait contribuer à réduire substantiellement le coût des opérations électorales », a-t-il affirmé.

 

16/12

 

L’enrôlement des majeurs et le problème du fichier électoral sont les deux préalables majeurs de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avant de publier un nouveau calendrier électoral. Le président de la Centrale électorale, Corneille Nangaa Yabeluo, l’a affirmé mercredi 16 décembre au cours d’une conférence de presse organisée au siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), à Kinshasa.

 

«Tout le monde est d’accord, partis politiques de la Majorité comme de l’Opposition qu’on ne doit pas organiser les élections sans avoir intégré les nouveaux majeurs. Ça pose déjà un problème du fichier électoral. Pour nous, nous pensons qu’il y a déjà un consensus sur ce point et c’est sur ce point que nous commençons déjà à travailler», a déclaré Corneille Nangaa.

 

Dans son rapport publié en novembre dernier, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) avait préconisé l’enrôlement de nouveaux majeurs. À l’issue de sa mission d’audit du fichier électoral, l’OIF a indiqué que plus ou moins deux millions d’électeurs sont déjà décédés. Le président de la Ceni a indiqué que son institution n’est pas capable d’extirper ces morts du fichier électoral. «Avoir des morts dans la liste électorale, ça biaise. Dans un pays où il n’y a pas de registres d’état civil, la Ceni n’a pas la capacité légale, ni technique d’extraire ces morts du fichier électoral», a-t-il poursuivi.

 

Pour Corneille Nangaa, la Ceni fait également face à la contrainte budgétaire pour organiser des élections. Il a estimé nécessaire que la Ceni ait un éclairage net sur la question de financement des opérations électorales avant de publier un nouveau calendrier. «Avec trois calendriers publiés et non exécutés, cela pose problème. Mais cela ne veut pas dire que la Ceni ne va pas publie un calendrier. Même ce soir, elle est capable de publier un nouveau calendrier réaménagé», a souligné Corneille Nangaa.

 

17/12

 

Le président du tribunal militaire de garnison de l’Ituri a indiqué mercredi 16 novembre que huit personnes ont été condamnées à des peines allant de 7 ans à la peine de mort lors des audiences en chambre foraine organisées du 9 au 15 décembre à Mahagi, dans la province de l’Ituri.

 

Il a indiqué que ces personnes condamnées sont essentiellement des militaires poursuivis pour viol, vol à main armée et dissipation des munitions de guerre. Le groupe, on compterait également deux civils qui ont écopé de la peine de prison à perpétuité pour meurtre et association de malfaiteurs et tentative de meurtre.

 

Ces infractions ont été commises depuis le début de l’année 2015 en territoire de Djugu et Mahagi. Le tribunal militaire a traité 10 dossiers au cours de ces audiences foraines.

 

11/12

 

Le groupe d’envoyés internationaux pour la région des Grands Lacs préconisent l’enrôlement de nouveaux majeurs. Ces jeunes sont estimés à environ 7 millions, soit plus de 20% du corps électoral congolais, selon un rapport de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), publié en novembre dernier.

 

Ces diplomates ont fait cette recommandation, vendredi 11 décembre, au sortir d’une audience avec le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), à Kinshasa. «Le lancement de l’enregistrement des électeurs ou l’actualisation de la liste électorale est un élément très important. Nous avons échangé avec le président comment ceci peut se faire dans le meilleur délai. Ça sera un signe fort et une dynamique qui assure la population et les partenaires pour aller vers les élections», a indiqué l’envoyé spécial de l’Union européenne dans les Grands lacs, Koen Vervaeke. Il a également exprimé la volonté de l’Union européenne de soutenir le processus électoral congolais.

 

Pour Koen Vervaeke, seuls les Congolais sont les premiers à dénouer la crise liée à leur processus électoral: «Nous n’avons pas un schéma, c’est aux acteurs congolais d’arriver à un consensus. Le schéma est tracé par le peuple congolais par sa constitution qui est le cadre légal. Ce qui est important, ce que le résultat des élections soit accepté par tous».

 

En septembre dernier, ces envoyés internationaux avaient souligné l’importance de la tenue en RDC des élections présidentielle et législative «dans les délais constitutionnels avec la participation de toutes les personnes éligibles». Ils avaient par ailleurs réaffirmé le soutien de la communauté internationale à la RDC pour organiser des élections transparentes, crédibles et inclusives.

