RDC: tensions au sein de la majorité pour la succession de Charles Mwando

RDC: tensions au sein de la majorité pour la succession de Charles Mwando
14 oct > 2015

Place du Palais du Peuple à Kinshasa
© Ch. Rigaud – Afrikarabia

Depuis la lettre du G7, appelant, notamment, au respect de la Constitution quelques postes sont vacants dans l’organigramme de la tête de l’Etat. En effet, dans la foulée de ce courrier les membres de ces sept partis issus de la majorité présidentielle (MP) ont été priés de quitter les postes qu’ils occupaient. L’exemple le plus marquant fut sans conteste celui d’Olivier Kamitatu, ministre du Plan, prié de faire ses bagages en quelques heures.

Mais d’autres fonctions, et pas des moindres, sont aussi désormais en déshérence. Parmi celles-ci, le poste très précieux de Premier vice-président de l’Assemblée nationale occupé jusqu’il y a peu par Charles Mwando Nsimba, président de l’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef), membre du G7, ou encore le poste de rapporteur de cette même institution.

Les députés doivent désigner leurs successeurs dans les tout prochains jours.
Ce mardi 13 octobre, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku a rassemblée, en fin de journée, à l’hôtel Vénus, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, près de 200 députés du PPRD et de ses alliés.

Objectif : faire passer un message clair. La majorité a désigné ses candidats et vous êtes priés de voter pour eux. Pour faire passer ce message, le président Aubin Minaku était secondé par Ramazani Chadari, président du groupe parlementaire PPRD. En échange de leur voix, chaque parlementaire percevait 1000 dollars et la promesse d’une somme quatre fois plus élevée après le vote. Cela, s’était pour la carotte. Mais le bâton n’était pas loin. Aubin Minaku a ainsi expliqué qu’il s’agissait d’une demande précise du président et que si ces favoris n’étaient pas élus, il pourrait dissoudre l’Assemblée nationale.

Une menace qui a profondément déplu à quelques élus qui estiment que les candidats présentés par le clan Kabila ne sont pas nécessairement “les plus représentatifs ou les plus méritants de la vie politique congolaise”, nous explique un député présent au Vénus. Et de pointer surtout la candidat avancé pour succéder à Charles Mwando, l’ex-procureur général de la République M. Louwonge, jugé très proche de Jaynet Kabila.

La soirée au Vénus, loin de resserrer les rangs de la majorité, a surtout aiguisé les rancoeurs et accentuer les dissensions entre les députés. Les menaces présidentielles d’une dissolution de l’Assemblée nationale passant mal dans les rangs même du PPRD qui considèrent qu’ils pourraient payer un prix beaucoup trop élevé pour leur… fidélité au président Kabila.

Hubert Leclercq

http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-tensions-au-sein-de-la-majorite-pour-la-succession-de-charles-mwando/

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Elections en RDC : l’UE conditionne son appui à un calendrier révisé et un plan de décaissement

Elections en RDC : l’UE conditionne son appui à un calendrier révisé et un plan de décaissement Publié le mer, 14/10/2015

Une électrice vote dans un bureau de vote à Matadi (Bas-Congo), le 28 novembre 2011.

Radio Okapi

L’Union européenne (UE) est disposée à soutenir l’organisation des élections notamment présidentielle et législatives dans les délais constitutionnels en RDC. Dans une déclaration consécutive à la démission du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’organisation a demandé lundi 12 octobre la publication
du calendrier électoral révisé et un plan de décaissement pour apporter son appui.

Elle dit prendre acte de la démissionde l’Abbé Malumalu, samedi 10 octobre dernier, de la présidence de la Ceni. Selon un communiqué de la présidence de la République lu à la télévision nationale, il a quitté la centrale électorale pour raison de santé.

Dans sa déclaration, l’UE indique que « le travail du président de la Ceni a permis d’asseoir la crédibilité et l’indépendance de cette institution chargée de garantir la neutralité et l’impartialité dans l’organisation d’élections libres, démocratiques et
transparentes ».

Le porte-parole de cette instance internationale affirme attendre la nomination d’un nouveau président afin que la Ceni organise les élections, notamment présidentielle et législatives, en respectant les délais prescrits par la constitution.

L’UE exprime sa volonté, dès que le nouveau président de la Ceni sera nommé, d’appuyer le processus électoral en RDC.

Elle dit attendre la publication du calendrier aménagé le plan de décaissement par la Ceni.
L’UE se dit aussi prête à apporter son concours pour permettre au gouvernement, dans le contexte électoral, « d’assurer une plus grande ouverture de l’espace politique », en
veillant au respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, citant notamment :

La liberté d’expression
La liberté d’association et de manifestation
La protection de tous les acteurs politiques, de la société civile, des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme.

Cette protection se fera conformément à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la Gouvernance et aux engagements pris dans le cadre de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), a promis l’UE.

Radio Okapi
http://www.radiookapi.net/2015/10/14/actualite/politique/elections-en-rdc-lue-conditionne-son-appui-un-calendrier-revise-et-un

Par Wivine Mun.

RDC-Rwanda: vers une nouvelle alliance militaire / Le MSR a officiellement rejoint l’Opposition

RDC-Rwanda : vers une nouvelle alliance militaire
Publié par le Phare, le 7 octobre 2015
 
Au moment où des bruits de bottes se font de plus en plus s’entendre à la frontière congolo-rwandaise, dans la province du Nord-Kivu, on apprend que le député national Martin Fayulu, vient d’adresser une question orale avec débat au ministre de la Défense. Cet élu du peuple veut que ce membre du gouvernement puisse éclairer la Nation sur son projet de réchauffement de la coopération militaire entre la RDC et le Rwanda, dont aucun Congolais n n’ignore les dégâts sur la situation sécuritaire de l’Est. Nos compatriotes ne sont pas près d’oublier le fiasco des opérations militaires mixtes de traque des forces négatives par les armées congolaises et rwandaises, conclues en 2009, et qui avaient fini par servir de rampe de lancement au M23, après une fausse reddition du CNDP du sinistre général Bosco Ntaganda.
Mais en attendant le face à face Fayulu-Ngoy Mukena, la Coalition des partis de l’Opposition basés au Nord-Kivu viennent de donner de la voix, en attirant l’attention des parlementaires (députés et sénateurs), sur les risques d’une nouvelle invasion de cette province par un nouveau mouvement rebelle, instrumentalisé par le Rwanda, et composé par des ex-combattants du M23. Ces forces politiques en prise directe avec les réalités du terrain redoutent un nouveau mariage contre-nature entre les FARDC et l’armée rwandaise, alors que celle-ci s’apprêter à les poignarder de nouveau dans le dos, comme c’était le cas lors des rébellions du CNDP et du M23. Comme en 2009 et 2012, l’alerte à un nouveau coup fourré de Kigali contre la paix au Nord-Kivu est en gestation. Par conséquent toute distraction est interdite, de même que toute alliance diabolique.
Ci-dessous, la lettre ouverte de la Coalition de l’Opposition  adressée aux parlementaires, présentement en session au Palais du Peuple :
Messieurs et Mesdames,
 
  1. « Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité» (art.52, al.1 de la constitution congolaise du 18 février 2006). Pourtant, en sollicitant l’intervention des troupes rwandaises sur le territoire congolais lors de la réunion des ministres de défense du Rwanda et de la ROC tenue à Kigali du 23 au 24 septembre dernier, le Gouvernement congolais vient à nouveau de déposséder les populations congolaises du Nord-Kivu de ce droit fondamental dont elles avaient à peine commencé de jouir depuis 2013 à la faveur de la victoire des F ARDC appuyées par la Brigade d’Intervention de la MONUSCO sur le M23.
 
  1. Pour la Coalition des partis politiques de l’opposition au Nord-Kivu, COPAP en sigle, la démarche du ministre de la Défense en allant solliciter la collaboration du Rwanda est une façon, pour notre Gouvernement, de couvrir, pour la nième fois l’agression de la RDC par le Rwanda. En effet, il y a à peine cinq mois, en date du 23 avril 2015, que le Gouverneur de province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a publiquement dénoncé la création par le Rwanda d’une nouvelle rébellion constituée des ex-M23 dénommée « Mouvement chrétien pour la Reconstruction du Congo ». Par la même occasion, le Gouverneur de province a déclaré : « je confirme l’infiltration de l’armée rwandaise sur le sol congolais, à l’intérieur du territoire national, à presque un km sur la colline appelée Musongoti.» Même à ce jour les populations habitant les zones frontalières continuent à assister nuit et jour aux défilés des militaires rwandais sur le territoire congolais en l’absence curieuse de nos forces de défense qui, selon le porte-parole de la 34e région militaire entendu sur radio Okapi le 28/9/2015, se seraient retirées sur ordre de la hiérarchie militaire de Kinshasa, pour des raisons tactiques. Quelle trahison!
 
  1. Les Congolais du Nord-Kivu ont été fort scandalisés par les propos tenus par Ngoy Mukena lors de la réunion’ de Kigali du 23 au 24 septembre 2015, d’après lesquels Paul Kagamé serait un « homme providentiel pour la région des Grands-Lacs!». Quel outrage envers les victimes congolaises de multiples agressions du Congo par le Rwanda! Quel Congolais oubliera:
 
L’enlèvement suivi de mort de deux officiers militaires congolais et la disparition jusqu’à ce jour de Emmanuel Muhima, activiste des droits de l’homme au Nord-Kivu, suite à l’incursion de l’armée rwandaise à Kanyesheja (territoire de Nyiragongo) en date du 11 juin, l’assistance directe du gouvernement rwandais dans la création du M23 ainsi que son soutien matériel, financier et ‘humain aux rebelles de ce mouvement (cf. rapport final des experts de l’ONU sur la RDC du 12 novembre 2012) ? La présence discrète de deux bataillons spéciaux rwandais en territoire de Rutshuru depuis janvier-février 2009 jusque fin août 2012 ? Les propos humiliants de James Kabarebe qualifiant notre armée d’« incapable de tuer même un rat» et la RDC d’un grand trou noir, sans gouvernement ni armée! i) ? Les guerres meurtrières de Kisangani, Bukavu, etc. ? Pour la COPAP, ces propos extrêmement insultants de Ngoi Mukena ne devraient pas resté impunis!
 
4.       -Dans l’hypothèse d’un  probable accord de coopération militaire du genre « Umoja Wetu » de triste mémoire, la COPAP ne comprend pas comment les FARDC qui ont vaillamment mis en déroute le M23 en 2013 peuvent être impuissantes pour neutraliser « les forces résiduelles» des FDLR. En effet, lors de son point de presse du jeudi 03 avril 2014, Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement congolais, a fait savoir que « l’effectif des FDLR serait estimé en ce temps-là, sur l’ensemble de l’est de la RDC à moins d’un millier de combattants ». En plus, affirmait-il, à cette réduction d’effectifs, il fallait ajouter la destruction par les Farde de tous leurs sanctuaires et quartiers généraux, mais aussi « le tarissement de leurs sources de financement du fait que les opérations menées par les troupes gouvernementales les ont boutés hors des carrières minières où ils se livraient à l’exploitation illégale des ressources congolaises ». Lambert Mende concluait en affirmant que la capacité de nuisance des FDLR avait été réduite de plus ou moins 90% et leur commandement militaire totalement déstructuré ».
 
  1. En outre, le Gouvernement congolais a sciemment résolu de se passer de l’appui de la Brigade d’Intervention de la Monusco dans la neutralisation des FDLR alors que l’apport inoubliable de cette Brigade dans la mise en déroute du M23 en 2013 demeure un gage substantiel d’espoir de paix à l’Est de la RDC aux yeux de nombreux congolais. A contrario, le choix du Gouvernement congolais de solliciter la coopération militaire du Rwanda qui fait pourtant partie au problème, montre à suffisance qu’il y a anguille sous roche!
 
  1. En définitive, pour la COPAP, le but recherché par le Gouvernement serait de créer une nouvelle situation de force majeure. Une vraie garantie pour le glissement. L’on se souviendra qu’en l’absence du moindre état de guerre, le pouvoir en place a réussi, à travers l’arrêt controversé de la Cour Constitutionnelle, à transformer sa turpitude de découpage précipité et irresponsable de nouvelles provinces en cas de force majeure; ce qui lui a permis non seulement d’annuler la tenue des élections provinciales pourtant déjà convoquées par la CENI, mais aussi et surtout de violer la Constitution, en prenant de mesures soi-disant exceptionnelles pour doter les nouvelles provinces des Commissaires spéciaux» à la place de Gouverneurs élus (cf. art. 198, aI2). Le Pouvoir a peur des élections.
 
  1. Pour ce qui nous concerne, l’alternance démocratique dans le respect des délais constitutionnels est impérative et non négociable. N’en déplaise au Pouvoir en place, le nouveau Président élu prêtera serment le 20 décembre 2016 !
C’est pourquoi, nous, Coalition des partis politiques de l’opposition au Nord-Kivu, recommandons ce qui suit:
 
  1. Au Parlement congolais:
 
            D’exiger au Gouvernement congolais la clarification de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC. Faute de cette clarification, voter une motion de censure contre ce Gouvernement et traduire le Premier Ministre en justice pour haute trahison. D’exiger la reddition des comptes pour trouver la trace des provisions budgétaires affectées à l’organisation des élections depuis 2012.
 
  1. A la MONUSCO :
 
– D’appliquer son mandat d’imposition de la paix sans complaisance, que soient les auteurs de la déstabilisation du Congo ;
 
– Au Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Chef de la MONUSCO d’user de ses bons offices en vue d’un calendrier électoral consensuel et surtout d’un climat politique apaisé.
 
  1. A la population congolaise:
 
De rester mobilisée derrière les FARDC pour mettre en échec tous les ennemis de la paix comme à l’époque du M23, seul gage de la bonne tenue des élections en 2016 ;
 
De rester vigilante et capitaliser les acquis des manifestations du 19 au 22 janvier 2015, de manière à mettre en échec toutes les manœuvres pouvant conduire au glissement;
 
De rester mobilisée autour du processus électoral afin de remplir son devoir civique d’élire ses nouveaux dirigeants.
 
Seule la lutte libère!
 