 

 

13/12

 

Le gouvernement de la RDC a accusé dimanche les autorités sénégalaises d’accueillir une réunion d’une quarantaine d’opposants et d’acteurs de la société civile, destinée à “déstabiliser les institutions” du pays.

 

« Nous disposons d’éléments qui indiquent que l’objectif de la réunion de l’île de Gorée est de déstabiliser les institutions en RDC », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, dimanche 13 décembre.

 

Lambert Mende qualifie l’attitude des autorités sénégalaises à propos de ce forum de trois jours « d’inacceptable » et estime qu’elle « dénote d’une forte dose d’irresponsabilité ». Le 11 décembre, le gouvernement congolais s’était déjà ouvertement interrogé sur l’attitude du Sénégal. « Nous sommes choqués que le Sénégal, pays frère et ami, accueille une réunion où l’on planifie des manifestations de rue au Congo, a déclaré à Jeune Afrique, Barbané Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du président Joseph Kabila.

 

La Fondation allemande Konrad Adenauer, coorganisatrice du forum, y a invité uniquement « les organisations politiques et de la société civile congolaises, qui ont publiquement exprimé leurs inquiétudes face à l’avenir du processus électoral en RDC« , en particulier « l’élection présidentielle de 2016 », a quant à lui déclaré l’un des organisateurs sous couvert d’anonymat. Aucun représentant du gouvernement congolais n’a été invité, a-t-on ajouté de même source. Lambert Mende a ajouté que la présence sur l’île de Gorée, en face de Dakar, de militants des mouvements citoyens congolais Filimbi et Lutte pour le changement (Lucha) « pose problème » parce que « ces groupes sont en délicatesse avec la justice » de la RDC.

 

Un des organisateurs de la rencontre de l’île de Gorée a indiqué que la quarantaine de participants a convenu de mettre en place un « Front citoyen 2016 ». Le forum s’est ouvert samedi et doit se terminer lundi.

 

13/12

 

L’envoyé spécial de l’Union européenne pour la région des Grands lacs, Koen Vevaeke, envisage la reprise « sans délai » de la coopération militaire entre les Forces armées de la RDC et la Monusco. Il l’a déclaré dimanche 13 décembre à Goma au Nord-Kivu, à l’issue d’une réunion qui a regroupé le commandant adjoint des forces de la Monusco, le gouverneur du Nord-Kivu ainsi que trois envoyés spéciaux des pays des grands lacs, autour du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Maman Sidikou

 

Koen Vevaeke estime que la collaboration FARDC-Monusco permettra de mettre fin à l’activisme des groupes armés, à la veille d’une année électorale. « Il est urgent, surtout en vue d’une année électorale qui s’annonce qu’on vienne à bout des défis des groupes armés dans l’Est de la RDC. Il est temps d’agir vite et de conjuguer tous les efforts pour venir à bout de toutes les menaces contre les populations civiles dans le territoire de Beni », a affirmé l’envoyé spécial de l’UE, Koen Vevaeke.

 

Selon lui, la coopération FARDC-Monusco a porté ses fruits dans l’Ituri et devrait s’étendre aussi dans d’autres contrées où les groupes armés sont encore actifs. « On souhaiterait que cette même mobilisation se fasse aussi contre les ADF [à Beni au Nord-Kivu]. Hier nous étions à Beni, on a vu les souffrances de la population », a ajouté Koen Vevaeke.

 

Concernant la question des FDLR, il a également émis des vœux de voir la reprise de la collaboration entre les FARDC et la Monusco. « Depuis un an, la coopération est défaillante entre les FARDC et la Monusco. C’est quelque chose qu’il faut surmonter. C’est la vision de l’Union européenne », a souligné Koen Vevaeke.

 

Le gouvernement de la RDC a renoncé, en février dernier, à tout soutien de la Monusco dans les opérations de traque des rebelles rwandais des FDLR. Cette décision a été prise après que la Monusco a contesté la présence dans la chaîne de commandement de deux généraux soupçonnés de violations des droits de l’homme. Après la renonciation du gouvernement au soutien de la Monusco dans la traque contre les FDLR, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon avait exigé le retour de la collaboration entre l’armée congolaise et la Mission de l’Onu.​

 

           

BURUNDI

 

11/12

 

L’armée burundaise a combattu pendant plusieurs heures vendredi matin des assaillants qui ont attaqué simultanément trois camps militaires, deux à Bujumbura et un autre dans la province de Bujumbura rural, à l’est de la capitale. Il s’agit des plus violents affrontements depuis la tentative de coup d’Etat en mai. Douze assaillants ont été tués et 21 capturés, et militaires blessés, selon le porte-parole de l’armée, un bilan largement sous-estimé selon d’autres sources militaires. Signe que l’on est passé à un degré supérieur dans les violences, le colonel Gaspard Baratuza ne parle plus de « criminels armés » mais de l’ennemi.