Fait à Goma, le 29 septembre 2015
 
Pour les partis politiques de l’opposition au Nord-Kivu
 
– ECIDé M. KASEKWA J.B, SECRETAIRE FEDERAL/NK
– UNC : Me DAVID MUTUMAYI / SECRECRETAIRE FEDERAL ADJOINT
– MLC / OLIVIER KAKUTSA / PRESIDENT FEDERAL
– RCD/KML:  NGULUMIRA AMINI, PRESIDENT SOUS FEDERAL
– UDECF : KAKULE MWINDIKWA BAUDOUIN / SECRETAIRE FEDERAL NORD KIVU
– DCF/N : Me RENE KIUNDA MUHINDO
– PTC : KAKULE KAYENGA
– PK : OSCAR KABERA
– PCP : BARTHAZAR KALENGA
– FDCD : AIME KULIMUSHI / PRESIDENT FEDERAL
Dissident de la MP et membre du G7 : le MSR bascule dans l’Opposition
Le Phare de 08 0ctobre 2015
Exclu ou « auto-exclu » de la Majorité Présidentielle depuis le mercredi 16 septembre 2014, après la lettre sulfureuse adressée par le G7, dont il fait partie, au Chef de l’Etat, dont la trame s’articulait autour du refus de le voir postuler pour un troisième mandat, le MSR (Mouvement pour le Renouveau de la République), vient de basculer dans l’Opposition. L’acte officiel d’adhésion a été concrétisé le mardi 06 octobre, à travers la lettre d’Yves Mobando, 1er Vice-président de ce parti, annonçant au Bureau de l’Assemblée Nationale que celui-ci siégerait désormais à l’hémicycle de Lingwala comme « Groupe parlementaire » de cette famille politique.
La conséquence immédiate de cette option est que la Majorité Présidentielle perd automatiquement les 32 députés restés fidèles à Pierre Lumbi, leur « Autorité morale », élus en 2011 sur la liste de cette formation politique. On croit savoir que le MSR vient d’annoncer les couleurs de la suite du feuilleton G7. Car il est plus que certain que dans les jours, sinon les heures qui suivent, ses alliés, à savoir l’Unafec de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, l’Unadef de Charles Mwando Nsimba, l’ARC d’Olivier Kamitatu, le PDC de José Endundo, l’ADP/MSDD de Christophe Lutundula et l’ACO de Danny Banza, ne vont pas manquer d’abattre leurs cartes.
Leur prochaine destination est pratiquement connue : l’Opposition parlementaire. Selon les chiffres en circulation au Palais du Peuple, la Majorité Présidentielle va être délestée, très bientôt, d’au moins une quatre-vingtaine de députés. Associé à l’ancien contingent de l’Opposition Parlementaire, dont le quota affichait plus de 80 élus, le G7 risque de faire très mal à la famille politique du Chef de l’Etat, sur le terrain des débats et, – pourquoi pas ? – du vote.
On rappelle à ce sujet qu’en marge de son érection en plate-forme politique, une semaine après son « auto-exclusion » des rangs de la Majorité Présidentielle, Pierre Lumbi, Mwando Nsimba, Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, José Endundo, Christophe Lutundula et Danny Banza avaient fait savoir, dans leur déclaration politique, qu’ils allaient poursuivre, au Palais du Peuple, le combat du respect strict de la Constitution.
Ce message se voulait, en d’autres termes, celui du refus de toute tentative de « glissement » du mandat présidentiel ainsi que de ceux des députés, sénateurs et députés provinciaux, dont les institutions ont besoin de garder ou de retrouver la cadence normale du cycle électoral.
Elargissement du front du refus
Même si, dans les états-majors politiques de plusieurs partis de l’Opposition, la prudence est de mise face à l’arrivée des « migrants » venus de la Majorité Présidentielle, les observateurs notent que le camp du refus de toute révision constitutionnelle et de toute prolongation des mandats des animateurs actuels des institutions de la République, s’est élargi. Déjà très active lors des débats sur des questions sensibles, mais terriblement fragilisée par sa minorité numérique, l’Opposition parlementaire est en passe d’engranger, sur un plateau d’or, des alliés naturels qui pourraient peser très lourd aussi bien dans les débats que lors des votes. On peut penser que la majorité mécanique de la famille politique du Chef de l’Etat, qui faisait passer, comme des lettres à la poste, les projets et propositions de loi, les interpellations, les motions de défiance et de censure, les questions orales et écrites, fera désormais moins de dégâts au Palais du Peuple.  Kimp
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RDC : le gouvernement appelé à signer le plan de décaissement pour organiser les élections
Radio Okapi, publié le mercredi, 07/10/2015
Une dizaine d’organisations de la société civile recommande au gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) de signer un plan de décaissement pour que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) organise les élections dans un délai constitutionnel. Dans une déclaration faite mercredi 7 octobre à Kinshasa, cette synergie appelle aussi le Parlement à allouer le fonds nécessaire pour la tenue des scrutins prévus.
« Que le gouvernement signe, toutes affaires cessantes, le plan de décaissement pour permettre à la Ceni d’organiser les élections. Qu’il facilite la mise en place de la centrale d’achat de matériels électoraux », a exhorté Me Sylvain Lumu, membre de cette synergie.
Ces ONG invitent aussi le chef de l’Etat “à apaiser la nation sur cette question électorale qui marque le contexte politique du pays”. La synergie de la société civile demande à la Ceni de se montrer indépendante vis-à-vis de toutes les parties prenantes au processus électoral ; et de réaménager le calendrier électoral pour le publier au courant de ce mois d’octobre 2015. Elle dit avoir constaté avec regret que plusieurs calendriers publiés par la Ceni n’ont pas bénéficié de l’appui escompté du gouvernement et d’autres partenaires. C’est ce qui a fait que les scrutins prévus en 2015 n’ont pas eu lieu, regrette-t-elle.
Dans ses investigations, la synergie évoque principalement l’absence du plan de décaissement signé par le gouvernement qui devrait allouer les ressources nécessaires aux opérations électorales. Elle rapporte que ceci constitue une des contraintes majeures de la Ceni et qui met en exergue la responsabilité du parlement et du gouvernement dans le blocage du processus électoral.
Ces ONG qui se disent engagées dans une synergie pour la réussite des élections en RDC ont formulé ces recommandations à l’issue de leurs travaux qui se sont tenus à Matadi dans le Kongo central du 29 septembre au 2 octobre 2015. Les participants avaient réfléchi sur le processus électoral et les enjeux y afférents.

Calendrier électoral réaménagé – Les trois scénarii de la Ceni

Le Potentiel, publié le mercredi 7 octobre 2015
 
Les provinciales en juillet 2016, la présidentielle et législatives en novembre. La présidentielle en juillet 2016 et les deux législatives en novembre. La présidentielle et les deux législatives en novembre 2016
 
Jugé à la fois irréaliste et ambitieux, le calendrier électoral global du 12 février 2015 a volé en éclats. Dépassée et à court de liquidités, la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) pense réaménager son calendrier pour rattraper le temps perdu. L’exercice est périlleux. La Ceni le sait. Pour s’en sortir, ses experts ont imaginé trois scénarii possibles. Des sources crédibles le confirment ! Mais, soumise à de fortes pressions, la Centrale électorale hésite à les mettre sur la place publique. Plus que jamais, le réaménagement du calendrier électoral paraît inévitable. Le Potentiel
Des contraintes en tous genres ont eu raison du calendrier électoral global rendu public le 12 février 2015. Pourtant, dès sa publication, des voix s’étaient élevées pour dénoncer le caractère irréaliste de ce calendrier. Mais, la Ceni est restée de marbre, convaincue de ses capacités à relever le défi. Huit mois après, la Ceni patauge. Pire, elle se perd en conjectures, multipliant des exceptions pour étaler son incapacité à exécuter son calendrier électoral.
 
Aujourd’hui, l’unanimité est totale sur le réaménagement du calendrier électoral du 12 février 2015. Tout récemment, la Cour constitutionnelle a enjoint la Ceni de réaménager son calendrier enfin d’assurer la poursuite du processus électoral. Des sources internes de la Centrale électorale, il ressort que ce calendrier réaménagé serait déjà apprêté. Il ne reste plus que sa publication qui reste conditionnée à certains préalables ne relevant pas de la seule compétence de la Ceni.
 
En effet, les uns estiment que la publication, par ce temps de fortes turbulences politiques, d’un calendrier électoral réaménagé obstruerait la voie à toute possibilité de glissement en faisant du mois de novembre 2016 une fixation. Par ailleurs, l’on craint que ce calendrier réaménagé installe dans l’opinion, une sorte de psychose à l’approche de cette échéance. D’autres, par contre, sont d’avis que ce projet de calendrier devait décrisper la situation politique en donnant plus de visibilité au processus électoral.
 
La Ceni est dans l’embarras. C’est son indépendance qui est en jeu. Doit-elle se plier au diktat de cette main invisible qui semble la régenter ? Ne doit-elle pas au contraire faire preuve d’indépendance, en usant pleinement des pouvoirs que lui confère la loi ?  La Ceni est donc tiraillée de toutes parts. La classe politique qui répète à longueur des journées que la Ceni serait son émanation et elle compte sur cette usure afin que le dialogue coupe l’herbe sous le pied de la centrale électorale. En se prêtant au jeu, pire en acceptant de subir les pressions des politiques, la Ceni joue sa crédibilité. Dans les tiroirs de la Ceni, un projet de calendrier électoral serait déjà ficelé. Mais, pourquoi hésite-t-elle à le publier ? Difficile à comprendre.
 
Au regard du grand retard accumulé dans la réalisation des étapes préalables prévues dans le calendrier électoral du 12 février 2015, il est quasi-impossible de se rattraper, d’autant plus que le temps, qui n’est pas un allié de ceux qui traînent les pieds, a continué de poursuivre allègrement son cours. Les législatives provinciales, prévues pour le 25 octobre, n’auront pas lieu. C’est une évidence. La Ceni a semblé honorer cette échéance avant de se rétracter. De leur côté, les candidats aux provinciales s’étaient acquittés de l’obligation légale de paiement de caution.
 
La Ceni est consciente d’un danger : la perte de sa crédibilité. Pour se rattraper, elle doit se démarquer de cette main noire qui la tient en otage. Pour l’instant, elle semble ne pas en avoir le moyen. Aussi hésite-t-elle à publier le calendrier électoral réaménagé sur lequel ont tablé ses experts.
 
Sur le boulevard du 30 Juin, au siège de la Ceni, le secret est jalousement gardé dans la citadelle en face de l’immeuble de l’ex-Onatra, transformée en forteresse. Du coffre-fort fermé à double-clé, des fins limiers sont parvenus à prendre connaissance du contenu de ce précieux et délicat papyrus.
Trois scénarii sont en jeu
Le premier scénario se décline par la tenue des législatives provinciales en juillet 2016, la présidentielle et législatives en novembre de la même. Le deuxième est celui consistant à avancer la présidentielle en juillet 2016 et les deux élections législatives (nationales et provinciales) en novembre 2016. Le troisième scénario voudrait que la présidentielle et les deux élections législatives se tiennent simultanément en novembre 2016.
 
Dans tous les cas, les locales et municipales devraient être renvoyées au-delà de 2016, préconise la Ceni. Parviendra-t-elle à imposer ce point de vue. C’est la clé de l’énigme. Pour l’instant, l’on doit reconnaître que la Ceni tente de jouer la partition, à sa manière. Elle est restée constante dans sa démarche, s’efforçant de s’aligner, dans ses différentes simulations, aux délais incompressibles fixés par la Constitution de la République démocratique du Congo.
La Nation dans l’attente d’un signal fort de Kabila
Le Phare, le 8 octobre 2015
Les inquiétudes exprimées par la « Synergie de la Société Civile pour la Réussite des Elections en République Démocratique du Congo » au sujet du blocage du processus électoral font penser aux préoccupations soulevées, sur le même sujet, par le Groupe des 7 partis politiques (MSR, Unafec, Unadef, ARC, PDC, ADP/MSDD et ACO), dans leur lettre expédiée au Chef de l’Etat en date du 14 septembre 2015. En tournant et retournant les conclusions du forum de Matadi, l’on note qu’à treize mois de la fin de la législature en cours, le train des élections doit être lancé ici et maintenant.
            Si rien n’est fait d’ici février 2016 au plus tard, c’est le « glissement » de tous les dangers ! En effet, des réponses immédiates doivent être apportées aux questions du financement des scrutins, d’actualisation du calendrier électoral en fonction des élections prioritaires (présidentielle, législatives nationales et provinciales), d’audit du fichier électoral, d’enrôlement de nouveaux majeurs, etc. Concrètement, les opérations préélectorales devraient démarrer sans tarder au cours de ce mois d’octobre 2015.
            S’agissant du flou qui persiste au sujet de la retraite politique du Chef de l’Etat actuellement en fonction, à qui le G7 avait conseillé de respecter la Constitution, le commun de Congolais est resté sur sa soif, après la réunion de la Majorité Présidentielle, le dimanche 04 octobre à Kingakati. Il est vrai qu’à cette occasion, Joseph Kabila est effectivement monté au créneau pour déclarer, haut et fort, qu’il n’a jamais donné mandat à quiconque de rouler pour la modification de la Constitution.
            Pour nombre d’analystes politiques, cette sortie en circuit fermé, sous la casquette de chef d’un regroupement politique, ne pouvait dissiper l’épais doute qui persiste au sujet de son intention ou non de briguer un troisième mandat ou de prolonger indéfiniment celui en cours. Le meilleur moyen de mettre définitivement fin aux spéculations, pense-t-on, serait d’adresser à l’ensemble de la Nation, à travers le Parlement réuni en Congrès, ou à l’occasion des fêtes de cette fin d’année, un message clair et sans équivoque, en rapport avec son engagement de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle.
Car, à Kingakati, l’impression ressentie par beaucoup est que l’Autorité morale de la Majorité Présidentielle répondait exclusivement au G7, jugé coupable d’avoir porté un débat interne sur la place publique. Des millions de Congolaises et Congolais sont censés n’avoir pas été mis au courant de ce qui s’est dit à Kingakati. D’où l’impératif de les fixer à travers un discours public de clarification, afin que personne n’allègue plus le prétexte de l’ignorance.
            L’on peut toutefois se réjouir du fait que Pierre Lumbi, Charles Mwando, Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, Christophe Lutundula et Danny Banza ont fait sauter le verrou qui enveloppait, à l’intérieur de la majorité, le dossier de la succession de Joseph Kabila. Sujet jusque-là tabou, l’alternance au sommet de l’Etat, sans lui, peut désormais être débattu, sans tabou, sur les places publiques. Ce que l’Autorité morale de la Majorité présidentielle aurait intérêt à faire, pour faire bouger réellement les lignes, c’est de demander à ses troupes de réfléchir sur un candidat unique ou un panel de candidats à aligner pour la présidentielle de novembre 2016. Cela ferait tomber la psychose du « glissement » qui continue de hanter de nombreux esprits. Kimp
 
4 mois après la plainte déposée par Luzolo Bambi, silence total
La Tempête des tropiques, 7 octobre 2015
Lutte contre la corruption, blanchiment des capitaux et financement du terrorisme : 4 mois après la plainte déposée par Luzolo Bambi, silence total. On se demande si cette démarche du chef de l’Etat n’était qu’un coup d’épée dans l’eau, ou alors, les prétendus coupables seraient prêts à éventrer le boa, raison pour laquelle l’affaire est visiblement classée sans suite.
Le chef de l’Etat Joseph Kabila, à travers son conseiller spécial en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, Luzolo Bambi Lesa, avait déposé, mardi 23 juin 2014, sa toute première plainte contre la corruption au Parquet général de la République. C’était la panique générale dans le propre camp de la Majorité présidentielle où, selon des indiscrétions, des gouverneurs en fonction seraient mis en cause. Certains avaient même promis d’éventrer le boa au cas où leurs noms seraient cités dans cette plainte.
Aujourd’hui, près de quatre mois après, c’est le silence total. Le parquet général n’a jamais donné suite à l’évolution de prétendues enquêtes initiées pour mettre la main sur les coupables. De son côté, le conseiller spécial est resté aphone.
Pour certains acteurs politiques de l’Opposition, c’était, pour le pouvoir, une stratégie de détourner l’attention de la population sur les brûlantes questions qui dominaient, à cette époque, l’actualité politique en République démocratique du Congo. Car, des pressions étaient exercées par la classe politique de l’Opposition pour contraindre le pouvoir en place à accorder des moyens à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en vue d’enrôler les nouveaux majeurs, et barrer la route aux consultations initiées par Joseph Kabila dans le but, selon plusieurs Congolais, de ne pas respecter le délai constitutionnel pour la tenue de la présidentielle en 2016.
De leur côté, les organisations non gouvernementales des droits de l’homme qui avaient salué l’initiative, avaient néanmoins mis en garde contre toute velléité de verser dans les règlements de compte pour écarter quelques personnalités de la course au pouvoir en 2016. Pour ces Ongdh, la démarche avait donc des visées politiques.
On se demande donc si cette plainte n’était qu’un coup d’épée dans l’eau, ou alors, les prétendus coupables sont prêts à défier le chef de l’Etat, raison pour laquelle l’affaire est classée sans suite. Selon Luzolo Bambi Lesa, plusieurs plaintes provenant des dénonciateurs dont s’était approprié Joseph Kabila, font état de détournements de deniers publics et de corruption presque dans tous les secteurs de la vie nationale. Ce conseiller avait soutenu que le chef de l’Etat venait ainsi d’accomplir sa part de responsabilité. « A la justice aussi d’accomplir la sienne », avait déclaré Luzolo Bambi.
Il faut noter qu’en entrant en fonction, ce dernier avait promis d’agir et d’en faire le rapport dans les trois mois. Deux mois après, il avait indiqué que la corruption est devenue endémique en RDC, et qu’il fallait l’arrêter, dénonçant une fraude fiscale de 15 milliards $US enregistrée au pays chaque année, alors que son budget annuel est de 8 milliards.
Malgré la multitude des dossiers sans nul doute à traiter, l’opinion pense que le Parquet général de la République pouvait faire de son mieux pour accorder la priorité à cette plainte déposée par le chef de l’Etat, de surcroît Magistrat suprême. Il se peut que les enquêtes soient suspendues pour des raisons politiques. Possible en République démocratique du Congo. Mais c’est chaque matin que certains ministres claironnent aux oreilles de ceux qui veulent les entendre que la justice est indépendante dans ce pays, et que le principe de séparation des pouvoirs est de stricte observance. Par Lefils Matady
Distribué par:
Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.
Montréal (Québec), Canada
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DR Congo: Officials Linked to Attack on Protesters [HRW]

En français ci-dessous.
 
For Immediate Release

DR Congo: Officials Linked to Attack on Protesters

Growing Crackdown Against Political Opponents

(Kinshasa, October 6, 2015) – Senior security force and ruling party officials in the Democratic Republic of Congoappear to have hired thugs to assault a peaceful political demonstration in the capital, Kinshasa, Human Rights Watch said today.

On September 15, 2015, a group of youth brutally attacked a public meeting organized by political opposition leaders to call for President Joseph Kabila to step down after his constitutionally mandated two-term limit ends in December 2016. The assailants were armed with clubs and wooden sticks and beat the demonstrators, spreading fear and chaos throughout the crowd of several thousand protesters. More than a dozen demonstrators were injured, including some who were trampled trying to flee.