 

Bujumbura continue de dire qu’il a la situation bien en main et qu’il n’y aura plus jamais de guerre civile dans le pays. Mais ces propos rassurants semblent être contredits par le degré de violence dans les affrontements observés dans la capitale Bujumbura ce vendredi, leur durée et les cibles visées.

 

Combien étaient-ils ces assaillants ? Aucune revendication de leur côté et le pouvoir burundais ne donne aucune estimation, mais ils seraient parvenus à s’introduire dans le camp de base qui abrite une brigade logistique. Ils se sont alors servis en armes et munitions. Certains soldats se sont joints à eux, avant qu’ils ne rallient un autre camp militaire à côté qui abrite l’institut supérieur qui forme les officiers burundais. Ils se sont repliés au bout de trois à quatre heures de combat et seraient parvenus à gagner les hauteurs de Bujumbura rural, où ils sont allés retrouver d’autres combattants qui y sont déjà basés selon des sources concordantes. Parmi eux, de nombreux mutins issus de la police et de l’armée du Burundi et qui sont évalués à quelques centaines d’hommes. Mais les combats ne se sont pas arrêtés pour autant à Bujumbura où une partie des jeunes contestataires du troisième mandat de Pierre Nkurunziza se sont transformés en insurgés armés. Mais personne jusqu’ici ne se réclame de cette rébellion naissante à la recherche de son unité.

 

14/12

 

Le procès de 28 militaires et policiers burundais accusés d’avoir participé à la tentative de coup d’Etat des 13 et 14 mai au Burundi, dont le général Cyrille Ndayirukiye, ancien ministre de la Défense et n°2 du putsch, s’est ouvert lundi, selon des sources judiciaires et des témoins.

 

Le procès a débuté en milieu de matinée devant la Cour suprême – compétente pour juger les officiers supérieurs – siégeant pour l’occasion à Gitega, où sont détenus les 28 accusés, à une centaine de kilomètres à l’est de Bujumbura.

 

Les accusés sont poursuivis pour tentative de coup d’Etat et appel à une insurrection populaire, assassinat de soldats, de policiers et de civils et destructions méchantes (sic) de bâtiments, des crimes passibles de la prison à perpétuité, selon l’acte d’accusation lu par le substitut du procureur, Adolphe Manirakiza. Selon deux témoins contactés par téléphone depuis Nairobi, les détenus ont dénoncé leurs conditions de détention inhumaines et dégradantes, disant vivre à quatre dans des cellules de 2X3 m et être obligés de se soulager dans des seaux qui ne sont vidés qu’au bout de 24 heures.

 

Le procès s’est ouvert sous la protection de nombreux policiers lourdement armés dans la salle d’audience. Les avocats de la défense se sont succédé lundi pour demander à la Cour un report sine die du procès. « Nous avons demandé le report de ce procès car les conditions pour un procès juste et équitable ne sont pas aujourd’hui remplies », a expliqué à l’AFP l’un d’eux, Me Onésime Kabayabaya. On n’a pas eu un accès suffisant au dossier jusqu’ici, certains détenus n’ont pas encore d’avocats et enfin, il y a les conditions indignes dans lesquelles nos clients sont emprisonnés, a-t-il souligné.

 

Le président de la Cour, Albert Nduwimana, a rejeté la demande de report en dénonçant des manoeuvres dilatoires de la part de la défense. Le procès va continuer demain (mardi), a-t-il annoncé avant de clôturer les débats dans l’après-midi, tout en promettant une amélioration des conditions de détention des accusés et une diminution de la présence policière dans la salle.

 

12/12

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné les attaques menées vendredi contre trois camps militaires au Burundi et a appelé au calme et au dialogue politique. Les 15 pays membres ont exhorté tous les protagonistes à s’abstenir de toute violence, a déclaré l’ambassadrice américaine Samantha Power à l’issue de consultations à huis clos.

 

Le Conseil a exigé que tous les groupes armés déposent les armes et cessent toute activité déstabilisatrice afin de mettre fin au cycle de violences et de représailles. Les 15 pays membres ont appelé le gouvernement burundais et tous les acteurs politiques à reprendre sans délai un dialogue qui n’exclut personne afin de prévenir d’autres violences.

 

Mme Power, qui préside le Conseil en décembre, a aussi réaffirmé que le Conseil était prêt à envisager des mesures supplémentaires contre tout protagoniste de la crise au Burundi qui encouragerait la violence ou tenterait de bloquer un règlement politique, une menace voilée de sanctions. Elle a rappelé que le Conseil avait adopté le 12 novembre une résolution d’inspiration française qui autorise l’ONU à déployer éventuellement des Casques bleus au Burundi. Mais pour l’instant l’ONU n’envisage que de mettre en place une petite équipe autour de son émissaire au Burundi Jamal Benomar afin de promouvoir un dialogue politique.

 

Le Conseil a entendu un compte-rendu de la situation fait pas M. Benomar. Celui-ci a souligné que les attaques de vendredi constituaient une escalade inquiétante et que la situation politique à Bujumbura était dans l’impasse, selon des diplomates. Estimant que l’environnement politique se détériore, M. Benomar a insisté sur l’importance d’enclencher un processus politique crédible.

 

14/12

 

La communauté internationale va devoir agir au Burundi, un pays d’Afrique centrale plongé dans une spirale croissante de violences, a affirmé lundi le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. “Nous avons une préoccupation majeure aujourd’hui sur l’Afrique centrale et en particulier au Burundi. Les événements de ces dernières heures sont assez catastrophiques”, avec des violences importantes”, a-t-il déclaré à son arrivée à une réunion à Bruxelles des chefs de la diplomatie des 28 pays de l’Union européenne.        

 

Près de 90 personnes ont été tuées vendredi pendant et après des attaques coordonnées contre trois camps militaires au Burundi, selon un bilan de l’armée faisant état du décès de 79 “ennemis” et de huit soldats et policiers. Ces violences sont les pires enregistrées au Burundi depuis un coup d’Etat manqué en mai, déclenché par la candidature controversée du président Nkurunziza à un troisième mandat, qu’il a obtenu à l’élection qui a suivi en juillet.      

 

“J’espère que nous pourrons avec nos collègues (européens) envoyer des messages vers l’Union africaine comme vers le Conseil de sécurité”, a ajouté M. Reynders, réitérant un appel lancé dimanche dans un communiqué. “Il va falloir agir, on a beaucoup de trop de violences dans le pays”, a-t-il souligné.

 

15/12

 

Pour la communauté internationale, une course contre la montre est engagée en vue d’empêcher le Burundi de sombrer dans la guerre civile, après les affrontements du week-end dernier, les plus sanglants depuis le début de la crise au Burundi fin avril, née de la volonté du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat. Et le président ougandais Yoweri Museveni, médiateur désigné pour la région, est désormais sur la sellette. La communauté internationale le presse de relancer un dialogue interburundais en panne depuis juillet, juste avant une présidentielle boycottée par l’opposition burundaise et dénoncée par la communauté internationale.

 

D’abord la faute aux présidentielles en Ouganda, selon des sources diplomatiques. Candidat à sa propre succession pour la énième fois, le vieux président ougandais est occupé à faire campagne dans son pays. Mais au-delà de cet aspect, il y a deux écueils qui ont fait traîner les choses en longueur. L’Ouganda a proposé une liste de 23 personnalités burundaises invitées pour la reprise d’un dialogue censé mettre fin aux violences au Burundi. Des ministres, des représentants du parti Cndd-FDD au pouvoir, ainsi que des partis et des organisations de la société civile qui lui sont proches. Seules exceptions, Jean Minani, un vieux routier de la politique aujourd’hui en exil, et Pierre Claver Mbonimpa, une figure emblématique de la société civile burundaise, lui aussi en exil. Ils seraient dans ce cas, les seuls représentants des opposants au troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza. Inacceptable aux yeux de l’Union africaine (UA), qui a rendu sa copie au médiateur ougandais pour qu’il la révise. Elle demande donc l’inclusion de l’opposition en exil regroupée au sein du Cnared, dont le gouvernement burundais ne veut pas entendre parler.