“People in Congo have the right to demonstrate peacefully about presidential term limits without being attacked by hired thugs,” said Ida Sawyer, senior Africa researcher at Human Rights Watch. “The apparent involvement of senior security and ruling party officials in the violent attack shows the ugly depths to which the authorities are willing to go to block opposition protests.”

Human Rights Watch observed the September 15, 2015 demonstration and interviewed victims, witnesses, medical workers, and several assailants. 

The assailants included members of the “youth league” of Kabila’s People’s Party for Reconstruction and Democracy (PPRD), many of whom are known to practice martial arts, and youth associated with Vita Club, one of Kinshasa’s main soccer teams. Intelligence agents from the National Intelligence Agency (Agence Nationale de Renseignements, ANR), police officers, and soldiers, all wearing civilian clothes, also allegedly participated in the attack.

Several young men who said they participated in the attack told Human Rights Watch they were among more than 100 youth recruited by senior security officers and PPRD officials. They said each recruit was paid about US$65. The recruits said they were called to a meeting with officials at a military camp in Kinshasa the night before and “given instructions on how to conduct the attack.” One of them said, “We were told to start attacking the demonstrators and create disorder as soon as one of the opposition leaders insulted President Kabila.” The recruits were provided with transport the next morning to the neighborhood where the opposition demonstration was taking place.

Police deployed to provide security at the demonstration did not stop the stick-wielding assailants when they arrived, but stood by and watched. The police only intervened some time later when the angry protesters turned on the assailants and started beating them.

One of the assailants who was beaten later died from his wounds. Police officers quickly took his body to one of the city’s morgues. A morgue employee told Human Rights Watch that senior police officers told morgue employees they were not to touch the body or inform anyone about its presence. They instructed employees to label it a “body of the state,” preventing family members from claiming it. Human Rights Watch has documented previous cases in which the security officials have identified a corpse as a “body of the state” to cover up politically problematic deaths.

Witnesses told Human Rights Watch that Kinshasa’s police commissioner, Gen. Célestin Kanyama, was among at least three senior officials at the recruitment meeting the night before the demonstration who gave instructions about how to conduct the attack. Kanyama has previously been implicated in serious human rights abuses, including for his command role during the crackdown in January against demonstrators that left at least 38 dead.

The police should remain apolitical, impartial, and uphold the right to peaceful assembly of all Congo’s citizens, Human Rights Watch said. The United Nations peacekeeping mission in Congo, MONUSCO, could help deter future attacks by deploying UN police at political demonstrations. MONUSCO’s mandate under Security Council Resolution 2147 provides for it to “[e]nsure, within its area of operations, effective protection of civilians under threat of physical violence.”

The September 15 attack was only one of the latest incidents in a growing crackdown on those who oppose a third term for Kabila or any delays in national elections scheduled for November 2016. With preparations for elections already behind schedule, concerns have been raised that Kabila and his supporters might encourage election delays thereby allowing a glissement, or sliding, of the election date into an extension of Kabila’s term.

Two political party leaders and four youth activists were recently convicted of inciting civil disobedience or other trumped-up charges after speaking out against political repression or calling for the release of arbitrarily detained activists. Several other activists and political party leaders are detained and on trial for criticizing Kabila’s attempts to extend his term.

Other youth have been arbitrarily detained without charge. Three university students arrested in March 2015 while printing flyers calling on students to support an opposition leader, Vital Kamerhe, have been arbitrarily held by the ANR with no access to lawyers or their families. A Congolese musician remains arbitrarily detained by intelligence officials, allegedly for links to pro-democracy youth organizations.

On September 16, Kabila expelled seven senior politicians, known as the Group of 7, or G7, from the ranks of his coalition of supporters known as the Presidential Majority (Majorité Présidentielle, MP) after they sent him a public letter on September 14 demanding that he respect the constitution’s two-term limit. Other members of the majority coalition followed, declaring their support for the G7, and resigning from their government posts. A number have since faced harassment and intimidation.

On September 17, intelligence agents in Sankuru province (in the former Kasai Orientale province) shut down a radio station belonging to Christophe Lutundula, a member of parliament and one of the G7. A witness told Human Rights Watch that the agents confiscated the broadcasting equipment, telling employees that they had received orders from superiors in Kinshasa. On September 18, intelligence agents arrested three employees at the Planning Ministry, whose former minister, Olivier Kamitatu, is one of the G7. They were forced into vehicles and taken to intelligence agency offices, where they were held for several hours, then released.

“Congo’s history of serious human rights violations should put concerned governments on high alert to the political violence and repression before it escalates further,” Sawyer said. “They should press the government to release those wrongfully detained and investigate those responsible for attacks on peaceful protesters. Deterring abuses is far less costly than trying to pick up the pieces later.”

For more information on the attack on the September 15 demonstration and arrests of activists and political party leaders, please see below.

For more Human Rights Watch reporting on the Democratic Republic of Congo, please visit: 
https://www.hrw.org/africa/democratic-republic-congo 

For more information, please contact:
In Kinshasa, Ida Sawyer (English, French): +243-99-86-75-565 (mobile); or +1-917-213-0939 (mobile); or sawyeri@hrw.org. Twitter: @ida_sawyer
In Madrid, Anneke Van Woudenberg (English, French): +44-771-166-4960 (mobile); or woudena@hrw.org. Twitter: @woudena
In Madrid, Philippe Bolopion (French, English): +1-917-734-3201 (mobile); or bolopion@hrw.org. Twitter: @bolopion 

Attack on September 15 Opposition Demonstration
The September 15 demonstration took place at the St. Therese athletics field in Kinshasa’s N’djili commune. Demonstrators waved opposition party flags while Congolese music played and party leaders gave speeches. Many wore t-shirts that read “Non au Glissement” – a reference to attempts by Kabila’s supporters to let the national electionsglisser, or slide, into an extension of his term of office.

An opposition party member who attended the demonstration told Human Rights Watch that she was attacked by the group of youth carrying clubs and wooden sticks:

 
When people started to flee, I saw the young men pursuing the protesters with clubs. I thought that the police would intervene because they weren’t very far away, but no, they didn’t do anything. While I was fleeing, one of the assailants came and head-butted me so hard that I fell down and lost consciousness.
 
A woman whose leg was fractured by one of the assailants said:
 
When I got up to see how I could flee, I saw a man with an iron bar coming toward me while crying, “We’re tired of you!” Then he hit me hard in the leg. I fell on top of the plastic chairs, and he continued on [into the crowd].
 
Only when demonstrators turned on the assailants did the police intervene. As they took the injured assailants away, some of the demonstrators threw rocks at the police, who appeared to be unarmed.

An employee at a morgue in Kinshasa told Human Rights Watch that police officers brought the body of one of the assailants to the morgue and that senior police officers later told all morgue employees not to touch the body or let anyone know it was there:

 
They told us that no one could touch the body, and that we had to put it to the side. “The body belongs to the state; don’t touch it,” they said. They even wrote on a paper that they put next to the corpse: “body of the state.” Then intelligence agents came to the morgue in civilian clothes to verify that the instructions had been followed. We know that they aren’t morgue employees, but there’s nothing we can do about it.
 
Arrests of Political Leaders and Activists
The following activists and political leaders have faced arbitrary arrest and detention, and some are on trial on trumped-up charges, for having spoken out against an extension of Kabila’s term in office or denouncing the repression in the past year:

Vano Kalembe Kiboko, a former member of parliament from Kabila’s majority coalition, was arrested on December 29, 2014, after publicly criticizing the police’s violent repression of a demonstration in Katanga and attempts to allow Kabila to seek a third term. He was sent to Kinshasa’s central prison and held in pretrial detention until May 2015, when his trial began. On September 14, he was convicted and sentenced to three years in prison for racial hatred and tribalism and “spreading false rumors.”

Ernest Kyaviro, an opposition leader from Goma in eastern Congo, was arrested on January 22, during the week of demonstrations across the country against proposed changes to the electoral law. The day after his arrest, he was transferred to an intelligence agency detention center in Kinshasa, where he was held without charge and without access to his family or lawyer for 86 days. He was also refused medical treatment during this period. Kyaviro was later transferred to Kinshasa’s central prison. On September 18 he was convicted of provoking and inciting disobedience toward public authorities and sentenced to three years in prison. On September 23, Kyaviro’s wife received a threatening phone call from an anonymous caller who told her: “We had forbidden you from talking to the media, but now you’ve been making noise since your husband was arrested.… Now you will see what’s going to happen. We know where you live.”