 

Enfin, l’Ouganda demande de l’argent, beaucoup d’argent, pour organiser le dialogue à Kampala : près de 2,5 millions de dollars américains, que l’UA n’a pas. Mais depuis les attaques de trois camps militaires au Burundi vendredi et la répression sanglante qui a suivi, l’Union européenne (UE) se dit donc prête à payer, mais elle exige en échange un dialogue le plus inclusif possible et tout de suite. Jusqu’ici, personne n’a mis en cause la médiation du doyen des chefs d’Etats de la région, « mais cette fois, il y va de sa crédibilité », prévient un diplomate.

 

 

15/12

 

Le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, M. Zeid Ra’ad Al Hussein, est « très alarmé » par les derniers développements de la situation au Burundi, a déclaré mardi à Genève une porte-parole des Nations Unies. « Le pays semble avoir franchi un pas de plus vers la guerre civile », a ajouté le Haut-Commissaire, alors que près de 90 personnes ont été tuées vendredi pendant et après des attaques coordonnées contre trois camps militaires au Burundi, selon un bilan de l’armée. « Les tensions ont atteint à présent leur point de rupture à Bujumbura », a encore indiqué le Haut-commissaire, cité par sa porte-parole. Plus que jamais, a ajouté le Haut-commissaire, il y « a un besoin urgent d’une action décisive de la communauté internationale pour mettre fin à cette violence insensée ». « Nous ne pouvons pas tourner le dos à la population du Burundi, à ce moment crucial de leur histoire », a-t-il conclu.

 

Un projet de résolution, qui sera examiné jeudi au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, appelle au déploiement « en urgence » d’une mission au Burundi pour enquêter sur de possibles violations dans ce pays en proie à une crise politique majeure depuis fin avril et l’annonce de la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. La résolution sera débattue lors d’une session extraordinaire du Conseil à Genève, saisi par les Etats-Unis pour examiner la situation au Burundi où des centaines de personnes ont été tuées et plus de 200.000 ont fui le pays depuis le début de cette crise.

 

16/12

 

L’émissaire de l’ONU au Burundi, Jamal Benomar, va se rendre dans les prochains jours au Burundi qui est “au bord d’une guerre civile”, a annoncé mercredi le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.M. Ban s’est déclaré, au cours d’une conférence de presse à New York, “très inquiet de l’escalade de la violence au Burundi” depuis quelques jours.      

 

“Le pays est au bord d’une guerre civile qui risque d’embraser toute la région”, a-t-il dit. “Nous devons tout faire pour prévenir des violences de masse et agir de manière décisive si de telles violences surviennent”. M. Benomar “se rendra dans la région avant la fin de la semaine pour s’entretenir avec l’Union africaine, les pays de la région et le gouvernement burundais”.

 

  1. Ban a exhorté le gouvernement burundais à “contribuer à créer les conditions propices à un dialogue crédible et sans exclusive” entre le pouvoir et l’opposition. Évoquant les options envisagées pour résoudre la crise au Burundi, il a estimé que les Nations unies pourraient être contraintes d’aller au-delà d’une simple mission politique pour faciliter le dialogue. “Selon l’évolution de la situation, il se pourrait que nous devions élever le niveau de notre présence et de nos activités”, a-t-il reconnu.

 

17/12

 

Le Parlement européen, « vivement préoccupé par le nombre de victimes et de cas de violations graves des droits de l’homme » au Burundi, a appelé jeudi l’UE à geler ses aides non humanitaires au gouvernement du président Pierre Nkurunziza. Dans une résolution adoptée jeudi en séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés prient l’UE et ses États membres de geler toute aide non humanitaire au gouvernement du Burundi et à réorienter cette aide vers la société civile, « jusqu’à ce que cessent le recours excessif à la force et les violations des droits de l’homme par les forces gouvernementales », indique le texte.

 

Près de la moitié du budget annuel du Burundi provient de l’aide internationale, avec une contribution de l’UE de quelque 432 millions d’euros pour la période budgétaire 2014-2020. La Belgique a déjà suspendu en novembre un série de projets de développement au Burundi proches des autorités burundaises et n’affectant pas directement la population.

 

Jeudi, la Commission européenne a annoncé débloquer 5 millions d’euros d’aide humanitaire pour secourir la population affectée par l’instabilité dans le pays, portant le montant de l’aide européenne à 14 millions d’euros cette année.

 

 

Le 17/12

 

Selon l’EURAC, Les assassinats ciblés menés dans la nuit du 11 au 12 décembre par les services de sécurité burundais ont fait plus de 200 victimes, la plupart provenant de quartiers de Bujumbura qualifiés de contestataires par le pouvoir depuis le début des manifestations contre le troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza en avril 2015. Ces assassinats font suite aux attaques armées perpétrées le vendredi  11 décembre contre trois camps militaires situés dans les faubourgs de Bujumbura. Bien qu’inacceptables et fortement condamnables, ces attaques ne peuvent en rien justifier les représailles des forces de sécurité à l’encontre de la population civile (assassinats et enlèvements) résidant dans les quartiers de Bujumbura considérés comme contestataires par le pouvoir.

L’ouverture, le 8 décembre, par l’Union Européenne (UE) des consultations au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou afin d’examiner la situation au Burundi et les possibles solutions pour assurer le respect des éléments essentiels visés à l’article 9(2) de l’Accord (c’est-à-dire les droits humains, les principes démocratiques et l’État de droit) n’a manifestement pas abouti aux résultats escomptés. Lors des consultations tenues le 8 décembre, le Gouvernement burundais a prétendu que la situation sécuritaire du pays était sous contrôle. L’UE de son côté a déclaré le même jour qu’elle « considère que les positions exprimées ne permettent pas de remédier globalement aux manquements des éléments essentiels de son partenariat avec la République du Burundi. Ces positions ne permettent pas non plus de répondre de façon satisfaisante aux décisions du Conseil Paix et Sécurité de l’Union Africaine des 17 octobre et 13 novembre 2015, en particulier sur la nécessité de la mise en œuvre rapide d’un dialogue sincère et inclusif, fondé sur le respect de l’accord d’Arusha »

Malgré la gravité des faits survenus les 11 et 12 décembre 2015, les autorités burundaises prétendent que « la situation sécuritaire reste globalement bonne sur toute l’étendue du territoire de la République du Burundi  Il nous faut également déplorer la stratégie du pouvoir en place qui tend à ethniciser un conflit dont les causes sont avant tout politiques. L’enlisement du Burundi dans la crise découle en premier lieu de la décision du régime de permettre à Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel, en contradiction de la Constitution burundaise et des Accords d’Arusha (2000), et d’organiser les scrutins de juin et juillet 2015 dans un contexte ne réunissant pas les conditions nécessaires au déroulement d’élections démocratiques

En outre, la profonde crise politique et sécuritaire que traverse aujourd’hui le Burundi risque de s’étendre sur le plan régional, notamment en raison du nombre de Burundais réfugiés dans les pays voisins qui, selon certaines estimations, s’élèverait à près de 220 000 personnes

Selon le Communiqué de l’EURAC du 17 décembre 2015, le recrutement au Rwanda de réfugiés burundais du camp de Mahama dans des groupes armés non-gouvernementaux pourrait avoir des conséquences néfastes pour la stabilité de toute la région des Grands Lacs

 

18/12

 

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a décidé l’envoi de troupes africaines au Burundi avec un mandat de protection des civils, a annoncé vendredi à l’AFP un diplomate de l’organisation panafricaine. Cette décision reste néanmoins soumise à l’accord de Bujumbura ou, à défaut, des chefs d’Etat de l’UA.

 

“Le Conseil de paix et de sécurité a pris hier (jeudi) la décision d’envoyer des troupes pour protéger les civils” au Burundi, a déclaré à l’AFP Bonaventure Cakpo Guebegde, membre du Bureau régional Burundi et deux Congo au département Paix et Sécurité de l’UA, précisant que la taille du futur contingent n’avait pas “encore été déterminée”. “Désormais, nous avons deux options: soit nous envoyons des troupes avec le consentement du gouvernement du Burundi. Soit nous attendons le consentement des chefs d’Etat africains, ce qui signifie que les deux-tiers devront approuver. Notre option préférée est de parvenir à un accord avec le gouvernement burundais”, a-t-il expliqué.

 

Il est fort peu probable que les autorités burundaises, qui ne cessent de dénoncer l’immixtion de la communauté internationale dans leur gestion de la crise politique dans laquelle est plongé le Burundi depuis huit mois, acceptent un déploiement militaire sur leur sol.

 

Les troupes envoyées au Burundi proviendront de la Force est-africaine en attente, composante régionale de la Force africaine en attente (FAA), a précisé Bonaventure Cakpo Guebegde.