On September 18, four youth activists from the organization Struggle for Change (Lutte pour le Changement, LUCHA),Trésor Akili, Sylvain Kambere, Vincent Kasereka, and Gentil Mulume, were convicted of “inciting disobedience to authorities” and sentenced to a suspended 6-month prison term and a 12-month probation period. They had been arrested on April 7 after organizing a peaceful demonstration calling for the release of their colleagues who had beendetained in Kinshasa after participating in a workshop to introduce Filimbi, a platform to promote youth engagement in the political process. The four LUCHA activists had been provisionally released after 22 days.

Their colleagues Fred Bauma and Yves Makwambala remain in detention at Kinshasa’s central prison, for participating in the Filimbi workshop. Their trial is ongoing.

The human rights defender Christopher Ngoyi and Cyrille Dowe, a political party leader, both arrested during the January demonstrations, are being held at Kinshasa’s central prison, after weeks or months in an intelligence agency facility. Jean-Claude Muyambo, another political party leader, was also arrested during the January demonstrations and sent to Kinshasa’s central prison. He is detained at a health clinic in Kinshasa where he is being treated for wounds inflicted on him during arrest. The trials against Ngoyi, Dowe, and Muyambo are ongoing – all based on apparently politically motivated charges.

On September 19, two students from the National Teaching University (Université Pédagogique Nationale, UPN) in Kinshasa were released after eight months arbitrarily detained by intelligence officials, without charge or access to their families and lawyers. They were arrested in January while carrying flyers calling on people to demonstrate against proposed changes to the electoral law.

Three students from the University of Kinshasa – Léon Nguwa, Joel Bokoro, and Giresse Bangomisa – remain in arbitrary detention at an intelligence agency facility. They were arrested in March while printing flyers calling for students to mobilize to support an opposition leader, Vital Kamerhe, who was on trial at the Supreme Court.

A Congolese rapper and artist, Junior Mapeki (known as Radek), is also being detained arbitrarily at an intelligence agency facility. He was arrested in May and interrogated about alleged links to the Filimbi activists and the West African pro-democracy youth organizations Balai Citoyen and Y’En a Marre. He allegedly had photos in his phone of people killed during the January demonstrations in Kinshasa.

 
 
 
 
Pour diffusion immédiate

RD Congo : Les autorités impliquées dans une attaque contre des manifestants
Répression accrue à l’encontre des opposants politiques

(Kinshasa, le 6 octobre 2015) – De hauts responsables des forces de sécurité et du parti au pouvoir en République démocratique du Congo semblent avoir recruté des voyous en vue d’attaquer une manifestation politique pacifique dans la capitale, Kinshasa, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Le 15 septembre 2015, un groupe de jeunes a violemment attaqué un rassemblement public organisé par des dirigeants de l’opposition politique pour appeler le président Joseph Kabila à quitter ses fonctions à l’issue de ses deux mandats constitutionnellement autorisés en décembre 2016. Armés de gourdins et de bâtons en bois, les assaillants ont frappé les manifestants, répandant la peur et le chaos dans la foule de plusieurs milliers de protestataires. Plus d’une dizaine de manifestants ont été blessés, dont certains ont été piétinés alors qu’ils tentaient de fuir.

« Les citoyens congolais ont le droit de manifester pacifiquement à propos des limites du mandat présidentiel sans se faire attaquer par des voyous recrutés à cet effet », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « L’implication apparente de hauts responsables de la sécurité et du parti au pouvoir dans les attaques violentes montre jusqu’où les autorités sont capables d’aller pour stopper les manifestations de l’opposition. »

Human Rights Watch a observé la manifestation du 15 septembre, et a par la suite interrogé des victimes et des témoins, des professionnels de santé et plusieurs assaillants.

Parmi les assaillants figuraient des membres de la Ligue des Jeunes du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Kabila, parmi lesquels beaucoup sont connus comme pratiquant des arts martiaux, ainsi que des jeunes ayant des liens avec Vita Club, l’une des principales équipes de football de Kinshasa. Des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la police et de l’armée, tous en tenue civile, auraient également pris part à l’attaque.

Plusieurs jeunes hommes qui ont reconnu avoir participé à l’attaque ont affirmé à Human Rights Watch qu’ils se trouvaient parmi plus de 100 jeunes recrutés par de hauts responsables de la sécurité et des responsables du PPRD. Ils ont indiqué que chaque recrue était payée environ 65 USD. Les jeunes hommes ainsi recrutés ont expliqué qu’ils ont été invités à se rassembler dans un camp militaire à Kinshasa la nuit précédente et qu’ils ont « reçu des instructions sur la manière de mener l’attaque ». L’un d’entre eux a raconté : « On nous a dit de commencer à attaquer les manifestants et de semer le désordre dès que l’un des leaders de l’opposition insulterait le président Kabila ». Un moyen de transport a été mis à la disposition des recrus le lendemain matin, pour les conduire jusqu’au quartier où la manifestation de l’opposition se déroulait.

La police déployée pour assurer la sécurité lors de la manifestation n’a pas stoppé les assaillants armés de bâtons lorsqu’ils sont arrivés, mais est restée à proximité et a simplement observé leur arrivée. La police est uniquement intervenue quelque temps plus tard lorsque des manifestants en colère s’en sont pris aux assaillants et ont commencé à les frapper.

Un des assaillants qui a été battu est décédé plus tard de ses blessures. Les agents de police ont rapidement emporté son corps à l’une des morgues de la ville. Un employé de la morgue a raconté à Human Rights Watch que des officiers de police ont demandé aux employés de la morgue de ne pas toucher le corps et de n’informer personne de sa présence. Ils ont ordonné aux employés de l’étiqueter comme « corps de l’État », empêchant ainsi les membres de la famille de le réclamer. Human Rights Watch a documenté de précédents cas dans lesquels des responsables de la sécurité ont fait identifier un corps comme « corps de l’État » pour dissimuler des décès politiquement problématiques.

Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que le commissaire provincial de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama, figurait parmi au moins trois hauts responsables ayant participé au rassemblement de recrutement la nuit précédant la manifestation et qui avaient donné des instructions sur la façon de mener l’attaque. Kanyama a précédemment été impliqué dans de graves atteintes aux droits humains, y compris pour son rôle de commandement pendant la répression de janvier contre des manifestants qui a fait au moins 38 morts.

La police devrait rester apolitique, impartiale et respecter le droit de rassemblement pacifique de tous les citoyens congolais, a rappelé Human Rights Watch. La mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, la MONUSCO, pourrait contribuer à prévenir de nouvelles attaques en déployant la police de l’ONU lors des manifestations politiques. Le mandat de la MONUSCO en vertu de la résolution 2147 du Conseil de sécurité prévoit d’« [a]ssurer, dans ses zones d’opérations, une protection efficace des civils se trouvant sous la menace de violences physiques ».

L’attaque du 15 septembre n’était qu’un incident parmi les plus récents dans un contexte de répression croissante à l’encontre des personnes qui s’opposent à un troisième mandat de Kabila ou à tout report des élections nationales prévues en novembre 2016. Alors que les préparatifs des élections ont déjà pris du retard, certains s’inquiètent du fait que Kabila et ses partisans pourraient favoriser un report des élections, permettant ainsi un « glissement » de la date du scrutin vers une prolongation du mandat de Kabila.

Deux dirigeants de partis politiques et quatre jeunes activistes ont été récemment condamnés pour incitation à la désobéissance civile ou en vertu d’autres accusations fallacieuses après avoir publiquement dénoncé la répression politique ou demandé la libération d’activistes arrêtés arbitrairement. Plusieurs autres activistes et dirigeants de partis politiques ont été arrêtés et font actuellement l’objet de procès pour avoir critiqué les tentatives de Kabila de prolonger son mandat.

D’autres jeunes ont été arbitrairement arrêtés sans chef d’inculpation. Trois étudiants universitaires arrêtés en mars alors qu’ils imprimaient des tracts appelant les étudiants à soutenir un leader de l’opposition, Vital Kamerhe, ont été arbitrairement détenus par l’ANR sans être autorisés à recevoir la visite d’avocats ou de membres de leurs familles. Un musicien congolais est toujours arbitrairement détenu par des responsables des services de renseignement, pour des liens présumés avec des organisations de jeunesse pro-démocratie.