 

RWANDA

 

14/12

 

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), chargé de juger les responsables du génocide de 1994, a rendu lundi son ultime verdict, réduisant en appel les peines de six accusés, dont l’ex-ministre rwandaise de la Famille, Pauline Nyiramasuhuko, seule femme jugée par le TPIR.

 

Les juges ont confirmé la culpabilité de Mme Nyiramasuhuko, 69 ans, incarcérée depuis juillet 1997 et condamnée à la perpétuité en première instance pour entente en vue de commettre le génocide, génocide, extermination et crime contre l’humanité, en l’espèce incitation à commettre des viols, mais ont réduit sa peine à 47 ans de prison car “la violation de son droit à un procès dans un délai raisonnable lui a causé préjudice”, ont indiqué les juges dans leur arrêt.

 

Les peines des cinq co-accusés de Mme Nyiramasuhuko ont été réduites pour les mêmes raisons mais les juges d’appel ont confirmé l’essentiel des verdicts de culpabilité prononcées en première instance contre quatre d’entre eux. La peine du fils de Pauline Nyiramasuhuko, Arsène Shalom Ntabobali, né en 1970 et condamné pour génocide, extermination et viols passe elle aussi de la perpétuité à 47 ans, comme celle prononcée contre l’ex-maire de Muganza (sud), Elie Ndayambaje, condamné notamment pour génocide et “incitation directe et publique à commettre le génocide”.

 

Les juges ont aussi réduit respectivement de 30 à 25 ans et de 25 à 18 ans les peines des anciens préfets de Butare (sud) Alphonse Nteziryayo et Sylvain Nsabimana. Ils ont ramené de 35 à 20 ans la peine de l’ancien maire de Ngoma (sud), Joseph Kanyabashi, l’acquittant des chefs de génocide et d’extermination, ne confirmant que sa condamnation pour “incitation”.

 

16/12

 

Au Rwanda, David Kabuye a été acquitté, mercredi 16 décembre 2015, des faits d’incitation au soulèvement. L’époux de Rose Kabuye, l’ancienne chef du protocole du président rwandais, risquait 15 ans prison. Le capitaine en retraite a été arrêté en même temps que l’ancien chef de la garde présidentielle, Tom Byabagamba et un général en retraite, également en procès.

 

« La justice s’est montrée par les actes », s’est exclamé Maître Gilbert Ndayambaje, l’avocat de David Kabuye. L’ancien capitaine a été accusé d’avoir tenu des propos « incitant à l’insurrection » entre août 2014 et février 2015 alors qu’il purgeait une peine de six mois de prison pour détention illégale d’arme à feu.

 

Les faits remontent en août 2014 lorsque des cadavres sont retrouvés au Burundi dans le lac Rweru. David Kabuye a été accusé d’avoir déclaré que les corps « étaient des personnes enlevées au Rwanda et en Ouganda » ou encore d’avoir dit que le président Paul Kagame « se débarrassait » des personnalités qui l’avaient aidées à prendre le pouvoir et que ce dernier allait « perdre sa Nation ».

 

Au verdict du mardi 15 décembre, les juges ont tranché. Aucune preuve ne fait état de tels propos en « public » de la part de David Kabuye. Il est acquitté. « C’est une décision que nous avons souhaitée, nous avons montré que David Kabuye n’a pas commis ce crime. Il ne doit pas y avoir que des témoignages, mais il doit aussi avoir des preuves », a expliqué maître Gilbert Ndayambaje Son client a toutefois été condamné à cinq mois de détention pour avoir injurié un gardien de prison. Sa détention préventive depuis mars couvrant cette peine, le capitaine en retraite a été libéré immédiatement.

 

David Kabuye et son épouse Rose Kabuye, présente à ses côtés et qui a applaudi le verdict, se sont refusés à tout commentaire.

 

 

14/12

 

Des Burundais réfugiés au Rwanda sont recrutés par des “groupes armés” en violation du droit international, dénonce l’ONG Refugees International (RI) qui appelle, dans un rapport publié lundi, la communauté internationale à “sanctionner” les responsables.

 

Dans ce rapport intitulé “Droit d’asile mis à mal : recrutement de réfugiés burundais au Rwanda”, RI pointe du doigt le “recrutement de réfugiés burundais à l’intérieur du camp de réfugiés de Mahama (dans le sud-est du Rwanda), par des groupes armés non-étatiques, dont le recrutement d’enfants”.