Le 16 septembre, le président Kabila a exclu sept leaders politiques de haut niveau, désignés comme le Groupe des 7 ou G7, des rangs de sa coalition de partisans connue sous le nom de Majorité présidentielle (MP) après qu’ils lui ont adressé une lettre publique le 14 septembre exigeant qu’il respecte la limite constitutionnelle de deux mandats. D’autres membres de la coalition de la majorité ont alors exprimé leur soutien au G7 en démissionnant de leurs postes au gouvernement. Plusieurs d’entre eux ont par la suite subi des actes de harcèlement et d’intimidation.

Le 17 septembre, des agents des services de renseignement de la province du Sankuru (dans l’ancienne province du Kasaï-Oriental) ont fait fermer une station de radio appartenant à Christophe Lutundula, un membre du parlement et du G7. Un témoin a raconté à Human Rights Watch que les agents ont confisqué l’équipement de radiodiffusion, en indiquant aux employés qu’ils avaient reçu des ordres de leurs supérieurs à Kinshasa. Le 18 septembre, des agents des services de renseignement ont arrêté trois employés du Ministère de Plan, dont l’ancien ministre, Olivier Kamitatu, fait partie du G7. Ils ont été embarqués de force dans des véhicules et conduits jusqu’au bureau de l’ANR, où ils ont été détenus pendant plusieurs heures avant d’être relâchés.

« L’historique des violations graves des droits humains en RD Congo devrait servir d’alerte aux gouvernements concernés au sujet de la violence et la répression politiques avant qu’elles ne s’intensifient », a conclu Ida Sawyer. « Ces gouvernements devraient faire pression sur le gouvernement congolais pour exiger la libération des personnes détenues à tort et pour mener des enquêtes sur les responsables des attaques contre des manifestants pacifiques. Prévenir des abus est bien moins coûteux que d’essayer de ramasser les pots cassés après coup. »

Pour de plus amples informations sur l’attaque lors de la manifestation du 15 septembre et les arrestations d’activistes et de leaders politiques, veuillez lire la suite.

Pour consulter d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch sur la République démocratique du Congo, veuillez suivre le lien : 
https://www.hrw.org/fr/africa/democratic-republic-congo 

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
À Kinshasa, Ida Sawyer (anglais, français): +243-99-86-75-565 (portable) ou +1-917-213-0939 (portable) ; ou sawyeri@hrw.org. Twitter @ida_sawyer.
À Madrid, Anneke Van Woudenberg (anglais, français): +44-771-166-4960 (portable) ; ou 
woudena@hrw.org. Twitter @woudena.
À Madrid, Philippe Bolopion (français, anglais): +1-917-734-3201 (portable) ; ou 
bolopion@hrw.org. Twitter @bolopion.

Attaque contre la manifestation d’opposition du 15 septembre
La manifestation du 15 septembre s’est déroulée au terrain Sainte-Thérèse dans la commune de N’djili à Kinshasa. Les manifestants agitaient des drapeaux des partis d’opposition sur fond de musique congolaise, et des dirigeants de partis ont prononcé des discours. Beaucoup portaient des t-shirts avec l’inscription « Non au glissement », faisant allusion aux tentatives des partisans de Kabila de laisser les élections nationales « glisser » vers une prolongation de son mandat.

Une adhérente d’un parti d’opposition qui a participé à la manifestation a affirmé à Human Rights Watch qu’elle a été attaquée par un groupe de jeunes armés de gourdins et de bâtons en bois :

 
Lorsque les personnes ont commencé à s’enfuir, j’ai vu de jeunes hommes poursuivre les manifestants avec des gourdins. J’ai pensé que la police allait intervenir parce qu’elle n’était pas très loin. Mais non, elle n’a rien fait. Alors que je m’enfuyais, un des assaillants s’est approché et m’a donné un coup de tête si fort que je suis tombée et j’ai perdu connaissance.
 
Une femme dont la jambe a été fracturée par l’un des attaquants a expliqué :
 
Lorsque je me suis levée pour voir comment je pourrais m’enfuir, j’ai vu un homme avec une barre en fer venir vers moi en criant : « On en a marre de vous ! » Puis il m’a frappé très fort à la jambe. Je suis tombée sur les chaises en plastique et il a continué à avancer [dans la foule].
 
Ce n’est que lorsque les manifestants s’en sont pris aux assaillants que la police est intervenue. Alors que les policiers transportaient des assaillants blessés, certains manifestants ont jeté des pierres sur la police, qui ne semblait pas être armée.

Un employé à la morgue de Kinshasa a raconté à Human Rights Watch que des agents de police ont amené le corps d’un assaillant décédé à la morgue et que les officiers de police ont par la suite ordonné aux employés de la morgue de ne pas toucher au corps et de n’informer personne de sa présence :

 
Ils nous ont dit que personne ne devait toucher le corps et que nous devions le mettre de côté. Ils ont ajouté : « Le corps appartient à l’État ; n’y touchez pas ». Ils ont même écrit sur un papier qu’ils ont disposé près du corps : « corps de l’État ». Puis des agents des services de renseignement en tenue civile sont venus à la morgue pour vérifier que les instructions avaient bien été suivies. Nous savons que ce ne sont pas des employés de la morgue, mais nous ne pouvons rien y faire.
 
Arrestations de leaders politiques et d’activistes
Les activistes et les leaders politiques suivants ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires, et certains sont jugés pour de fausses accusations, pour s’être publiquement exprimés contre une prolongation du mandat de Kabila ou pour avoir dénoncé la répression de l’année passée :

Vano Kalembe Kiboko
, un ancien membre du parlement de la coalition de la majorité de Kabila, a été arrêté le 29 décembre 2014 après avoir publiquement critiqué la répression policière violente d’une manifestation au Katanga et les tentatives visant à permettre au président Kabila de briguer un troisième mandat. Il a été conduit à la prison centrale de Kinshasa et maintenu en détention provisoire jusqu’à l’ouverture de son procès en mai dernier. Le 14 septembre, il a été déclaré coupable et condamné à trois ans de prison pour haine raciale et tribalisme et « divulgation de faux bruits ».

Ernest Kyaviro, un leader d’opposition de Goma dans l’est de la RD Congo, a été arrêté le 22 janvier pendant la semaine de manifestations dans le pays contre les modifications proposées de la loi électorale. Au lendemain de son arrestation, il a été transféré dans un centre de détention de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Kinshasa, où il a été détenu pendant 86 jours sans chef d’inculpation et sans recevoir la visite de sa famille ou d’un avocat. L’accès à un traitement médical lui a été refusé pendant cette période. Kyaviro a été transféré plus tard à la prison centrale de Kinshasa. Le 18 septembre, il a été jugé coupable de provocation et incitation à des manquements envers l’autorité publique et a été condamné à trois ans de prison. Le 23 septembre, l’épouse de Kyaviro a reçu des menaces par téléphone d’une personne anonyme qui lui a dit : « Nous vous avions interdit de parler aux médias, mais vous faites du bruit depuis que votre mari a été arrêté… Maintenant vous verrez bien ce qui arrivera. Nous savons où vous habitez. »

Le 18 septembre, quatre jeunes activistes de l’organisation Lutte pour le Changement (LUCHA), Trésor Akili, Sylvain Kambere, Vincent Kasereka et Gentil Mulume, ont été jugés coupables d’« incitation à la désobéissance à l’autorité » et condamnés à six mois de prison assortis de 12 mois de sursis. Ils avaient été arrêtés le 7 avril après avoir organisé une manifestation pacifique appelant à la libération de leurs collègues qui avaient été arrêtés à Kinshasa après avoir participé à un atelier pour lancer Filimbi, une plate-forme encourageant l’implication des jeunes dans le processus politique. Les quatre activistes de LUCHA ont été provisoirement libérés au bout de 22 jours.

Leurs collègues Fred Bauma et Yves Makwambala sont toujours en détention à la prison centrale de Kinshasa, pour avoir participé à l’atelier sur Filimbi. Leur procès est en cours.

Le défenseur des droits humains Christopher Ngoyi et Cyrille Dowe, un leader de parti politique, ont tous deux été arrêtés pendant les manifestations de janvier. Ils sont actuellement détenus à la prison centrale de Kinshasa, après des semaines ou des mois dans un établissement de l’ANR. Jean-Claude Muyambo, un autre leader de parti politique, a aussi été arrêté pendant les manifestations de janvier et envoyé à la prison centrale de Kinshasa. Il est détenu dans un établissement de santé à Kinshasa où il est soigné pour les blessures subies lors de son arrestation. Les procès contre Ngoyi, Dowe et Muyambo sont en cours, tous basés sur des chefs d’inculpation apparemment basés sur des motifs politiques.