 

L’ONG américaine dit s’être basée notamment sur des témoignages récoltés au Rwanda en septembre et octobre 2015. Plus de 70 000 Burundais, selon l’ONU, ont fui au Rwanda depuis le début des violences dans leur pays, provoquées par l’annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, que l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp jugent contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006).

 

“L’armement des réfugiés burundais au Rwanda représenterait non seulement une grave violation du droit international, mais aussi une grave menace pour la paix au Burundi et l’ensemble de la région”, alerte Michael Boyce, l’un des rédacteurs du rapport.

 

L’ONG appelle le Rwanda, accusé par le Burundi de soutenir un embryon de rébellion, à s’assurer que “tout recrutement de réfugiés cesse immédiatement”. Elle exhorte aussi l’Union africaine (UA) et l’ONU “à sanctionner les acteurs – qu’ils soient burundais ou rwandais – violant le caractère civil et humanitaire du droit d’asile”.

 

Certains réfugiés disent avoir “été entraînés à l’intérieur du Rwanda (…) par des personnes parlant le kinyarwanda (langue nationale du Rwanda, ndlr) et portant des uniformes militaires”, détaille RI.

 

Selon l’ONG, qui milite pour la protection des personnes déplacées, des témoignages font état de “menaces verbales et écrites, de harcèlement, d’intimidations et d’agressions physiques à l’encontre des réfugiés qui refusent d’être enrôlés”. La pression est telle que certains sont contraints de “dormir dans les douches ou les latrines” du camp pour échapper à leurs recruteurs, selon RI. Toujours d’après ce rapport, certains réfugiés burundais assurent avoir été menacés d’arrestation par des responsables rwandais après s’être plaints des tentatives de les enrôler de force.

 

Après rédaction de ce monitoring, l’AETA/SUD KIVU suggère :

Au Gouvernement de la RDC :

  • d’enquêter sur les enlèvements au Nord Kivu et sur l’éventuelle complicité de membres du gouvernement et des services de sécurité, d’évaluer ce qui a déjà été fait et de formuler des recommandations aux services judicaires
  • de soutenir la création d’une unité de police spéciale chargée de documenter les affaires de kidnapping au Nord Kivu et d’y répondre,
  • d’identifier et d’arrêter les ravisseurs présumés, de signaler les allégations de complicité entre les ravisseurs et des officiels, et de travailler avec les membres du système judiciaire pour traduire les coupables en justice dans des procès équitables et crédibles.
  • De Mettre fin à la menace de kidnapping devrait constituer une haute priorité pour le gouvernement congolais
  • De traduire les individus responsables en justice dans le cadre de procès équitables, mais également identifier et agir contre tout fonctionnaire impliqué

Aux Bailleurs/Partenaires du Burundi ( UA, UE, USA, …..) de :

  • soutenir l’envoi d’une mission de maintien de la paix au Burundi dans le cadre des Nations Unies dont le mandat serait de protéger la population burundaise ;
  • demander au Procureur de la Cour Pénale Internationale d’initier en urgence une enquête sur les crimes internationaux commis au Burundi ;
  • maintenir la suspension de tout aide budgétaire au Gouvernement du Burundi et ce jusqu’à ce que le Gouvernement et les forces de sécurité fassent la preuve du retour à un dialogue politique sincère et inclusif, du rétablissement de la situation sécuritaire et du respect des droits humains ;
  • élargir l’application du régime de sanctions individuelles aux responsables politiques et membres des services de sécurités burundais responsables des violations des droits humains et qui représentent un obstacle à l’organisation d’un dialogue politique inclusif 
  • demander à l’Union Africaine de suspendre la participation de l’armée burundaise à la Mission de maintien de la paix en Somalie (AMISOM) et aux Nations Unies de suspendre la participation de l’armée burundaise à la Mission de maintien de la paix en République Centrafricaine

Sources des Informations du Monitoring :

 

RFI, la Voix de l’Amérique, BBC, BELGA, REUTERS, AFP, Jeune Afrique, Radio Okapi, EURAC

 

 

 

Fait à Bukavu, le 19 décembre 2015.

Pour l’AETA SUD KIVU

Bureau du Point Focal

 

 

 

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15-12-18 Special Message of ICGLR Chairman to H.E Nkurunzinza

 
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