Le 19 septembre, deux étudiants de l’Université de pédagogie nationale (UPN) de Kinshasa ont été libérés au bout de huit mois après avoir été arrêtés arbitrairement par des agents des services de renseignement, sans chef d’inculpation ni accès à leur famille et à des avocats. Ils ont été arrêtés en janvier alors qu’ils étaient en possession de tracts appelant à manifester contre les modifications proposées de la loi électorale.

Trois étudiants de l’Université de Kinshasa – Léon Nguwa, Joel Bokoro et Giresse Bangomisa – sont toujours en détention arbitraire dans un établissement de l’ANR. Ils ont été arrêtés en mars alors qu’ils imprimaient des tracts appelant les étudiants à se mobiliser pour soutenir un leader d’opposition, Vital Kamerhe, qui était en procès à la Cour suprême.

Un rappeur et artiste congolais, Junior Mapeki (connu sous le nom de Radek), est aussi détenu arbitrairement dans un établissement de l’ANR. Il a été arrêté en mai et interrogé sur des liens présumés avec les activistes de Filimbi et les organisations de jeunes pro-démocratie de l’Afrique de l’Ouest, Balai Citoyen et Y’En a Marre. On aurait trouvé dans son téléphone des photos de personnes tuées pendant les manifestations de janvier à Kinshasa.

 
 
 
Ida Sawyer
Senior Researcher
Human Rights Watch
+243 81 33 78 478 | +243 99 86 75 565
Twitter: @ida_sawyer
 

Communiqué de presse du CREDDHO sur le processus électoral en cours en RD Congo.

Le CREDDHO a le réel plaisir de partager avec vous son Communiqué de presse sur le processus électoral en cours en RD Congo et ses analyses de la situation actuelle. Veuillez en faire large diffusion, s’il vous plaît!

Nous ne manquerons pas de vous faire part des autres actions qui pourrons être entreprises pour l’instauration d’un Etat de droit en RD Congo.

CREDDHO – Communiqué de presse sur le processus électoral en RD Congo

Pour le CREDDHO

Me Jules Mbokani

Coordonnateur

Skype: jules.mbokani

Adresse de contact : 49, avenue UVIRA, sur la route de l’ULPGL, en face de Tropicana Village, Quartier Himbi II, Commune de Goma, Ville de Goma, Province du Nord-Kivu en RDC. Tél. : +243 994 000 110; +243 822 078 694

E – Mail : creddho@yahoo.fr ; B.P. 26 Gisenyi / Rwanda. http://www.creddho-rdc.org

Communique de presse: Des directives chinoises prometteuses pour des contrôles de la chaîne d’approvisionnement en minerais – Début de la consultation publique

Promising Chinese guidelines for mineral supply chain checks – public consultation begins A month-long public consultation for draft Chinese due diligence guidelines for responsible mineral supply chains kicks off this week, aimed at ensuring Chinese companies can identify and mitigate risks of them contributing to conflict, serious human rights abuses and misconduct around the world. Members of industry, academia, civil society and government in China and abroad are encouraged to participate.
CCCMC, the Chinese Chamber of Commerce for Metals, Minerals and Chemicals Importers and Exporters, led the development of the guidelines in association with Chinese and international partners, including Global Witness.

Key elements of the draft guidelines include:

Alignment with the 5-step risk-based supply chain due diligence guidance developed by the Organisation for Economic Co-operation and Development and recognised as international best practice. This includes companies having individual responsibility for carrying out their supply chain due diligence, conducting a third party audit of the process, and publishing their related policies and practices.
Applicability to all Chinese companies who are extracting or using minerals and mineral products at any point in the supply chain.
Applicability to all mineral resources, with an initial focus on gold, tin, tungsten and niobium-tantalum minerals.
Optional checks reflecting wider social and environmental concerns outlined in CCCMC’s 2014 Guidelines for Social Responsibility in Outbound Mining Investments.
Optional certification in which a company’s third-party audit is validated by an independent oversight body.
The Chinese initiative to develop supply chain checks reflects international recognition of the links between international supply chains and violence in countries that produce natural resources. Resources from conflict or high-risk areas, such as parts of Afghanistan, Colombia and the Democratic Republic of Congo (DRC) are known to have funded armed groups and fuel human rights abuses.  Global Witness has documented the significant role Chinese companies play in the minerals trade in eastern DRC’s Kivu Provinces and how these firms remain at risk of being associated with the conflict.
A second consultation of the guidelines will take place in late 2015 for the associated audit protocols.
The draft guidelines are available in Chinese, English and French (the French version will be made available in mid-October).
Comments should be sent to rbc@cccmc.org.cn before 31 October.

Contact: Lizzie Parsons, China Programme Leader, lparsons@globalwitness.org

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Des directives chinoises prometteuses pour des contrôles de la chaîne d’approvisionnement en minerais – Début de la consultation publique
Une consultation publique d’un mois portant sur le projet de directives chinoises en matière de devoir de diligence  pour des chaînes d’approvisionnement en minerais responsables débute cette semaine, avec pour objectif de s’assurer que les entreprises chinoises pourront identifier et atténuer les risques de contribuer à un conflit, à des violations graves des droits de l’homme et à des abus partout dans le monde. Les membres de l’industrie, du monde universitaire, de la société civile et des autorités gouvernementales en Chine et à l’étranger sont encouragés à y participer.
La CCCMC, Chambre de commerce chinoise des importateurs et exportateurs de métaux, de minéraux et de produits chimiques, a dirigé le travail de rédaction des directives en association avec des partenaires chinois et internationaux, dont Global Witness.
Les éléments clés des directives proposées sont les suivants :
L’alignement sur le Cadre en cinq étapes pour l’exercice d’un devoir de diligence fondé sur les risques concernant la chaîne d’approvisionnement en minerais élaboré par l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE) et reconnu comme meilleure pratique internationale. Les entreprises seraient notamment tenues d’exercer individuellement leur devoir de diligence sur leur chaîne d’approvisionnement, de faire effectuer par un tiers un audit de la procédure, et de publier des rapports relatifs à leurs politiques et pratiques en matière de devoir de diligence.
L’applicabilité à toutes les entreprises chinoises qui extraient ou utilisent des minerais et des produits minéraux à tout moment de leur chaîne d’approvisionnement.
L’applicabilité à toutes les ressources minérales, en se concentrant dans un premier temps sur les minerais d’or, d’étain, de tungstène et de niobium-tantale.
Des contrôles facultatifs traduisant les préoccupations sociales et environnementales plus larges exposées dans les Directives sur la responsabilité sociale des investissements miniers à l’étranger adoptées par la CCCMC en 2014.
Une certification facultative dans le cadre de laquelle l’audit d’une entreprise par un tiers est validé par un organe de contrôle indépendant.
L’initiative chinoise visant à mettre en place des contrôles de la chaîne d’approvisionnement est le reflet de la reconnaissance internationale des liens entre les chaînes d’approvisionnement internationales et la violence dans les pays producteurs de ressources naturelles. On sait que les ressources provenant de zones de conflit ou à haut risque, telles que certaines parties de l’Afghanistan, de la Colombie et de la République démocratique du Congo (RDC), financent des groupes armés et alimentent les atteintes aux droits de l’homme. Global Witness a décrit  le rôle significatif joué par les compagnies chinoises dans le commerce de minerais dans les provinces des Kivus (est de la RDC), et expliqué pourquoi ces firmes demeurent exposées au risque de se voir associées au conflit.
Une deuxième consultation sur les directives aura lieu fin 2015 pour les protocoles d’audit qui s’y rapportent.
Le projet de directives est disponible en chinois, en anglais et en français. (La version française sera disponible à la mi-octobre.)
Les commentaires devraient être envoyés à rbc@cccmc.org.cn avant le 31 octobre.

Lizzie Parsons, responsable du programme Chine
lparsons@globalwitness.org

Réaction des Journalistes Indépendants de la RD. Congo sur la rencontre de ce dimanche entre Joseph Kabila et les membres de sa famille politique à Kingakati.

« Monsieur le président, il ne faut pas confondre 2.345.000 Km carré, à l’étendue de Kingakatiens. Et ne pas confondre non plus de 70.000.000 de congolais aux quelques membres de la soi-disant MP. Ce que tu as fait monsieur le président, tu devais normalement le faire au palais du peuple et cela devait passer en direct à la RTNC.
Monsieur le président, tu es le président des congolais et non de Kingakatiens seulement. Nous avons tous besoin de t’entendre afin d’éviter la crise politique qui s’accentue sur toute l’étendue de la République ». Fin de citation.